Message de François à Bartholomée: la Création est un don et non une possession. Heureux qui se risque à défendre les exilés de leurs terres

Publié le par Michel Durand

Avec mon ami, John Onaiyekan : eucharistie et apéro après à Saint-Polycarpe (Lyon), 2014-15
Avec mon ami, John Onaiyekan : eucharistie et apéro après à Saint-Polycarpe (Lyon), 2014-15

Avec mon ami, John Onaiyekan : eucharistie et apéro après à Saint-Polycarpe (Lyon), 2014-15

J’ai ressenti une grande joie en lisant sur Vatican News que mon camarade d’études romaines John Onaiyekan, avait été invité par François à participer en ce début de juin au symposium d’Athènes sur l’environnement.

Lors de ce Symposium le cardinal Peter Turkson a lu le message du Pape François adressé au Patriarche Bartholomée et aux autres participants, avec un nouvel encouragement au soin commun de la Création et à l’attention aux plus faibles. Un beau rappel d’une écologie intégrale qui n’oublie pas les plus pauvres des hommes que l’on rencontre désormais tant en la personne des migrants sur nos terres, qu’en la personne de celles et ceux qui subissent les méfaits d’une guerre idéologique, économique ou politique et qui sont exilés de chez eux. Travailler au développement humain intégral, c’est tenir compte de tout ce que l’économisme sans limites engendre comme désastre.

Je donne à lire l’article de Gabriella Ceraso – Cité du Vatican

 

Une mer merveilleuse qui se transforme en «une tombe pour les hommes, les femmes et les enfants»*. C’est ainsi que le Pape François définit la Méditerranée dans son message adressé au Patriarche Bartholomée 1er et aux participants au Symposium international sur la protection et la sauvegarde de l’environnement qui s’est ouvert hier à Athènes, en présence notamment du cardinal John Onaiyekan, archevêque d’Abuja, au Nigéria, et du cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le service du Développement humain intégral, qui a lu le message du Pape François.

Préoccupation pour les migrants et réfugiés

Le Pape évoque le souvenir de sa visite à Lesbos en 2016, qui fut l’occasion d’exprimer la préoccupation commune de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe pour la situation des migrants et réfugiés. «Je suis resté frappé par la pensée qu’une mer si belle puisse devenir une tombe pour des hommes, des femmes et des enfants qui en grande partie cherchaient seulement à fuir les conditions inhumaines de leur terre», explique le Pape dans ce message. «Là, j’ai pu toucher avec les mains la générosité du peuple grec, si riche de valeurs humaines et chrétiennes, et leur effort, malgré les effets de la crise économique, pour réconforter ceux qui, privés de tous leurs biens matériels, s’étaient dirigés vers leurs rivages.»

La Création est un don et non une possession

Face aux «conditions dramatiques» observées concrètement durant cette visite, le Pape explique avoir pu mieux comprendre l’importance du thème du Symposium de ces journées. La fragilité ne vient pas seulement «des situations des personnes vulnérables dans le monde entier», comme le montre le croissant «exode des migrants climatiques et des réfugiés environnementaux», a expliqué François, mais en réalité «nous sommes aussi en train de condamner les générations futures à vivre dans une maison commune réduite à des ruines». Le Pape demande donc un examen de conscience sérieux face «à la crise écologique» que nous sommes en train de vivre, en reformulant la question : «quel type de monde désirons-nous transmettre à ceux qui viendront après nous, aux enfants qui sont en train de grandir ?». «Le soin de la Création, comprise comme un don partagé et non pas comme une possession privée, implique toujours la reconnaissance des droits de toute personne et de tout peuple», insiste-t-il.

Catholiques et orthodoxes ensemble pour le soin de la Création

En faisant ensuite référence au Message pour la Journée mondiale de prière pour la Création du 1er septembre, écrit conjointement avec le Patriarche Bartholomée, François souligne que «le devoir de prendre soin de la création défie toutes les personnes de bonne volonté et invite les chrétiens à reconnaître les racines spirituelles de la crise écologique, et à coopérer dans une réponse sans ambiguïté. La Journée mondiale de prière pour la Création est un pas dans cette direction, puisqu’elle démontre notre préoccupation commune et notre aspiration à travailler ensemble pour affronter ce problème délicat. C’est ma ferme intention que l’Église catholique continue à cheminer avec Sa Sainteté et le Patriarcat œcuménique le long de ce parcours. De la même façon, j’espère que catholiques et orthodoxes, avec les fidèles d’autres communautés chrétiennes et toutes les personnes de bonne volonté, pourront travailler ensemble activement et au niveau local pour le soin de la création et pour un développement durable et intégral.»

 

Je note : Pour obtenir des décideurs politiques que soient prises les bonnes décisions, il convient de se mettre en marche pour rappeler et exiger la nécessaire défense des plus pauvres. Il faut se mettre en marche pour lutter contre les meurtres de catholiques, de musulmans, de tout humain. Il faut se mettre en marche pour que ces situations de détresses qui peuvent pousser à tuer n’existent pas.

Je donne à lire ce qu’à écrit Ibrahima Cissé le 23 mai 2018.

 

L’État doit protéger tous les citoyens, quelle que soit leur affiliation ethnique ou religieuse sinon le Nigeria risque de tomber dans le chaos et la terreur généralisés. Tel est le cri d’alarme lancé par les évêques du pays, le 22 mai 2018.

Des milliers de catholiques et de non catholiques du Nigeria ont organisé, dans plusieurs États du pays, une marche nationale de protestation pour dénoncer le massacre le mois dernier de deux prêtres et de 17 fidèles de la paroisse catholique Saint-Ignace de Ukpor-Mbalom dans l’État de Benue, et les attaques répétées contre les catholiques par des d’éleveurs peulhs.

La manifestation a eu lieu à l’appel de la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN), à l’occasion des funérailles des deux prêtres et de leurs fidèles. Ils ont été tués le 24 avril par des bergers peulhs pendant qu’ils célébraient une messe dans leur église, à Ayar-Mbalom, dans l’État de Benue, au centre du pays. Le cardinal John Onaiyekan, archevêque d’Abuja, a présidé la messe, en présence du vice-président de la Fédération du Nigeria, Yemi Osinbajo. Il a condamné les meurtres perpétrés dans l’État et dans le pays en général, estimant que le Nigeria a maintenant besoin d’un état d’urgence.

Tuer des personnes dans un lieu de culte est une attaque contre Dieu

“Tuer des personnes dans un lieu de culte est une attaque contre Dieu. Si nous ne sommes pas en sécurité dans les lieux de culte, où le serions-nous ?”, s’est-il encore interrogé, avant de poursuivre: “Tuer un prêtre de Dieu est une abomination”.

Pour sa part, le vice-président Osinbajo a transmis à l’Église catholique, le message de condoléances du président Muhammadu Buhari. Il a aussi déploré les attaques contre les lieux de culte qui ont commencé il y a quelques années, en condamnant “les meurtres insensés” d’innocents. “Les assassins ne peuvent que tuer la chair, mais ne jamais ils ne pourront toucher l’esprit qui appartient à Dieu”, a-t-il fait remarquer.

Le président de la CBCN, Mgr Augustine Akubeke, l’archevêque de Benin-City, a justifié, dans une déclaration la manifestation nationale catholique du 22 mai. “Nous avons décidé de dire non à d’autres meurtres, enlèvements, meurtres, intimidations de citoyens innocents et autres formes de violences religieuses”, a-t-il notamment souligné. Après le massacre de Mbalom, les évêques avaient déjà publié un communiqué très dur dans lequel ils demandaient au président Buhari de démissionner s’il n’était pas en mesure de garantir la sécurité de tous les Nigérians.

 

 

*Dans la ligne de ces événements, j’ai également trouvé cet article que je traduis, j’espère pas trop mal de l’italien.

 

Cité du Vatican, 6 juin - Une "tombe" pour les hommes, les femmes et les enfants. Une «mer si belle» comme la Méditerranée est devenue ceci : le lieu symbolique de l’hécatombe de tant de personnes qui « essayaient juste d'échapper aux conditions inhumaines de leurs terres ». Dans l'esprit du pape cette image s’est forgée depuis deux ans, du moment, le 16 avril 2016, où il s’est embarqué pour une journée sur l'île de Lesbos. Là, il a visité les réfugiés du camp de la Moria, accompagné de Primat de l’Église orthodoxe grecque Hieronymus II et du patriarche de Constantinople Bartolomeo.

 

C’est particulièrement à Bartolomeo qu’est adressé le message dans lequel Bergoglio dénoue le fil des souvenirs de cette visite historique, écrite à l'occasion du Symposium international sur la protection et la sauvegarde de l’environnement qui s’est ouvert hier à Athènes, avec la participation du Patriarche de Constantinople. « Vers une Attique** plus verte ». Préserver la planète et protéger son peuple « est le thème de l'événement auquel le Saint-Siège participe avec la présence du cardinal John Onaiyekan, archevêque d'Abuja, et du cardinal Peter Turkson, préfet de la Congrégation pour le développement humain intégral, qui a lu le message du Pontife rapporté par l'Osservatore Romano.

 

« Je me souviens très bien de ma visite à Lesbos, accompagné de Sa Sainteté et Sa Béatitude Hieronymos II, pour exprimer notre préoccupation commune au sujet de la situation des migrants et des réfugiés », lit-on dans le texte. «Je suis resté frappé par la pensée qu’une mer si belle puisse devenir une tombe pour des hommes, des femmes et des enfants qui en grande partie cherchaient seulement à fuir les conditions inhumaines de leur terre», explique le Pape dans ce message. «Là, j’ai pu toucher avec les mains la générosité du peuple grec, si riche de valeurs humaines et chrétiennes, et leur effort, malgré les effets de la crise économique, pour réconforter ceux qui, privés de tous leurs biens matériels, s’étaient dirigés vers leurs rivages.»

« Alors que j’étais enchanté par les paysages du ciel bleu et la mer, je fus frappé par la pensée qu’une mer aussi belle était devenue une tombe pour les hommes, les femmes et les enfants qui la plupart du temps cherchaient seulement de fuir, d’échapper aux conditions inhumaines de leurs terres. »

Avec l'amertume de cette image, François conserve sa gratitude pour le peuple de la Grèce, depuis le début de la crise migratoire ouverte à l'accueil.

 

À Lesbos «J'ai pu toucher avec la main la générosité du peuple grec, si riche en valeurs humaines et chrétiennes, et leur engagement, malgré les effets de leur crise économique, pour réconforter ceux qui, dépossédés de tous les biens matériels, étaient dirigés vers leurs rivages », souligne l'évêque de Rome.

 

 

**Attique ne me dit rien, mais on peut lire ici

 

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