Dans la ligne des 12 apôtres, soyons prophètes. L’Évangile nous invite à passer du rêve à la réalité. L’utopie concrète est notre mission.

Publié le par Michel Durand

Saint Pierre, Vatican, Rome

Saint Pierre, Vatican, Rome

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Amos 7, 12 – 15 : Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.

PSAUME 84 (85), 9-10, 11-12, 13-14 : Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s'embrassent

Éphésiens 1, 3 – 14 : il a voulu que nous soyons ceux qui d'avance avaient espéré dans le Christ à la louange de sa gloire

Marc 6, 7 – 13 : Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux.

 

Homélie du dimanche 15 juillet 2018

Nous ne pouvons que le constater, cette page d’Évangile s’adresse aux Douze. Les douze apôtres et, par la suite, les évêques et les prêtres. Je vous invite à recevoir cette Bonne Nouvelle, en vous demandant ce que, laïcs fidèles du Christ, vous faites, en Église, dans la communion avec les Douze et leurs successeurs.

Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. 

Nous avons un résumé de cette mission. J’en souligne 3 éléments.

- Jésus demande de vivre simplement. Il recommande de ne pas avoir peur de ce qui pourrait manquer et invite pour cela à ne pas faire de provisions.

- Jésus demande à son groupe de ne pas s’imposer. Reçu dans une maison et invité à parler, il convient d’expliquer la nécessité de se convertir. Sinon on passe son chemin.

- Jésus donne pouvoir sur le mal. Les 12 disciples font le bien autour d’eux ; ils font du bien aux malades en les guérissant. Ils prêtent attention à leurs demandes.

 

Faire le bien autour de soi

Baptisés, entendons-nous l’appel de l’Église, notamment les nombreuses invitations que nous lance le pape François à être signe de salut pour toute l’humanité.

Ainsi, ce 7 juillet, à Bari, en présence des responsables des Églises orientales, il a dit :

« À cet effet, il faut que celui qui détient le pouvoir se mette enfin et résolument au vrai service de la paix, et non pas de ses propres intérêts. Cela suffit, les avantages de quelques-uns sur le dos d'un grand nombre ! Cela suffit, l'occupation de terres qui lacèrent les peuples ! Cela suffit, la domination des vérités de parti, sur les espérances des gens ! Cela suffit, l'utilisation du Moyen-Orient à des profits étrangers au Moyen-Orient ! »

Je pourrai bien sûr trouver d’autres exemples. Mais on, y passerait la journée. Dans ce « cela suffit », je vois l’invitation à avoir le courage d’une certaine résistance face à une situation humainement inacceptable. Au nom de l’Évangile et de sa propre conscience, une désobéissance citoyenne, ou au moins une véritable petite dissidence est indispensable pour demeurer dans la ligne de la mission du Christ.

« Ce monde va de travers, à tel point que lui désobéir devrait être une urgence partagée et brûlante » pense le philosophe Frédéric Gros.

Sans cesse François rappelle la vocation de tout baptisé , son devoir d’être au service du frère tout en vivant simplement pour ne pas s’encombrer d’objets censés garantir notre sécurité. Faire le bien autour de soi.

Toute l’histoire de l’Église, depuis Jésus guérissant les malades, donne le témoignage de saints qui agissent pour le bien des personnes : guérison des lépreux, libération des possédés, des esclaves, défense d’une ville assiégée, la vue est rendue aux aveugles, etc.

L’appel que nous recevons aujourd’hui est sans aucun doute, l’accueil des migrants et nous nous réjouissons que, loin d’une obéissance aveugle à des lois inhumaines, en réponse à Cédric Herrou, l’agriculteur devenu le symbole de l’aide aux migrants, le Conseil constitutionnel consacra le « principe de fraternité ». Il censure ainsi, au moins partiellement, le prétendu « délit de solidarité ».

 

Jésus demande de vivre simplement

Il s’adresse aux Douze. Mais, vous savez que par le baptême, nous sommes tous prêtres, prophètes et rois, tous appelés à devenir des saints, tous appelés à mettre en œuvre le message de l’Évangile :

«  il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route ».

Comment traduire cette demande en accompagnement des apôtres et de leurs successeurs ?

Rappelons que le vœu de pauvreté n’est pas réservé aux prêtres ou religieux et religieuses. Que la misère soit à combattre ne justifie pas le désir ou la volonté d’enrichissement, d’accumulation de biens matériels. Nous le savons, dans une situation de crise, la tentation (le désir) de faire des provisions est immense ; au cas où on arriverait à manquer, on remplit placard et congélateur.

« Jésus leur prescrivit de ne rien emporter pour la route »

Mais, il rêve ! Utopie pensez-vous ! Et vous avez raison. Oui, l’Évangile nous invite à passer du rêve à la réalité. L’utopie concrète est notre mission. Baptisés, notre mission est de résister aux pouvoirs que font miroiter certaines personnes puissantes.

Résister. Se convertir. Tel est le refrain de toute la Bonne Nouvelle.

Convertissons-nous, car le Royaume d’amour est là, au milieu de nous. C’est en cela que nous pouvons chasser les démons et guérir les malades. Répondons positivement à celui qui nous invite et nous reçoit chez lui afin de dialoguer avec lui dans une réciproque invitation à la conversion.

 

 

Publié dans Eglise, évangile, Politique

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