Si de jeunes séminaristes manifestent des tendances cléricales que fait-on dans leur formation pour les inviter à des attitudes pastorales ?

Publié le par Michel Durand

Si de jeunes séminaristes manifestent des tendances cléricales que fait-on dans leur formation pour les inviter à des attitudes pastorales ?

Un dimanche, à l’eucharistie en l’église Saint-Maurice à Lyon j’ai assisté à une prise de pouvoir que je n’aurais jamais imaginé possible. Comme quoi, je manque d’imagination ou d’intelligence pour saisir ce qui advient.

Je veux parler d’une prise de pouvoir qui ne mérite aucun autre nom que celui de cléricalisme. Et, pour être précis, il me faut signaler que la scène à laquelle j’ai assisté se déroula à 100 % hors climat pédophile. Chaque jour, dans les médias, nous lisons des articles tentant d‘expliquer les causes d’actes pédophiles par la réalité du cléricalisme ambiant. J’en ai plusieurs fois parlé en évoquant le livre d’Isabelle de Gaulmyn dont je partage l’analyse. Non, je précise, il ne s’agit pas du tout de cela. Le contexte est exclusivement liturgique. La messe dominicale de 10 h 30.

Et je me pose a question : qu’enseigne-t-on dans les séminaires pour que ce comportement pisse exister

Voilà les faits.

À 10 h 15, un jeune homme (22-24 ans) se présente à la sacristie en se disant séminariste. Il demande une aube qu’une paroissienne présente à ce moment lui donne. Il veut « servir la messe ». Il réclame une clochette (ou une cloche) - j’imagine pour l’élévation -  mais il n’y en a pas. Par ses vêtements, sa barbe blonde et légère, il ressemble à tout jeune homme se fondant dans la masse des jeunes. Il n’a pas le loden qui pourrait le ficher dans le rang des manifs pour tous contre le mariage pour tous.

À l’offertoire, il bloque le passage de la personne qui habituellement apporte les offrandes liturgiques, pain et vin. C’est lui le servant de messe. Après la communion, à l’autel, il opère les ablutions des coupes et du calice ; ce qui, me semble-t-il, devrait se faire sur la crédence destinée à cette tâche. Au paravent, il s’était mis à genoux devant l’autel pendant la consécration. Et, j’en passe. Bref, il s’est comporté en servant de messe comme cela devrait se faire chaque dimanche.

Mais qui est cet homme ? Il vient du nord de la France, quelle connaissance a-t-il de l’Église Saint-Maurice ? Quel droit lui donne le fait d’être séminariste pour s’imposer de la sorte à une célébration eucharistique ? Pourquoi ne s’est-il pas informé des habitudes liturgiques locales ?

Il me semble qu’il une claire conscience de sa mission : montrer comment doit être une vraie messe et agir pour qu’il en soit ainsi.

Je m’interroge alors sur la formation reçue en son séminaire. Ne lui a-t-on pas indiqué qu’un pasteur, avant d’agir, doit observer les habitudes des personnes, se renseigner des modes de faire du lieu ? Lui a-t-on indiqué qu’il possède la vérité et que partout cela doit être comme il le pense ? Alors dans ce cas, il pense être dans son bon droit en s’avançant vers l’autel en aube, bien que seulement séminariste, les mains jointes à hauteur de la poitrine . Ce que pensent et vivent les paroissiens du coin n’aurait aucune importance.

Bref, n’est-ce pas du cléricalisme porté par un séminariste ?

Qu’enseigne-t-on dans son séminaire ?

 

 

 

 

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