L’appel à faire pour autrui ce que l’on aimerait que l’on fasse pour nous pousse à être positivement actif.

Publié le par Michel Durand

la CUM à Primevère 2019

la CUM à Primevère 2019

Suite à l'écoute de l’Évangile de ce jour, je souhaite rappeler l’orientation prise en septembre 2018 pour l’Église Saint Maurice-Saint Alban de ce quartier. Je cite :

« Fil rouge de l’année : Pauvretés, Précarités, Solidarités, Fraternité. Ouvrir la paroisse aux plus pauvres…

C’est toute l’année que des personnes vivent des situations difficiles et qu’il s‘agit de se rendre proche. Il y a un très gros travail à faire de notre part de changement de regard ».

Cette phrase fut écrite afin de souligner l’importance de voir plus large qu’un dimanche des pauvres. Et, à cette page 6 de Côté Soleil, juste au milieu, nous lisons :

« Il nous faut faire Église avec nos diverses sensibilités, sans repli identitaire. Et faire Église avec des personnes “éloignées” de l’Église, mais qui cependant frappent à notre porte… »

Tout est donc dit pour nous disposer à une écoute attentive de la Parole de Jésus-Christ :

« Donne à quiconque te demande,

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ?

Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ?

 

L’Église du Christ est universelle. Elle ouvre ses portes à tout le monde. En elle, il n’y a pas d’étrangers. Il n’y a que des frères et des sœurs.

Vous m’avez déjà entendu dire cela. Et il se peut que je le redise dimanche prochain puisque je serai de nouveau à la présidence de l’Eucharistie. Je le dis en m’unissant à l’appel du Pape François daté du 6 septembre 2015. Il demande que « chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d’Europe accueillent une famille de réfugiés »*. Ce que plusieurs d’entre nous sont en train de faire en proclamant au salon Primevère : Les migrants une chance.

Certes, en de nombreux domaines, l’Église d’aujourd’hui se trouve mal en point. Quel que soit le lieu où l’on tourne le regard, nous apercevons une « affaire ». La tendance serait plutôt à faire profil bas et nous voilà invités à beaucoup d’humilité. Allons-nous pour autant cacher notre attachement au Christ et ignorer l’engagement de notre baptême à suivre, vivre et dire le chemin de Vérité, d’Amour et de Bonheur ? Béatitude qui conduit au Père. Certes, non ! L’invitation à aimer les ennemis demeure :

« Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent.

L’appel à faire pour autrui ce que l’on aimerait que l’on fasse pour nous pousse à être positivement actif. J’illustre cette attitude fondamentale en citant l’évêque de Strasbourg à propos du film Grâce à Dieu. Luc Ravel dit : « Il faut que nous acceptions d’être dans une posture critique du film comme de l’Église. Une posture de discernement, et non de polémique ou d’anathème. Ne pas reconnaître aujourd’hui que l’Église doit remettre en question ses processus serait une erreur, que le pape François a violemment condamnée dans sa Lettre au peuple de Dieu ».

 

La liturgie de ce jour invite donc à grandir dans le pardon et pour cela à changer de regard.

Regardons David face à Saül. Saül veut tuer David. La situation s’inverse. David s’introduit en pleine nuit dans le camp de Saül et lui enlève sa lance et sa gourde. Deux choses qui sont dans le désert absolument nécessaires pour vivre et survivre. Au lieu de s’éloigner, David invite son adversaire à modifier sa démarche. Il appelle Saül à venir reprendre ce qui lui est important pour vivre : sa lance et sa gourde. Le sage David, au lieu de se venger, provoque son ennemi à se convertir à la bonté. L’amour doit l’emporter sur la haine. **

Deuxième lecture.

Nous sommes de chair, de terre, de matière, avides d’avoir toujours encore plus ; et pour cela nous refusons de prêter à l’étranger. Qu’il reste chez lui !

Ne sommes-nous que charnelles ? L’amour proposé par le Christ nous consacre à Dieu et le poids de notre corps, de nos besoins physiques ne doit pas nous faire oublier notre réalité spirituelle.

Et de même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel.

N’oublions pas que nous sommes des êtres destinés à la vie en Dieu. Le Christ nous consacre frères et sœurs du même Père. Dieu est la source de l’amour et le Christ nous invite à être bons comme Dieu.

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ».

 

 

Cf André Sansfaçon pour son commentaire sur la liturgie de ce dimanche.

 

** Cette lecture fut ainsi introduite : nous allons entendre un passage du livre de Samuel. Saül, le 1er roi d'Israël, a remporté des victoires sur ses ennemis. Mais il a un caractère ombrageux, jaloux et ne supporte pas la réussite de ses lieutenants, dont David. Par trois fois, il essaye de tuer David. Dans cet épisode, on voit Saül livré aux mains de David. Mais David, homme juste et croyant, ne veut pas porter la main sur Saül, lui qui a reçu son titre de roi, de Dieu.

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