Eglise à Lyon. Ils sont en colère. Je ne le suis pas. Retiré en partie de l’Institution je me demande s’il n’y a pas en moi de la démission

Publié le par Michel Durand

Eglise à Lyon. Ils sont en colère. Je ne le suis pas. Retiré en partie de l’Institution je me demande s’il n’y a pas en moi de la démission

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Une amie, membre active de Résurgence(s) dont j’apprécie beaucoup les articles qu’elle rédige, est très sensible à la présence de la Franc-maçonnerie dans les sphères lyonnaises du pouvoir. « Usant de leurs influences discrètes dans les milieux influents, ces gens mènent les politiques par le bout du nez », explique-t-elle sans cacher sa colère.

 

La colère !

Je la découvre désormais auprès de nombreux militants chrétiens que je rencontre. Elle s’exprime contre une Église qui continue à se défendre en se plaçant du côté des gens de pouvoirs, du légal, au lieu de cheminer avec les gens en souffrance.

 

Franck Gacogne, prêtre et curé, sur Facebook écrit : «TRAHISON ! C’est le mot le plus juste qui me vient à l’esprit à la lecture du communiqué de Mgr Barbarin ce 19 mars 2019 ».

 

Une catéchiste : « je ne suis que colère ». « On n’écoute pas les gens. On nous traite à la légère. » (Ton de l'entretien avec le journaliste de KTO)

 

Un chrétien, tout simple comme beaucoup. Plus poches de la rue que des salons des décideurs : « Philippe Barbarin se retire ; mais, pour combien de temps ? Quel est le sens de cette magouille ? »

 

Personnellement, je n’entretiens aucune colère. Je me dis que, quelles que soient les positions prises par les décideurs, l’Église est désormais profondément atteinte est qu’il lui faudra de nombreuses années pour s’en remettre. Elle a perdu toute crédibilité. En voici un exemple. Dans le groupe de sensibilisation de la CUM (coordination urgence migrants), pour aborder les problèmes du non-accueil des migrants au niveau européen, j’ai évoqué les travaux de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE).

On m’a répondu que désormais, toute référence à l’Eglise catholique était impossible. « Sa parole n’est plus crédible. »

 

Je n’entretiens en moi aucune colère car je me retire dans l’exil de mon « ermitage » urbain. Je me plonge dans la prière, la méditation, le silence de la contemplation : que Dieu vienne à notre aide ! Un retirement vécu depuis déjà longtemps et fortement facilité par le temps de la retraite canonique des prêtres. Mais, je peux me demander si ce refuge priant n’est pas démission.

 

C’est la question que je me pose à propos de la participation avec l’ensemble des prêtres à l’eucharistie de l’office chrismale pendant la semaine sainte.

Je doute de pouvoir être honnêtement présent auprès de l’évêque ou de son représentant. Si mon corps figure dans l’Assemblée, est-ce que toute ma personne, corps, âme, esprit, sera présente ? Ne serait-ce pas qu’obéissance de façade ?

 

Cette méditation que je nourris dans le silence de mon appartement résulte des lectures et auditions qu’il me fut impossible de ne pas avoir suite à la dernière prise de parole de Philippe Barbarin expliquant la position du pape François. Celui-ci n’a-t-il pas été manipulé par les avocats, dont André Soulier, dont on connaît l’engagement politique ? Dans la lettre écrite en espagnole au pape, n’y a-t-il pas une pratique digne de lobbyistes, comme le disent des chrétiens en colère ?

 

Pour vous partager mes pensées et réflexion, je vous invite à lire quelques articles qui me semblent d’une grande justesse.

D’abord celui de Patrice de Plunkett : Lyon, "une affaire très confuse depuis le début ! "

Lire aussi les commentaires.

 

On sera renvoyé à une émission sur RCF et sur KTO

 

Avec La Croix

 

Danièle Hervieu-Léger : « L’image désastreuse d’une institution qui se protège »

 

et encore

 

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