Il est alors de notre responsabilité de dire au gens avec qui et aux côtés de qui nous parlons : les victimes, les petits, les faibles

Publié le par Michel Durand

Gravure de Bernard Salomon, XVIe s, la poutre, la paille dans l'œil

Gravure de Bernard Salomon, XVIe s, la poutre, la paille dans l'œil

Ayant lu ce matin l'homélie de Franck Gacogne, je me suis dis que je ne pouvais que la mettre dans le  panier de celle que j'ai prononcée hier. Homélie du 3 mars 2019. Je vous invité à la lire. Et ceci fait, concrétisons dans le quotidien le message entendu. 

Source de la gravure

Franck Gacogne : 

Quelle résonance actuelle et dramatique cet évangile prend-il en ces temps pour l’Eglise ! On dit de la Parole de Dieu qu’elle est vivante parce qu’elle rejoint et éclaire notre vie quotidienne et le plus souvent cela nous réjouit. Mais quand elle vient interroger, interpeler et plus précisément, quand elle vient accuser notre attitude, ou l’actualité de notre Église par les abus qui sont mis au jour, que disons-nous, comment réagissons-nous ?
« Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? » A cause de l’évangile et tout simplement en raison de notre foi nous pensons qu’il est de notre mission de mettre en œuvre, en actes et en paroles notre baptême, parce que cette Bonne Nouvelle de Jésus Christ déborde de notre cœur et elle vient sur nos lèvres. Nous voulons en témoigner et nous avons raison de vouloir le faire, c’est même l’unique raison de notre présence ici : nous rassasier à la source pour pouvoir indiquer cette source et comment elle désaltère. Mais nous sommes-nous posé la question de la crédibilité de notre témoignage, de la réception de nos paroles, de l’interprétation de nos attitudes ? Nous ne sommes pas des chrétiens hors sol mais nous appartenons à l’Eglise catholique. Quand nous parlons de notre foi, c’est depuis notre appartenance à l’Eglise catholique que nous le faisons, qu’on le veuille ou non, d’autant plus si nous avons une mission particulière dans la paroisse dans un mouvement d’Eglise, et cela va sans dire si nous sommes diacre, prêtre ou évêque. Je crois que notre témoignage ne sera audible que lorsque nous aurons retiré la poutre qui est dans notre œil. Bien sûr nous n’avons sans doute et heureusement pas pris part à toute forme d’abus dont l’Eglise est aujourd’hui accusée, mais cela ne suffit pas de le penser intérieurement ou de se convaincre que nous sommes exempte de toute attitude cléricale. Il faut impérativement prendre les devants, savoir écarter toute forme d’aveuglement qui brouille et qui tue dans l’œuf tout témoignage évangélique le disqualifiant d’emblée.
Retirer la poutre, c’est dénoncer vigoureusement ce qui et ceux qui piétinent, ceux qui pourrissent l’évangile qu’ils devraient annoncer et servir, et c’est encore pire quand ce sont les mêmes personnes qui du haut de leur dignité ecclésiale font la morale et exclue le jour (en voulant retirer la paille), alors que la nuit par cette même autorité, ils abusent et pervertissent ce même évangile.
Nous ne sommes pas des chrétiens hors sol, les gens savent déjà d’où nous parlons : l’église catholique. Il est alors de notre responsabilité de leur dire aussi avec qui et aux côtés de qui nous parlons : les victimes, les petits, les faibles. L’institution n’a pas à être défendue, seules les victimes ont à l’être. La crédibilité de notre Eglise dépend de notre courage à nous de nous situer sans ambigüité et sans réserve du côté des victimes, elle dépend aussi de notre courage à dénoncer sans ambigüité et sans réserve ceux qui pervertissent et dénaturent gravement le message de l’Evangile. L’Eglise n’existe pas par ses évêques et ses prêtres, elle n’existe que par les baptisés, évêques et prêtres compris, à condition que chacun et chacune soit en mesure de recevoir, de prier, de vivre et de servir à la manière du Christ. L’enjeu est de taille, prenons en conscience et ne le banalisons pas, car le pape François nous dit dans sa lettre qu’il nous a adressée le 20 août dernier que cette prise de conscience ne pourra pas se faire sans l’engagement sans la contribution de tous les fidèles laïcs. L’Eglise, c’est vous, c’est nous.
Soyons d’authentique serviteur du Christ et de l’évangile, alors l’Esprit Saint fera son œuvre pour redonner du souffle à son Eglise. Amen.

Homélie trouvée sur Facebook

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