L'affrontement causé par les scandales n'est pas une si mauvaise chose. À la longue, avec de grands changements on sortira de l’enfermement.

Publié le par Michel Durand

Lyon, église Saint-André, Basa 2017, Bruno Gratas, peinture

Lyon, église Saint-André, Basa 2017, Bruno Gratas, peinture

Dans le dernier numéro du trimestriel de Résurgence(s), j’ai publié un article qui reprend cette page de ce blog(ue) que je vous invite à lire pour bien comprendre ce qui va suivre.

Betsy Castleman-Damez rencontré à la biennale d’art sacré actuel qui s‘est tenue en l’église Saint-André m’adresse un courriel qui me touche beaucoup. Elle souligne la désespérance que je ressens actuellement et ouvre des horizons chargés d’espérance. Rappelons que cette église Saint-André est définitivement fermée à la BASA par le pouvoir d’un Prince.

Je vous invite à lire son message. Ensuite, je dirai quelques mots sur un livre de Caroline Pigozzi qu’un ami, Philippe, m’a conseillé de lire pour bien comprendre, quasiment de l’intérieur, ce qui se vit au Vatican. Lire Le Vatican indiscret montre que le système à changer ne date pas seulement de quelques années.

 

Betsy Castleman-Damez :

Cher Michel

On s'est connu par le BASA version 2017, je suis artiste peintre résidant à Paris.  J'avais beaucoup apprécié l'attitude et l'ouverture de la BASA, ce qui m'a amené à vous lire souvent dans les blogs, et puis dans Résurgence(s).

Voilà, juste un mot pour vous encourager de ne pas trop vous décourager !

Je sens votre tristesse en lisant le dernier Résurgence(s). Tristesse que je partage d'ailleurs, mais, si on croit que l'Église est faite du peuple de Dieu, alors elle survivra… et évoluera.  

Comme elle a survécu à l'époque des Borgia et des Médicis, etc. que vous avez cité dans votre Éditorial.

Malheureusement, la survie a quelquefois été au prix d'une violence inouïe… et des grands changements.  

Votre dernière phrase m'a frappé : « Aujourd’hui, je commence à comprendre que l'enfermement dans quelques sphères fermées ouvre toutes les portes du possible ».

En effet, et c'est une réalité qui ne touche pas que l'Église.

Je me demande s'il n'y a pas un certain « aveuglement » aussi, qui est le fruit de la séparation de l'Église et de l'État, très prononcé dans nos démocraties et peut-être particulièrement en France. Je m'imagine bien qu'un évêque ou cardinal cherche d'abord à traiter les problèmes à l'intérieur de l'institution de l'Église (comme pourrait le faire aussi un directeur d'école) et de ne pas les penser tout de suite avec les termes de la justice civile. En quelque sorte, l'Église peut être vécue comme un monde à part. Et peut-être plus par ceux qui sont dedans que par l'ordinaire des croyants.

Dans ce sens, l'affrontement causé par les scandales n'est pas une si mauvaise chose à la longue. « Welcome the problem » dit-on en anglais.

On ne peut qu'espérer des changements importants - des ouvertures pour sortir de l’enfermement.

N'est-ce pas le Christ qui a condamné l'injustice, l'hypocrisie des mœurs, et tant d'autres « travers » de la nature et des institutions humaines ?  

Et puis, c'est le peuple de Dieu, en quête de l'amour divin, qui a façonné l'Église dans les premiers siècles. Si personne n'avait suivi les premiers disciples, il n'y aurait pas de chrétiens aujourd'hui.

Vous connaissez tout cela bien mieux que moi, alors je me sens un peu bête à vous raconter mes pensées ! Surtout vous, les prêtres du Prado, si près des gens, si attentifs aux individus, aux personnes.  Continuez surtout ce bon et précieux travail au nom du Christ que vous avez toujours fait !

Et très Joyeuses Pâques !

 

Je parle maintenant du livre de C. Pigozzi, Le Vatican indiscret :

Caroline Pigozzi raconte un autre Vatican. Elle nous fait découvrir de l'intérieur le fonctionnement de cet État souverain de quarante-quatre hectares et de huit cents habitants, haut lieu de la spiritualité et du recueillement, où règne l'intelligence, la culture, la sainte prudence et le goût du secret.

Vie quotidienne, finances de l'Église de Rome, révolutions de palais, candidatures à la succession du Prince des Apôtres... sont décrites dans le détail, avec des portraits inédits des principaux acteurs du Saint-Siège. Révélations, intrigues, confidences personnelles des évêques, états d'âme des cardinaux plongent le lecteur au coeur d'un univers plein de surprises...

L'auteur qui a enquêté durant plusieurs années dans ce théâtre d'ombres nous dévoile la face cachée du Vatican et nous éclaire ainsi sur les récents événements qui ont secoué le monde catholique.

 

Je n’ai pas encore terminé la lecture des quelque 300 pages. Mais déjà je comprends que, des finances aux mœurs, des gens de pouvoirs aux humbles serviteurs, c’est tout un système qui devrait rencontrer la Révolution. Au quotidien, ce n’est pas le langage ouaté des princes sacrés qui opérera les changements indispensables.

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