Pour rencontrer les marginalisés de la société nous n’hésiterons pas, avec l’accord épiscopal, à nous livrer à de nouveaux apostolats

Publié le par Michel Durand

Pour rencontrer les marginalisés de la société nous n’hésiterons pas, avec l’accord épiscopal, à nous livrer à de nouveaux apostolats

 

Laïcs consacrés, diacres et prêtres du Prado dans l’Église à Lyon, nous avons orienté notre récollection trimestrielle (24 et 25 novembre 2019) autour des Pactes des catacombes (celui du 16 décembre 1965 et celui du 20 octobre 2019). Une méditation destinée à prier et œuvrer pour une Église pauvre pour les pauvres. Qu’avons-nous à convertir dans nos pratiques pastorales et missionnaires, dans notre vie présente pour que l’Évangile soir annoncer aux pauvres, aux éloignés du Christ et de l’Église, donc à tous ? L’aujourd’hui de notre vocation à devenir de véritables disciples-missionnaires. Nous étions majoritairement de la ville de Lyon. Cela peut se sentir dans la rédaction finale. Mais le monde rural ne pouvait être oublié grâce à la présence de confrères en monde rural. Ainsi, les pauvres, les ouvriers, les divers mondes populaires ne peuvent cacher les populations trop souvent oubliées du monde rural. C’est ce regard très large qui  offre la possibilité de rejoindre tout le mode. L’option préférentielle des pauvres n’est pas exclusive des riches.  Après une matinée de solitude, nous avons donc partagé nos réflexions et méditations en nous demandant : et si nous rédigions nous-mêmes un Pacte des catacombes ? Il pourrait être possible de faire d’abord une rédaction très personnelle qui serait par la suite, réécrite d’une façon communautaire.  En fait, signer ce pacte, ce n’est pas rien ! 

Sommes-nous vraiment capables de le mettre en œuvre au quotidien ?

 

 

Cela donne ceci :

Avec le Pacte des Catacombes du16 novembre 1965, et celui de novembre 2019, nous avons accueilli avec ces groupes d’évêques, la grâce de nous engager à servir les plus faibles et ceux que le Seigneur appelle à évangéliser : les pauvres et les ouvriers en partageant la vie des plus pauvres et d’autres personnes ou groupes. Ceci sans exclusion, sachant le contexte actuel pas favorable.

Cet engagement rejoint le N° 44 de nos constitutions :

« Une seule chose est nécessaire : annoncer Jésus-Christ aux pauvres.

Pour travailler comme Jésus et avec Jésus à l’annonce du Royaume aux pauvres, « nous choisirons de préférence la compagnie des pauvres ».

La solidarité avec les pauvres nous fait donc partager leurs aspirations, leurs initiatives pour survivre et leurs luttes pour la justice.

Nous sommes témoins de leur capacité à prendre des responsabilités dans le monde et dans l’Église. Ensemble, nous nourrissons notre espérance des signes de l’Esprit que nous percevons dans leur vie. C’est l’Évangile que nous voulons partager avec eux.

Pour rencontrer en vérité les plus pauvres et les marginalisés de nos sociétés, les non-croyants et les plus éloignés de l’Église et de la foi en Jésus-Christ, nous n’hésiterons pas, avec l’accord de notre évêque, à nous livrer à des formes nouvelles d’apostolat, en ayant le souci de les enraciner dans l’Évangile et la tradition vivante de l’Église.

Afin d’assurer le service de l’Évangile auprès de certains groupes humains, nous nous proposerons au besoin pour travailler manuellement et partager ainsi la condition des pauvres, là où, avec l’approbation de l’autorité compétente, ce ministère est jugé opportun. C’est pour assurer ce service de l’Évangile que “l’Église a envoyé en mission apostolique parmi les travailleurs, des prêtres qui, en partageant intégralement la condition ouvrière, veulent y être témoins de sa sollicitude et de sa recherche.”

À cause de l'Évangile et de nos solidarités avec les pauvres, nous acceptons de devenir, en communion avec le Christ, des signes de contradiction, vivant, dans la foi et l'humilité, l'incompréhension, la perte de notre réputation et même la persécution ».

 

L’un de nous résume ainsi sa pensée à l’issue de cette rencontre : « j’ai bien, aimé au cours de cette méditation vécue entre pradosiens lyonnais, d’avoir revécu l’invitation qui nous était faite de contempler et méditer sur la pauvreté de Notre Seigneur Jésus-Christ, sa présence aux pauvres à partir de Luc 21, 1-4 : Jésus voit une veuve misérable qui dépose deux pièces dans le tronc du Temple de Jérusalem.

 

- Pour le logement, nous nous engageons à accepter le lieu de logement qui nous est proposé. Nous ne solliciterons que les travaux vraiment nécessaires pour un meilleur accueil ou de meilleures conditions de travail et une amélioration des conditions énergétiques.

- Avec les voisins, nous veillerons à la conscience écologique de tous pour la gestion des déchets,  rappelant l’existence de la déchetterie et la réalité du tri sélectif. Il s’agit de faire que nos lieux de vie soient le reflet de l’alliance de Dieu avec tout le créé.

- Pour la nourriture, nous engageons à faire attention à la provenance des produits et à choisir des produits locaux, souhaitant connaître personnellement les producteurs chaque fois que c’est possible.

- Dans le quartier où nous vivons, sur la paroisse où nous nous trouvons, nous aurons le soin de prendre notre part dans les initiatives d’accueil des Étrangers, afin que l’option préférentielle pour les pauvres soit un signe prophétique vécu par la Paroisse). Nous nous engagerons en conséquence à ce que les besoins les plus criants, besoin de logements pour les personnes à la rue, trouvent une solution. Ce travail se fera en lien avec les bénévoles des associations connues.

- Nous nous engageons à nous organiser pour que l’accueil du tout venant soit sans cesse effectif. Signe de l’annonce de l’Évangile à tous.

- Nous ne nous ferons pas donner de titre particulier, mais nous laisserons libres les personnes tout en rappelant, dans la mesure du possible, que seul Dieu est Père .

- Nous nous placerons aux côtés de ceux qui sont persécutés à cause de leur service prophétique de dénonciation et réparation des injustices, de défense de la terre et des droits des petits.

- Nous nous engageons à nous méfier de l’apparence. Il n’est pas question de vouloir “faire pauvre”, ou de “paraître pauvre”. Nous nous engageons à tout simplement vouloir vivre pauvrement. Et nous reconnaissons que l’humilité de la pauvreté réside aussi dans l’acceptation de notre difficulté à vivre pauvrement. Le chemin de dépouillement n’est jamais terminé puisque c’est celui qui nous mène à la sainteté véritable.

- Pour une sobriété heureuse, nous comptons sur les transports en commun quand la voiture n’est pas indispensable comme elle l’est pour la mission, par exemple dans le monde rural.

- Nous constatons combien nous pouvons accumuler de choses. Aussi chaque fois que cela s’avère urgent nous nous engageons à déposer à Emmaüs, Croix Rouge, Notre-Dame des Sans Abris, Secours populaire, Envie… toute espèce de surplus. Le Père Chevrier nous invite à avoir le nécessaire et à savoir nous en contenter.

- Nous ne pouvons nier que des membres déviants de notre Église ont blessé profondément des personnes au-delà de l’imaginable et nous savons que, malgré les nombreux et sincères dialogues, nous ne partagerons jamais les souffrances des victimes. Nous nous reconnaissons bien petits et démunis, humblement présents dans la pauvreté de notre Église. Pourtant, nous savons qu’elle nous appelle à toujours être en mission.

- Nous nous engageons à donner la beauté la plus grande possible à toute forme de célébration : la pauvreté sera dans le fait de se servir de ce qui est à notre disposition plutôt que d’acheter des objets en apparence plus modeste. Recevons simplement la façon de prier de ceux qui nous sont donnés comme frères et sœurs. Nous éviterons ainsi nombreux soucis d’argent tout en reconnaissant que les inévitables problèmes d’argent doivent être regardés à plusieurs.

- Certains d’entre nous, en vieillissant, constatent que leur carte de relations est de plus en plus marquée par des personnes malades, âgées, isolées. Nous nous sentons provoqués à donner du temps à toutes ces personnes sur la touche, qui comptent de moins en moins pour la société.

- Afin de n’exclure personne, notamment les plus éloignés de l’Évangile, les plus pauvres, nous tâchons d’accepter, dans la mesure du possible, toutes les invitations – comme Jésus qui est allé manger chez des riches (Zachée) et chez des pharisiens (Simon). Il ne s’agit pas de « faire salon ». Il y a nombre « de visites inutiles, ennuyeuses de celui-ci, de celle-là, qui n’aboutissaient à rien et qui m’étaient très nuisibles pour la perte de temps » (Lettre d’A. Chevrier n° 17). Il n’est pas question de multiplier les bavardages, mais de rencontrer les gens là où ils vivent. Les inviter à sa table également.

- Nous nous engageons à ne pas culpabiliser les gens qui ne donnent pas au denier ou au casuel. Nous leur expliquerons éventuellement les besoins de l’Église signifiant que leur geste libre est une offrande spirituellement ouverte. (Nous nous engageons à rendre des comptes :

  • aux paroissiens, en particulier sur l’utilisation de notre temps au quotidien, sur le fondement de nos orientations pastorales. Il est question d’instaurer dans nos communautés un style de vie synodal.
  • à notre équipe de vie, sur les grosses dépenses exceptionnelles (voiture, téléphone, ordinateur et autre matériel informatique) ainsi que sur nos dépenses habituelles pour les loisirs
  • à notre accompagnateur spirituel sur notre vie de prière

- Nous nous engageons à renouveler dans nos Églises l’option préférentielle pour les pauvres,

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