J'ai demandé à Notre-Seigneur présent sur l'autel que vous fussiez les premiers de l’offrande que je lui faisais de la maison. P. Chevrier

Publié le par Michel Durand

J'ai demandé à Notre-Seigneur présent sur l'autel que vous fussiez les premiers de l’offrande que je lui faisais de la maison. P. Chevrier

Source de la photo

Cette année à la chapelle du Prado de Lyon nous avons, suite à une demande de quelques personnes, mis en place une adoration eucharistique. Celle-ci a lieu chaque vendredi de 16 h à 17 h.

Les personnes présentes ont au paravent prié avec le rosaire.

Ceci de 13 h 30 à 16h.

Ce sont des dames qui viennent ainsi prier devant la crèche du Prado. Italienne, Portugaise, martiniquaise, Cameroun…

Comment ne pas admirer leur présence priante ?

Patience et persévérance. La force de la prière.

 

On dit que, maintenant, des jeunes consacrent du temps à l’adoration silencieuse de Jésus eucharistie. Je repense aux petites sœurs de Jésus rencontrées à Rome (Tre fontane) où, dans les années 1960, je venais quelquefois prier devant le Saint-Sacrement exposé.

Ne faudrait-il pas, désormais, que je réfléchisse davantage sur l’importance de l’adoration eucharistique afin de la pratiquer plus souvent ? J’imagine que je pourrais proposer à mes frères pradosiens de vive un temps de récollection trimestrielle sur ce sujet. L’idée m’en est venue en lisant un article de La Croix intitulé : « Témoigner, par mon art, de ma rencontre avec le Christ.

Il y est question du comédien Mehdi Djaadi qui relate sa conversion au christianisme.

« Un ami catholique m’a (…) proposé de le suivre pour une retraite de trois jours dans un monastère. Pendant une veillée d’adoration, j’ai goûté à la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, alors même que ce dogme était très abstrait pour moi. Je n’avais qu’une envie : y goûter à nouveau ! J’ai donc fait la demande d’entrer en pleine communion avec l’Église catholique, ce qui a eu lieu en 2013.

Je me suis même posé la question de la vocation. Je désirais être prêtre, mais je sentais que je n’y étais pas appelé. Lors d’un pèlerinage sur les chemins de Saint-Jacques, j’ai compris que ma vocation était d’être artiste et de témoigner, dans la vie quotidienne et par mon art, de ma rencontre avec le Christ. »

Ce qui m’a également intéressé dans ce témoignage c’est la reconnaissance que l’Église, dans son ensemble, demeure plutôt éloignée de monde artistique. Elle ne peut pas cacher sa crainte, son manque de dialogue avec les artistes.

« Je suis toujours aussi surpris par l’absence des chrétiens dans le monde des arts. Les jeunes devraient davantage investir ces milieux. Les parents ont tendance à tuer ce genre de vocation, souvent par peur ».

N’est-ce pas ce que Résurgence(s) ressent avec l’attitude de l’Institution face à la Biennale d’art sacré actuel, version 2019 - non reconnaissance des commissaires en place et absence de dialogue pour l’édition 2021 ?

À propos de l’adoration eucharistique, quelques phrases d’Antoine Chevrier ; une lettre de décembre 1872 à Claude Farissier, séminariste, où il associe l’adoration eucharistique à la tâche missionnaire qui nécessite un regard très réaliste face au besoin de nourriture et de spirituel des enfants accueillis au Prado :

« Le 10 décembre, nous avons eu notre fête particulière, l'adoration perpétuelle du Saint Sacrement. Nous avons fait coïncider cette fête avec le jour de notre prise de possession du Prado. Il y a 12 ans, à pareil jour, je pris possession de ce lieu, c'était le jour de la solennité de l'Immaculée Conception et, en même temps, le jour de Notre-Dame-de-Lorette ; n'ayant d'autre ressource et d'autre appui que la confiance en Dieu, convaincu que si je donnais le pain spirituel aux âmes, Dieu nous donnerait le pain, je tremblais bien ce jour-là, Dieu me cachait bien des choses dans ce lieu, quelques âmes s'y sont converties, c'était là tout mon désir ; on y a beaucoup travaillé et peu fait d'ouvrage.

Toutefois, au milieu de tout cela, j'ai toujours demandé à Dieu qu'il fit naître un noyau de prêtres, pauvres et dévoués, qui n'aient d'autres pensées et d'autres désirs que se dévouer au salut des âmes, à la gloire de Dieu, en vivant dans la pauvreté et le sacrifice.

Ce 10 dernier, j'ai donc bien pensé à vous, chers enfants, et j'ai demandé pour vous à Notre-Seigneur présent sur l'autel que vous fussiez tous les premiers de cette offrande que je lui faisais de la maison, de nos personnes et de ces pierres spirituelles qui doivent le servir d'esprit et de cœur.

Dieu nous a envoyé jusqu'à ce jour du pain matériel, mais ce n'est rien, je lui demande des âmes dévouées, des âmes généreuses, des pierres vivantes, qui doivent travailler pour Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, pour continuer sur la terre sa vie de sacrifice, de dévouement et de charité ; devenez d'autres Jésus Christ, étudiez-le, c'est votre modèle. Visitez souvent en esprit la Crèche, le Calvaire et le Tabernacle, pour y puiser l'esprit et la vie qui doivent vous animer pour toujours. Croyez que dans mes prières et mes sacrifices vous avez toujours la plus large part. Je vous demande aussi une bonne part des vôtres ».

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