Les autorités ecclésiastiques se convertiront à la Vérité de l'Église telle que la veut l'Esprit du Christ. Une Église respectueuse de sa nature

Publié le par Michel Durand

Le Pape lors de sa messe quotidienne à Sainte-Marthe ce mardi 18 février  (Vatican Media)

Le Pape lors de sa messe quotidienne à Sainte-Marthe ce mardi 18 février (Vatican Media)

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Hier, pour justifier le rôle d’un pape, des prêtres, des évêques j’ai encore entendu dire que l’Église  n’était pas une démocratie.

Effectivement, elle n’est pas une démocratie puisqu’elle est une communauté, une famille, une foule appelée par l’Esprit.

Je ne peux que me laisser de plus en plus pénétrer par cette situation bien quotidienne où Jésus s’est trouvé dans l’obligation d’affirmer : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ?… Voici ma mère et mes frères ». De la main il a montré ses disciples, ceux et celles qui écoutent sa parole pour en vivre. Et, il conclut : « Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Mat 12, 48ss)

La méditation de l’Évangile de dimanche prochain au sein de mon équipe pradosienne a également alimenté cette pensée. L’Église est une famille, une communauté -on peut dire aussi, un collège- où le souci de l’autre est pensé pour son bien personnel. Il n’y a pas de chef, de prince qui impose ses idées personnelles, mais un mode de vie commun, partagé par tous, se répandant à toutes et tous à partir du cœur très intime. Une sagesse enracinée en Dieu le Père et répandue par Lui, au plus profond de nous-mêmes.

« Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes ». (Mt 5, 38ss)

Nous sommes appelés à former une famille. L’Église une famille !

En est-t-il ainsi ?

Assurément, il serait opportun que des audits soient mis en place afin de cerner de très près les modes de gouvernance des Églises locales. J’observe avec tristesse que, par exemple, ce qui fut mis en place par Albert Rouet ait été très rapidement écarté par son successeur soutenu, dit-on par des séminaristes et de jeunes prêtres. Un audit de l’Église à Lyon serait-il bienvenu ? Certains le pensent affirmant que l’affaire Preynat a occulté des dysfonctionnements internes très graves.

Dans ce climat, nombreux sont celles et ceux qui pensent que la théologie et l’ecclésiologie de Christoph Theoblad sont d’un grand secours. N’est-il pas trop marginalisé par les tenants d’un pouvoir centré au Vatican entre les mains d’un cardinal, modèle Sarah ? Les prêtres de la fraternité Saint-Pierre s’en réjouissent : « Si la Fraternité Saint-Pierre se réjouit évidemment de ces directives données à l’Église tout entière par celui qui est justement responsable du Culte divin, elle y voit aussi un encouragement pour la mission qu’elle mène depuis bientôt 30 ans à travers la célébration de l’usus antiquior. En effet, le Cardinal Sarah n’hésite pas à dire que la célébration de la forme ancienne du rit romain devrait être enseignée à tous les futurs prêtres, car il n’est pas possible de comprendre et de célébrer les rites réformés dans l’herméneutique de la continuité si l’on n’a jamais fait l’expérience de la beauté de la tradition liturgique que connurent les Pères du Concile (Vatican II) eux-mêmes et qui a façonné tant de Saints pendant des siècles ».

 

Le cléricalisme centralisé ne peut faire bon ménage avec le mode de vie familiale, communautaire, collégiale.

« Aimez vos ennemis ».

Pour ce partage d’Évangile en équipe Prado, je me suis fortement senti marqué par l’homélie que François prononça le mardi 18 février 2020 à Sainte-Marthe.

 

Et cela rejoint encore ce que je pense actuellement. Mc 8, 14-21 :« Le Pape s’appuie sur ce récit pour faire comprendre la différence qui existe entre un « cœur endurci » comme ceux des disciples, et un cœur plein de compassion comme celui du Seigneur.“La volonté du Seigneur, c’est la compassion : il veut de la miséricorde et non des sacrifices », explique le Pape pour qui « un cœur sans compassion est un cœur idolâtre, autosuffisant qui va de l’avant uniquement soutenu par son propre égoïsme, qui devient fort uniquement avec les idéologies”. Le Pape cite alors les quatre groupes idéologiques du temps de Jésus : les Pharisiens, les Sadducéens, les Esséniens, les Zélotes. Ces derniers avaient «endurci leurs cœurs pour soutenir un projet qui n’était pas celui de Dieu, il n’y avait pas de place pour le projet de Dieu et pour la compassion» souligne François.

« Jésus est “la claque” contre la dureté du cœur »

Comment attendrir ces cœurs endurcis ? Il existe «un remède» affirme François, il s’agit de la mémoire. Pour cette raison, dans l’Évangile de ce jour (18/2/20) et dans tant de passages de la Bible que le Pape évoque, reviens comme une “ritournelle”. Il s’agit de l’appel au pouvoir salvifique de la mémoire, une “grâce” qu’il nous faut demander, explique François, parce qu’elle “maintient le cœur ouvert et fidèle” ».

« Quand le cœur devient dur, on oublie… On oublie la grâce du salut. On oublie la gratuité. Avoir un cœur endurci conduit aux querelles, à la guerre, à l’égoïsme, à la destruction du frère, parce qu’il n’y a pas de compassion» regrette le Pape pour qui le “message de salut le plus grand est que Dieu a eu pitié de nous”. Il note ce refrain de l’Évangile, quand Jésus voit une personne ou une situation douloureuse : “il fut saisi de compassion”. Jésus est la compassion du Père, ajoute François, “il est la claque à toute dureté du cœur” ».

Une Église dans le Monde, proche des gens.

Or, cette compassion auprès de toutes et de tous, comment la vivre si nous demeurons éloignés des femmes et des hommes de ce temps, séparés d’eux par des modes de vie, des vêtements clivants ? Un exemple. Que dire de chrétiens qui se désabonnent du quotidien « La Croix », car les journalistes de ce média diraient des choses déplaisantes à l’égard des évêques ? Et il importe de voir les titres auxquels ils sont abonnés.

Ouvrons alors un audit. Ce dernier, ne mériterait-il pas l’appellation de synode ? Si l’Église n’est pas une démocratie, mais une communauté, ne conviendrait-il pas que des éléments démocratiques entrent dans son fonctionnement ? J’invite à lire cet article de Paul Valadier.

 

 

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