Saint-Paul souligne clairement que Céphas lui-même et des apôtres étaient accompagnés d'une femme chrétienne qui n'était pas leur servante

Publié le par Michel Durand

Jean-Claude Brunetti

Jean-Claude Brunetti

Grâce à des amis, j’ai eu la joie de revoir récemment Jean Claude Brunetti. Nous avons fait une partie de séminaire ensemble à Limonest (Prado) et à Rome. Il pleuvait ardemment ce jour-là et ce fut en un sens un avantage, car nous avons passé agréablement une bonne partie de la journée à échanger des nouvelles. On peut se douter que la dizaine de personnes présentes a repensé le monde, l’Église, la société. Vivre l’espérance !

Suite à la publication du cardinal Sara, co-signé du pape émérite, Des profondeurs de nos cœurs, Jean-Claude a rédigé sa réaction. Il l’a envoyée au courrier des lecteurs de la Croix.

 

Voici, avec son accord son texte.

Depuis quelques jours je pense tout particulièrement au Patriarche de Babylone Louis Raphaël Sako et à son Église, ainsi qu'aux autres Églises Catholiques d'Orient en raison de la polémique entretenue autour du livre du Cardinal Sarah sur le sacerdoce dont le célibat serait une donnée constitutive...

Cette affirmation venant d'un cardinal dont la culture est unanimement reconnue me surprend, mais le fait qu'elle soit plus ou moins soutenue par le pape émérite me blesse profondément ! Comment après avoir été le garant de l'unité de toute l'Église, peut-il oublier les prêtres orientaux mariés, qui avec leurs confrères célibataires soutiennent la foi de leurs communautés depuis le premier siècle jusqu'à aujourd'hui, à travers des situations difficiles et parfois tragiques.

Comment laisser entendre qu'ils ne sont qu'un clergé de second ordre ?... Et, je suis étonné de voir que si peu de responsables ne relèvent publiquement cette énorme injustice qui dans son assurance d'être une expression de la vérité, manifeste à mes yeux, un véritable mépris pour l'Orient.

J'espère que beaucoup de chrétiens occidentaux écrivent à leurs frères d'Orient pour leur demander pardon de cette position éminemment romaine dans le plus mauvais sens du mot...Car une telle façon de sacraliser le célibat ne peut s'appuyer ni sur l'Écriture ni sur la Tradition... Saint Paul souligne clairement dans la 1ère aux Corinthiens 9, 5 que les autres apôtres, les frères du Seigneur et Céphas lui-même étaient accompagnés d'une femme chrétienne qui n'était pas, c'est assez clair, leur servante. Et, dans les premiers temps de l'Église, le célibat n'était pas une caractéristique des ministres du Culte : les métropolites arméniens se succédaient de père en fils, et Grégoire de Nazianze, pour ne citer que lui, était le fils d'un évêque. etc. Avec l'essor du monachisme, le célibat se fit moins rare, mais toujours comme une réponse à une vocation personnelle, selon la manière dont Jésus l'avait présenté :"comprenne qui peut comprendre" (Matthieu 19, 12)

Quand l'Occident, pour des raisons qui ne sont pas toutes hautement spirituelles, décida de n'appeler au sacerdoce que ceux qui se sentaient en même temps appelés au célibat, l'Orient, lui, poursuivit la tradition initiale...

Si mon message était lu par un responsable d'Église orientale, je me permets humblement de lui faire une suggestion : ne pourriez-vous pas présenter la cause d'un prêtre marié (et pourquoi pas de son épouse) à la Congrégation pour la Cause des Saints... Il y a tellement de prêtres et de religieux célibataires au calendrier liturgique... un prêtre marié contribuerait à le rendre vraiment catholique.

Saint-Paul souligne clairement que Céphas lui-même et des apôtres étaient accompagnés d'une femme chrétienne qui n'était pas leur servante
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