Le Seigneur reste avec nous dans l’Eucharistie. Nous devenons toujours tabernacles du Seigneur que portons partout avec nous pour le Royaume

Publié le par Michel Durand

Le Seigneur reste avec nous dans l’Eucharistie. Nous devenons toujours tabernacles du Seigneur que portons partout avec nous pour le Royaume

J’ai suivi les retransmissions de ce jeudi saint -le repas du Seigneur- de l’Église à Lyon et de l’Église de Rome, via internet.

J’avoue avoir été très marqué par la grande simplicité qui s’en dégage. Certes, des habitudes demeurent que je trouve totalement inopportunes, ainsi dans les vêtements. Par exemple, pourquoi une « calotte » sur tête ? Et couvre-chef à cornes ? Ceci dans la basilique Saint-Pierre où je note avec émerveillement l’homélie de François.

Pas de papier. Une parole libre, directe.

Une prise de parole faible, pauvre, humble, intime. Comme cela sonne plus fortement que des définitions dogmatiques sur la prêtrise, le sacerdoce ! Christ, unique prêtre, est à notre service, à l’écoute de tous et des toutes. Pour l’humanité entière.

Personnellement, je n’ose pas prononcer une homélie sans avoir le support d’un texte. Certes, je m’efforce de ne pas lire ce papier, de rendre vivante, actuelle l’annonce de l’Évangile et son application à notre temps. Suis-je certain d’y arriver, simplement ? En fait, je trouve l’improvisation plus vraie, plus vivante. Tellement proche de la vie des gens, à côté de chacun et de chacune. Autrement dit, je reçois un message très fort et il me conviendra d’en tenir compte dans les jours à venir. Avec l’espérance d’en être capable.

Donc, même si vous n’avez pas la connaissance de la langue italienne, je vous invite à écouter François de Rome. Une homélie improvisée ! Le pape se montre dans l’écrasement que subissent actuellement de nombreuses personnes. Nicolas Sénèze écrit dans La Croix : « Il semblait porter sur lui, comme il l’a déjà plusieurs fois confié à des proches, toutes les souffrances d’un monde confronté à la pandémie du coronavirus. »

« Vous êtes tous avec moi à l’autel », a-t-il lancé aux prêtres dans une véritable déclaration d’amour à ceux qui « donnent leur vie pour Jésus ».

« Le Seigneur veut rester avec nous, dans l’Eucharistie, et nous devenons toujours tabernacles du Seigneur: nous portons le Seigneur avec nous au point que Lui-même nous dit que si nous ne mangeons pas son corps et que nous ne buvons pas son sang, nous n’entrerons pas dans le Royaume des Cieux.»

 

attendre quelques secondes 

Se laisser laver par le Seigneur

 

Chaque disciple du Christ est invité à servir, mais il est aussi invité à se laisser servir par le Seigneur. «Si moi je ne laisse pas le Seigneur être mon serviteur, me laver, me faire grandir, me pardonner, je n’entrerai pas dans le Royaume des Cieux», a expliqué le Pape, tout en reconnaissant que ce paradoxe apparent «est difficile à comprendre». Voir ici.

François a exprimé sa proximité pour les prêtres, en expliquant que, du plus récemment ordonné jusqu’au Pape, tous partagent la même mission, et sont «oints pour l’eucharistie».

Dans le contexte tragique de la pandémie de Covid-19, qui affecte durement le clergé, l'évêque de Rome a évoqué « les prêtres qui offrent la vie pour le Seigneur, les prêtres qui sont serviteurs. Ces jours-ci, plus de 60 sont morts ici, en Italie, en portant l’attention aux malades dans les hôpitaux. Aussi avec les médecins, les infirmières, les infirmiers: ce sont les saints de la porte d’à côté, des prêtres qui ont donné la vie en servant ».

 

Apporter le pardon et la consolation au Peuple de Dieu

François a souligné l’importance de la proximité sacerdotale, des bons prêtres qui servent parfois dans plusieurs villages à la fois, mais qui connaissent intimement les gens au point de se souvenir du nom de leurs chiens… Il a aussi évoqué les « prêtres calomniés » qui se font agresser dans la rue en étant assimilés à ceux qui ont fait « de mauvaises choses », et les « prêtres pécheurs, qui avec les évêques et le Pape pécheur n’oublient pas de demander pardon et apprennent à pardonner, parce qu’ils savent qu’ils ont besoin de demander pardon et de pardonner ».

 

Le Pape a aussi fait allusion aux « prêtres qui souffrent de certaines crises, qui ne savent pas quoi faire : ils sont dans l’obscurité. Aujourd’hui, vous tous, frères prêtres, vous êtes avec moi sur l’autel, vous, consacrés. »

Il les a invités à se laisser laver les pieds par le Christ, et à prendre des risques dans le pardon et la consolation. « Et si vous ne pouvez pas donner un pardon sacramentel en ce moment, donnez au moins la consolation d’un frère qui accompagne et qui laisse la porte ouverte pour qu’il revienne », a exhorté François.

« Je remercie Dieu pour la grâce du sacerdoce, nous tous. Je remercie Dieu pour vous, les prêtres. Jésus vous aime bien. Il demande seulement que vous vous laissiez laver les pieds », a conclu le Pape.

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