« Je ne peux pas revenir sur ce geste que j’ai fait. Condamné ou pas… C’était la chose à faire, vis-à-vis de ce que je suis, des autres… »

Publié le par Michel Durand

« Je ne peux pas revenir sur ce geste que j’ai fait. Condamné ou pas… C’était la chose à faire, vis-à-vis de ce que je suis, des autres… »

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Pour rendre compte du procès de Pierre-Alain Mannoni, je donne à lire cette page de 20minutes ; ci-dessous la mise à jour de la pétition : tous avec Pierre Alain

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Aide aux migrants : Cinq mois de prison (avec sursis) requis en appel contre Pierre-Alain Mannoni

 

« Il a très bien compris quelles étaient les limites de la loi et il a fait un choix : la transgresser », a pointé l’avocat général.

 

L’avocat général Fabrice Tremel a requis une peine de cinq mois d'emprisonnement avec sursis à l’encontre de du niçois Pierre-Alain Mannoni, jugé mercredi en appel à Lyon pour le transport de  migrantes érythréennes.

« Il a eu la volonté de soustraire ces trois personnes aux contrôles de l’État mis en place dans le cadre de sa politique migratoire », a pointé le magistrat. Il avait eu « la parfaite connaissance » que ses passagères « étaient en situation irrégulière », a-t-il dit. La cour doit rendre son arrêt le 28 octobre.

 

« C’était la chose à faire »

Le 18 octobre 2016, cet enseignant-chercheur avait été interpellé au péage de La Turbie (Alpes-Maritimes), avec dans sa voiture trois Érythréennes « blessées » venues d’Italie. Il les transportait depuis un squat à son domicile afin de les héberger une nuit avant de les conduire à la gare de Cagnes-sur-Mer pour qu’elles puissent être soignées à Marseille.

« Je ne peux pas revenir sur ce geste que j’ai fait. Condamné ou pas, cela ne changera rien. C’était la chose à faire, vis-à-vis de ce que je suis, des autres, pour mes enfants », a expliqué à la barre l’universitaire de 49 ans, au cours d’un nouveau procès de six heures.

« La sincérité guide ma vie », a-t-il assuré l’universitaire. Se défendant d’être un « militant », décrit par les témoins comme « une belle personne », « un peu naïve », il avait déjà apporté son aide à quatre Soudanais peu avant son arrestation et soutenu un jeune Guinéen de 20 ans.

 

Deux cents personnes pour le soutenir

« Mon client n’a pas triché et a été sincère jusqu’au bout », a plaidé avec vigueur son avocate Me Maeva Binimelis, dénonçant un « acharnement » contre son client. « Essayer de travestir les intentions de Pierre-Alain Mannoni est quelque chose de profondément insupportable. Personne ne peut imaginer qu’il ait pu recevoir une contrepartie pour son aide », a-t-elle ajouté en demandant la relaxe.

Accueilli au palais de justice de Lyon par plus de 200 militants d’associations et sympathisants, Pierre-Alain Mannoni, 49 ans, était jugé une nouvelle fois après trois ans d’une âpre bataille judiciaire. Relaxé à Nice en première instance en janvier 2017, Pierre-Alain Mannoni avait été ensuite condamné à deux mois de prison avec sursis par la cour d’appel d’Aix-en-Provence et s’était pourvu en cassation.

La cour avait annulé sa peine et renvoyé l’affaire devant la cour d’appel de Lyon après la reconnaissance du « principe de fraternité » par la cour constitutionnelle, qu’il avait saisie fin 2018 tout comme l’agriculteur Cédric Herrou, condamné pour des faits similaires.

 

Et voici une mise à jour avec Brigitte Mannoni : Mercredi 19h45, la séance est levée ...

24 SEPT. 2020 — 

 

Il est 19h45, elle a commencé à 13h30


Ça a été dur, très lourd...


L’avocat général souhaite la condamnation. il a cherché à faire passer Pierre-Alain pour un militant. Et un militant connaît la loi et la loi c’est la loi et Pierre-Alain savait qu’il ne respectait pas la loi, voilà son argumentation qui a duré plus d’une heure.


Il demande 5 mois de prison avec sursis.


Pour la défense Pierre-Alain est un citoyen ordinaire qui s’est trouvé en présence de gens en souffrance ayant besoin d’aide . Maëva, son avocat, a été très bonne. Elle a relevé des anomalies dans le requisitoire de l’avocat général.


Pierre-Alain a été très solide, à la barre pendant 3 heures sans interruption. Plus des questions supplémentaires à la fin.


J’ai trouvé que le président de la cour cherchait à le coincer sur des petits détails, il coupait les cheveux en quatre dans la première partie de l’audience. Il paraissait plus humain pendant le réquisitoire du procureur. Ce dernier m’a fait frémir mais certaines personnes ont trouvé qu’il avait fait des erreurs.


Je suis incapable de tout comprendre dans ces démonstrations de haut vol des lois.


Mais je me suis dit en l’écoutant que respecter la loi de façon aussi dépourvue d’humanité et de fraternité mènerait à une société où je n’aurais pas envie de vivre.


Je n’aimerais pas le croiser. C’est de l’acier.


J’ai bien compris le sens de « raide comme la justice »! Oui vraiment très raide !


Suis nouée,


Le verdict sera rendu le 28 octobre à 13h30


....À suivre
 
Dans le meilleur des cas Pierre-Alain sera relaxé mais à mon avis le procureur ira en cassation. Il veut le faire condamner


Autrement si Pierre-Alain est condamné, c’est lui qui ira en cassation pour aller jusqu’à la cour européenne des droits de l’homme.


Donc on n’est pas sorti de l’auberge...


Ouf


Pas facile


Heureusement nous nous sentons vraiment bien soutenus par vos messages et ça aide bien


Merci merci

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