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  • : Michel Durand
  • enmanquedeglise
  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : musique voyages lecture art nature
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf

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Lundi 8 juin 2009

Jésus ne craint pas de se rendre dans une région mal famée.

Nous sommes dans le territoire de la Décapole, le long de la mer, sur sa rive orientale. Ce pays est celui des Gadaréniens (Mt) ou des Géraséniens (Mc) ou des Gerséniens (Luc), pays qui semble désigner toute la région à l'orient du lac de Tibériade comprenant la ville de Gérasa, bien que celle-ci soit fort éloignée. En tout cas, par rapport à la Galilée et à la Judée, c'est une terre étrangère. Marc montre que l'autorité de Jésus sur les démons s'exerce aussi en terre païenne.



Sur l'eau, peut-être au milieu de la mer (le lac), en pleine nuit, une tempête faillit faire sombrer la barque (Mc 4, 35-37). Les disciples embarqués (les Douze), se scandalisent de la désinvolture de Jésus. Tout le monde risque de périr et lui, il dort. Réveillé, il menace la mer et le vent tomba. « Qui donc est-il pour que même la mer et le vent lui obéissent ? » En Mc 1, 27 Jésus commande et ce sont les esprits impurs qui lui obéissent. Contre les éléments naturels déchaînés, type des forces d'opposition à Dieu, il n'y a que le pouvoir divin qui puisse se dresser efficacement.

« C'est toi (Dieu) qui maîtrises l'orgueil de la mer ; quand les vagues se soulèvent, c'est toi qui les apaises » (Ps 89,10).

Jésus est habité par cette puissance comme le prouve la rencontre de l'homme possédé d'un esprit impur.

Que faisait-il en ce lieu ?

Nous sommes hors des villes et il y a des grottes naturelles qui pouvaient servir de tombeaux, mais aussi d'abris. C'est le lieu des morts et des impurs où les hors-la-loi ne craignent pas de vivre. Rassemblement de ceux qui sont loin de Dieu.

« C'est un peuple qui me vexe, en face, sans arrêt : ils font des sacrifices dans des jardins, ils font fumer des aromates sur des briques, ils se tiennent dans des sépulcres, ils passent la nuit dans des grottes, ils mangent de la viande de porc, et leurs plats ne sont qu'un brouet d'ordures » (Is 65, 3-4).

Pour me permettre une comparaison avec les villes d'aujourd'hui, je parlerai d'une zone de  non-droit où la police n'ose pas s'aventurer, bidonvilles sous les ponts des autoroutes, Squat dans des immeubles inoccupés en attente de réhabilitation, campement sordide aux bords des banlieues (la Jungle). Jésus n'hésite pas à poser les pieds sur ces zones dangereuses où rien n'arrête le déferlement de la violence. Lire Marc 5,3ss.

Le démoniaque se prosterna devant Jésus, reconnaissant en lui la puissance du Créateur. Il accepte la domination irrésistible du Fils de Dieu. Comme Jésus n'est qu'avec les Douze, il n'impose pas le silence au possédé. Si les Douze ont du mal à comprendre, Jésus trouvera l'occasion de leur expliquer. Alors, le Fils du Dieu Très Haut libère l'Homme de l'esprit impur qui était Légion. La présence des porcs, animaux impurs où se réfugient les esprits impurs, augmente encore le caractère d'impureté de la région où se trouve Jésus.

 

Ce qui me marque particulièrement dans cet épisode (Marc 5, 1-20), qu'il est bon de relire encore en entier, c'est que Jésus sait très bien que la Loi lui interdit de s'approcher des gens qui sont marqués par de telles impuretés. Il n'hésite pas à le faire, car il est venu, envoyé par Dieu, non pour les bien portants, mais pour les malades. La miséricorde de Dieu se voit dans l'engagement dans l'engagement du Fils à se rendre en terre païenne, même chez ceux que les siens considèrent comme inabordables.

Contemplation

Suivez-moi dans ma charité.

Je regarde Jésus agir ainsi ; je le contemple pour obtenir la force, la grâce, d'en faire autant.

Ainsi soit-il.


Par Michel Durand - Publié dans : évangile - Communauté : Christianisme
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Dimanche 7 juin 2009
Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Samedi 6 juin 2009
Demain, assurément, nous voterons. Je sais que les catholiques pratiquants manifesteront (majoritairement) leur attachement au libéralisme, comme le disent les observateurs de la vie religieuse et politique. Et pourtant, les appels à profondément transformer le capitalisme se multiplient. On veut le moraliser, l'assainir tout en disant qu'on ne peut que le garder car il n'y a pas d'autres systèmes (voir ici).
Quelle force parlementaire permettra la rencontre de l'Homme dans son inaliénable dignité ?
Promouvoir au parlement des personnes qui n'affirment ne vouloir se situer que dans l'opposition, ne souhaitant pas être élu, quel avantage ? Il faut au contraire miser sur celles et ceux qui y siégeront. Mais si ces derniers ne voient qu'à travers un système économique foncièrement injuste et, selon eux, non révisable, quelle chance a-t-on d'ouvrir la porte de l'avenir ?  
On entend dire, à quelques semaines ( ? - semaines que l'on ne comptent plus) de la publication de l'encyclique "Caritas in veritate",  que « le juriste catholique allemand Ernst-Wolfgang Böckenförde, très estimé par le pape, veut que ce soit l'Eglise qui écrive le "manifeste" définitif contre le capitalisme, celui-ci devant être renversé depuis ses bases parce qu'il est inhumain ».
On en reparlera. En attendant, que mettre dans l'enveloppe pour dire le désir de ne pas être manipulé par l'économisme ?

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Samedi 6 juin 2009

de Jean-Marie Delthil, 16 mai 2009.


- Trois heures du matin ?!
- Oui, jour après jour, nuit après nuit, pendant des mois...
- Je n'ai pas bien saisi, vous aviez pourtant du travail, pourquoi tant vous amuser et vous    coucher si tard ?!
- Je crois, monsieur, que vous n'avez pas tout à fait saisi... J'étais en effet embauché en contrat d'insertion pour un an, mais je me levais, je me levais ! - je ne me couchais pas à trois heures du matin...
- [ ! ]
- ... pour écrire avant d'aller travailler - oui : je m'amusais alors vraiment ! - ... pour écrire un roman, un genre de tour du monde « politico-poétique », si vous me permettez l'expression.
Monsieur... Ces personnes en insertion, elles que l'on dit peu chanceuses, peu douées, et bien il arrive que certaines d'entre elles... que... oui, certaines d'entre-elles..., comment vous dire ?... ; comment vous expliquer ?...
Non ; restons-en là, monsieur, voulez-vous ?... je crois que...
- [ ! ? ]

Le monsieur est inventé, le reste est vrai.





Par Michel Durand - Publié dans : Témoignage - Communauté : Christianisme
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Jeudi 4 juin 2009

A Confluences nous avons exposé ses œuvres. Chaque rencontre était un plaisir. Je remercie Jacques de m'avoir communiqué ce témoignage.


Evaristo nous a quittés. Il est parti, entouré de tous les siens, après une longue et épuisante maladie. Il est parti et déjà il nous manque. Nous sommes désemparés devant le vide que son départ a créé, car son amitié chaleureuse et généreuse nous a accompagnés tout au long de nos chemins. Il nous a insufflé cet amour fraternel sans lequel la vie n'aurait pas de sens. Mais il nous laisse aussi en héritage son œuvre immense, intemporelle, pathétique.

Homme passionné, ami des poètes, éveilleur  d'âmes, il était un infatigable quêteur d'infini et chercheur d'absolu. Je cite ici ses propres mots : «  Il ne faut jamais renoncer. On peut douter, mais renoncer, jamais ! La vie est dure et épineuse, et pour qu'elle devienne supportable, il faut avoir de la patience, travailler et aimer. » Et  il aimait reprendre ce précepte de St Benoît : Ora et labora.

Que de joie il nous lègue, lui qui aimait tant la vie, malgré les blessures endurées dès l'enfance et les luttes harassantes pour le pain quotidien. Immigré espagnol à l'âge de seize ans, dépouillé de tout, Evaristo termine son errance ici à Saint-Fons pour reconstruire son existence. Quand on a tout perdu, il reste encore l'amour. Son rire dévastateur, sorti des profondeurs de son être, nous enchantait mais pouvait tromper car il masquait parfois son inquiétude et ses angoisses.

« Je ramène tout dans le monde angoissé qui ronge mon âme » a-t-il écrit.

Evaristo a toujours lutté. Jusqu'au terme de sa vie malgré les affres de la maladie. Il nous a enseigné avec la délicatesse qui le caractérisait et le témoignage  de sa vie d'homme l'amour du travail et du combat.

«  Notre vie est un combat, un rêve dans l'immensité d'un monde sans fin. Grâce nous a été donnée de sentir les pulsations profondes et occultes de ce grand mystère qu'est la vie. Et sans notre inquiétude notre vie serait un désert. »


Il demeure  -et demeurera toujours-  un artiste unique, incomparable, vrai, en communion constante avec la nature qu'il a fait vibrer dans ses forces de vie et avec les êtres en souffrance, présents ou passés, dans  une compassion qui l'étreignait au point d'en perdre le sommeil.

Il n'a jamais esquivé l'idée et la réalité de  la mort. Elle est présente dans toute son œuvre, vécue non comme une fatalité paralysante mais comme une composante de notre destinée. Nous naissons et nous mourrons. Ainsi en est-il sur cette terre.

Je le cite encore : «  La vie, notre vie, est un présent que Dieu nous a donné et  nous savons qu'un jour il peut -et c'est naturel- nous l'enlever. Rien n'est éternel pour nous les hommes ».

Au-delà de sa disparition, son regard malicieux et son sourire empreint de bonté n'ont pas fini de nous interpeller pour nous aider à poursuivre notre route avant de le rejoindre. Heureux sommes nous d'avoir pu le rencontrer et l'aimer.

 

Jacques Dugelay

4 mai 2009

 

Par Michel Durand - Publié dans : Art - Communauté : Christianisme
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