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  • Michel Durand
  • En manque d'Eglise
  • Homme
  • 31/01/1942
  • France Lyon
  • musique art voyages nature lecture
  • Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf

Communautés

Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /2010 19:16

Il y a longtemps que je n'ai pas publié ces textes qui datent de plus de 30 ans .

Il me faut le faire cet été.

Nous les retrouvons tous dans la catégorie : "Il y trente années... "

 

Je m'en fus à Malville 77 et je pense me rendre sur les plateaux du Larzac, " la Mecque des écologistes ", titrent les journaux.

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Je suis arrivé à rejoindre Die , à travers les barrages de police, où j'ai prié avec la famille et les amis, très nombreux, proches et lointains, inconnus mêmes, de Vital Micha1on, mort à Malville sous l'explosion d'une grenade.

Que de questions sont posées puissant et pesant ! Que l'écrasement semble lourd,

Marche non-violente offensive. Marche silencieuse. Sit-in, Marche non-violente. Grève de la faim… La communauté chrétienne, l'Eglise, le peuple gardera-t-il le silence ? Ce n'est pas précisément au nucléaire que « cette croisade de jeunes » s'attaque, c'est à une manière de vivre, c'est à une forme de croissance.

En fait, il est bien que l'Eglise officielle ne dise rien. Par qui sa parole, ses discours seraient-ils entendus ? Mieux vaut agir. Comment ? Voilà le problème.

Je renouvelle l'appel que j'ai déjà formulé : qu'une concertation s'établisse ; qu'on ne dise plus, comme le font certains syndicats, « çà ne nous concerne pas car les ouvriers ne comprendraient pas ». Au contraire, que l'on cherche à savoir, à connaître de l'intérieur les divers éléments de ces mouvements. Il est impossible de nous satisfaire ou de nous donner bonne conscience grâce à quelques prises de positions favorables aux contestataires. Je crains par exemple que l'office eucharistique et funèbre de Die n'incite pas à une action ultérieure. L'espérance chrétienne y était merveilleusement exprimée ; le sens de la nouvelle société désirée nettement tracé… Ne va-t-on pas en rester là ?

Seul l'amour peut nous sauver. Seul l'amour peut donner au monde la chaleur qui lui manque. Comme le criait un jeune dans son mégaphone, près de Faverges, à quelques kilomètres de la centrale nucléaire :  « Restons bien ensemble, les flics chargent, çà pleut fort, mais on s'en fout parce qu'on s'aime beaucoup ». Et la foule hurla son adhésion.

A suivre

Par Michel Durand - Publié dans : Il y a 30 années... - Communauté : Christianisme
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /2010 22:04

la musique ici s’élève mieux, elle vibre contre l’écorce, contre le bois élevé vers le ciel, tout près de nous…

 

MUSIQUE.jpg

 

Les trams de Grenoble sont étonnants, certes – mais les bus le sont aussi… hier autour de quatorze heures, ligne 3, celle qui dessert entre autre le CHS de Saint-Égrève – l’Hôpital psychiatrique, pour les connaisseurs… deux copains se rencontrent, ils blaguent, ils rigolent, une toute petite vielle dame est là assise à côté d’eux, elle souhaiterait disparaître en dessous de son siège, je pense à la coquille de l’escargot ; bref, dans la jubilation des retrouvailles, l’un des deux compères sort de son sac une flûte, et le voilà qui pousse à tue-tête une Marseillaise éraillée, déjantée et vaguement monocorde, un hymne en l’occurrence, joyeusement massacré, dont même Monsieur Sarkozy souhaiterait se détourner, je pense… c’est l’éclate dans le bus, tout du moins la bonne humeur et la surprise… nous filons toujours vers le nord… ‘Pont de Vence’…, ‘Saint-Égrève Mairie’ : les deux acolytes descendent…, ‘La Pinéa’, c’est moi qui descends : je vais aller rendre visite à un ami qui se trouve pour une semaine en séquentiel à l’Hôpital de Saint-Égrève… je passe le porche un peu pompeux…, le bassin et sa grenouille est là qui crache son eau chuintante et glougloutante ; devant-moi, au loin : un groupe de trois personnes, deux hommes, une femme, de la musique aussi, je reconnais un saxophone, un saxophone ténor – j’en ai un , je sais de quoi je parle… ce groupe marche lentement, l’un des deux hommes joue de son instrument, c’est beau, c’est bon, c’est grave et c’est soyeux… je les rattrape sans aucune difficulté – « Bonjour, c’est beau… », le musicien : – « Bonjour ; merci… », puis nous parlons un peu technique, l’instrument que cet homme a entre les mains se trouve être un Selmer, c'est-à-dire pas n’importe quoi… un Selmer assez ancien, une production d’avant les Super Action II, etc. de plus, il est équipé d’un bec métal, ce qui n’enlève rien à l’affaire… l’homme tout en marchant lâche un chapelet de notes colorées, on entend le souffle vibrant, tremblant en fin de parcours, ce son puissant inonde une bonne part du parc de l’Hôpital – and it’s so good, of course… c’est si bon… La femme qui est avec nous se trouve être une infirmière, elle sourit, elle est heureuse d’être là, elle avoue ne pas y connaître grand choses à ce genre d’instrument, mais, oui, elle est bien, ici ; en voyant ces soignants – des soignantes, en l’occurrence, pour la plupart des cas – je pense toujours, ou bien souvent, à de petites âmes gracieuses, gardiennes et bien intentionnées de personnes en souffrance, en manque de repères… – et c’est très beau, léger et lumineux … des silhouettes blanches… un peu de bleu jeté sur leurs épaules… c’est merveilleux… ; bref, l’homme cherche un endroit tranquille, et ce n’est pas ce qui manque dans ce grand et beau jardin du CHR de Saint-Égrève… ils prennent sur la gauche, je les laisse – « Au revoir… », – « Au revoir… », et me voilà parti vers le fond du parc pour aller rencontrer mon ami, il se trouve dans un pavillon fermé, à l’accès réglementé. Un infirmier se tient à la porte d’entrée, je lui demande l’autorisation de rencontrer mon copain… il vérifie le protocole qui le concerne : il peut sortir, pas de problème, mais pas de l’enceinte de l’hôpital – ok , le musicien n’en sort pas non plus, il joue toujours, nous le rejoignons… la musique monte telle une colonne, torsadée, fragile et bien construite, agencée, l’homme est beau, calme et tranquille – serein ; au bout d’un moment, l’infirmière se retire sur la pointe des pieds, elle raccompagne le monsieur qui était avec elle ; un autre pensionnaire se joint maintenant à nous, il a le sourire aux lèvres… nous admirons, le plaisir des yeux et des oreilles… – « C’est un peu comme de la musique indienne, je travaille sur un gamme, j’improvise ; la technique en elle-même ne m’intéresse pas tellement… », et il improvise bien, notre musicien, souplement, plutôt dans le registre des graves – moi qui était venu, entres autres ici, pour rencontrer et écouter mon ami admis pour une semaine, nous voilà finalement là qui écoutons un autre, un autre homme, une autre personne, qui joue de la musique… ; au bout d’un moment, je demande au musicien, par avance un peu inquiet de sa réponse – « Excusez-moi, je ne pourrais pas faire une photo, là, de votre instrument ?... », – « Oui, si vous voulez ; comme çà ? »,  – « … Avec-vous dessus ?! ça ne vous dérange pas ?... », – « Non, pas du tout… » – « Oh oui alors : parfait !… », – « Attendez ; le grillage du cours de tennis, derrière, ce n’est pas terrible…, là-bas, il y a des arbres : ce sera mieux, je pense… », nous y allons…, et quels arbres ! des immenses cèdres, des pattes d’éléphants… notre musicien reprend tout naturellement la dépose des notes, je déclenche avec bonheur, une fois, deux fois, trois fois… ; la musique ici s’élève mieux, elle vibre contre l’écorce, contre le bois élevé vers le ciel, tout près de nous… Une flûte dans un bus ou un sax au pied d’un arbre : c’est encore et finalement la même chose, la même histoire, quand c’est joué avec bonheur et cœur, et quand c’est entendu aussi, écouté par des âmes sensibles… Puis l’heure vient de rentrer, pour lui, pour notre musicien… l’heure de regagner son pavillon… il a droit à une heure, nous parlons encore musique et saxophone… je lui fais part de mon souvenir de Vienne, d’un concert de Jazz à Vienne qui doit bien remonter à 16 ou 17 ans, je pense… Sonny Rollins,  Sonny Rollins au pied des gradins, immense silhouette, colosse aux pieds d’argile, et pourtant la puissance du son : un genre de monument, en vérité ! et beaucoup de finesse aussi, de doigté – un émerveillement pour moi, comme un éclair, une petite illumination… la force de la vie qui ignore les années… qui les passent comme au-dessus d’une barrière ; ce n’est pas rien, ça, c’est une chose qu’on n’oublie pas… enfin, je lui parle de ça, de ce souvenir, à ce musicien providentiel des grands arbres rugueux tout lancés vers le ciel… – « Au revoir, à bientôt ; bon courage pour vos soins… », – « Au revoir, Merci ; merci de m’avoir écouté... » ; tout le plaisir a été pour nous…, puis nous nous séparons. Je me retrouve maintenant seul avec l’ami pour lequel j’avais fait le voyage, le déplacement : un musicien, lui aussi ; et nous ne restons pas longtemps seuls d’ailleurs, nous passons en effet au foyer pour aller boire un pot, un copain de l’ami est là ; je ne le connais pas, il me salue – « Bonjour ! Vous, vous avez la tête d’un musicien, vous savez… », – « Oui, c’est vrai, j’en sui un… » ; décidemment, on n’en sort pas, on n’en sort pas de la musique, de cette musique…, – « Et vous aussi, vous êtes musicien ? », – « Oui, je suis guitariste ; je joue de la guitare électrique », ohhhw… quelle journée ! rien que de la musique, encore de la musique, toujours de la musique… ; nous avalons nos jus ; enfin, l’heure est venue de nous séparer les uns les autres, et la musique de nos vies reste encore à écrire, plus ou moins – et plutôt plus que moins, d’ailleurs, ici, ailleurs ; isn’t it ?...

 

 

Jean-Marie Delthil. 11 avril 2010.    

Par Michel Durand - Publié dans : J. M. Delthil - Communauté : Christianisme
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /2010 18:27

Vue de la banlieue :

Ne vaudrait-il pas mieux, sans s’appesantir sur le passé,

mettre en avant le message fondamental de l’Évangile

qui est l’amour de toutes et de tous ?


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Je me trouvais avant hier avec Mathieu Lours qui m’a demandé de l’accompagner comme coauteur pour la rédaction d’un livre « Lyon sacré ». Cet ouvrage sera (presque) totalement exhaustif. À paraître en octobre. Les bâtiments religieux y sont décrits et photographiés.

La grande nouveauté de ce « guide » réside dans la présence des lieux de culte des banlieues du Grand Lyon. Généralement, les éditeurs publient sur les églises historiques afin de répondre à une attente des visiteurs. Mais là, Mathieu Lours, peut-être parce qu’ayant vécu et vivant en banlieue, a voulu parler des périphéries. Alors, même les églises, synagogues et mosquées du XXe siècle (et du XXIe) sont présentes. C’est la partie qu’il m’a confiée.

Mathieu Lours a récemment publié sa thèse : « L'autre temps des cathédrales - Du concile de Trente à la Révolution française », juin 2010. Également « Dictionnaire des cathédrales », photographies de Patrice Yakan, janvier 2009, dont j’ai déjà parlé dans ce blogue .

Mathieu Lours habite vers Sarcelles (Val-d’Oise). Il y a passé son enfance, semble-t-il. Et, si je ne me trompe pas de personne il fut reçu à France Inter, un vendredi 1er janvier 2010, par Florent Chatain pour évoquer quelques drôleries de son ouvrage "Les Perles de l'Education Nationale" : «“Je souhaite vivement vous rencontrer pour savoir pourquoi mon fils vous déteste autant". Les parents sont incorrigibles... mais tellement touchants lorsqu'ils s'échinent à défendre leurs rejetons, surtout quand " le RER s'est trompé de direction". Des boulettes, des bourdes et des lapsus, c'est tout un inventaire " Allah-Prévert " que nous distille cette année encore Mathieu Lours, prof-de-banlieue-et-qui-entend-bien-le-rester. Il a choisi de récolter et de réunir avec humour ces perles, anachronismes et réparties cinglantes, que ses collègues, ses élèves et leurs parents lui ont transmises au cours de l'année. Il nous donne à revisiter une loufoque histoire du monde et à rire des petits tracas du quotidien. Une chose est sûre : rien ne tourne plus rond sur la planète du système scolaire. »

L’échange que nous avons eu me montre qu’il a une vision de l’Église bien différente de ce que nous vivons en centre-ville. Un christianisme musclé qui ne se contente pas du religieusement correcte veut affirmer sa foi en Christ et n’accepte pas un repentir culpabilisant qui fait courber le chrétien sous tous les péchés d’injustice du monde entier. Enfin, il serait préférable qu’il s’exprime lui-même sur ce sujet. Ai-je raison de lui attribuer ce propos ? -  : « Pour se faire accepter de tous, certains catholiques abandonnent les exigences de l'annonce de l'Évangile »

Je l’ai écouté en pensant à l’accueil des étrangers que nous essayons, notamment avec les cercles de silence, de promouvoir. Souvent, nous nous autoaccusons de péchés colonialistes. Les lois injustes d’exclusions dépendent de notre volonté européenne de puissance. Ne vaudrait-il pas mieux, sans s’appesantir sur le passé, mettre en avant le message fondamental de l’Évangile qui est l’amour de toutes et de tous ? Alors, dans ce cas, luttons contre toutes les formes de discrimination. Le Français qui, parce que marié avec une Marocaine, est obligé de devenir musulman pour être reçu dans la famille, n’est-ce pas une atteinte à la liberté religieuse ? Il dira que cela ne le touche pas profondément puisqu’il croit à peine en Dieu. N’empêche qu’il fera circoncire ses fils dans la loi islamique. Subira-t-il lui-même la circoncision ?

Vu d’un centre-ville ou d’une banlieue, concrètement, l’esprit de tolérance semble ne pas résonner de la même façon.

« Après avoir fini notre travail, qui, vous en doutez, n’avait rien à voir avec cet échange, j’ai lu les nouvelles du jour dans « La Croix », lundi 19/07/2010 : MAROC. « Huit chrétiens étrangers expulsés début juillet. Huit chrétiens étrangers (deux Français, deux Suisses, une Espagnole et une Libanaise - toutes deux mariées à des Marocains -, un Égyptien et un Nigérian) ont été expulsés du Maroc début juillet. L'association Portes ouvertes, qui défend les chrétiens dans le monde, dénonce une « épuration religieuse », et accuse la police marocaine de « séparer les couples binationaux en chassant des épouses étrangères de Marocains, en dépit de leur situation régulière ». Depuis le début de l'année, 130 chrétiens étrangers, en majorité protestants, ont été déclarés reconduits aux frontières ».

 

Tolérance ?

Nous sommes bien loin de pouvoir vivre ensemble comme les frères et sœurs que nous sommes fondamentalement. Et, c’est l’appartenance religieuse qui divise !

Quand je regarde les problèmes des « sans-papiers», je me dis que nous devrions pouvoir passer librement les frontières. Un Algérien par désir de liberté intellectuelle, personnelle et spirituelle devrait pouvoir vivre en France, en Europe sans problème. Mais, dans ce cas, je devrais aussi pouvoir vivre en Algérie. Or, l’on voit toutes les difficultés  que des religieux, hommes ou femmes, rencontrent pour obtenir un visa afin d’y vivre durablement. Quand je dis que j’aimerais bien acheté, une maison d’oasis dans la palmerai de Béni Isguen (M’Zab) tous les Algériens me disent que cela ne sera pas permis.

Et au Maroc, les couples mixtes sont séparés par des reconduites à la frontière. On ne peut interroger le droit français ou européen parce qu’il s’oppose aux droits universels de l’homme, sans questionner efficacement, les manquements aux droits de tous les pays.

Je pense, comme je le disais dans une homélie récente, que les baptisés conscients de leur baptême au nom du Christ, devraient porter sur leur peau, dans leur peau la tolérance et l’accueil de tout étranger, de toute personne différente (il n’y a plus ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme… mais des frères) au point d’y laisser leur peau. C’est beaucoup demandé ! Mais, quel moyen avons-nous d’interroger les lois discriminatoires de tous les gouvernements ?

Par Michel Durand - Publié dans : Anthropologie - Communauté : Christianisme
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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 19:47

Ils se tiennent toujours. Certes, moins nombreux. Mais ils sont !

Appel permanent à la conscience citoyenne.

 

2010-0316.jpg

à Lyon le 14 juillet 2010

Voici un joli témoignage :

Petit cercle curieux mais pas inintéressant. 18h, je suis seul et décide de m’installer au centre du marché, lui-même organisé en un grand cercle sur la place. 18h05, arrive une régulière, puis 18h10 une autre. Nous voilà trois, insuffisant pour déployer la banderole. Deux autres personnes arrivent et nous déployons la banderole. Nous ne dépasserons pas ce nombre de cinq. Difficile de garder le cercle formé et de partir distribuer des tracts. Beaucoup de touristes, en Provence, l’été, avec un marché de producteurs locaux, c’est normal. Beaucoup prennent le temps de lire les panneaux, nous disent connaître parce que cela se fait chez eux. En général, l’accueil est chaleureux mais pas plus engagé. J’avais remplacé la lanterne par un bouquet de fleurs des champs et un producteur est venu y ajouter un magnifique bouquet de soucis, sympa, non ? On se raccroche à ces petits signes encourageants comme celui qui, après avoir lu les panneaux, lève le pouce pour nous signifier son approbation.

Allons, gardons courage et foi !

Pierre Rey de Forcalquier (04)

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Par Michel Durand - Publié dans : Politique
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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /2010 22:23

Dans la ligne des articles de la semaine dernière, je place avec plaisir cet article qui montre bien la détermination de citoyens chrétiens.

La Vie - 17 juin 2010

Ce député UMP, qui avait fait changer d'avis Nicolas Sarkozy sur la doubble peine, critique les projets du gouvernement sur l'immigration au nom de sa foi chrétiennl

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Le député a demandé la création d'un comité d'audit de la politique d'immigration française

« Nous allons connaître la cinquième réforme du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en sept ans ! C'est un aveu d'échec. » Celui qui assène si tranquillement des propos aussi critiques sur la politique d'immigration française appartient pourtant à la majorité présidentielle. Mais Étienne Pinte, 71 ans, député UMP des Yvelines, a la réputation d'un franc-tireur. D'un homme qui préfère rester fidèle à ses convictions plutôt qu'obéir à la discipline majoritaire. Aujourd'hui, il s'inquiète du projet de loi élaboré par le ministre de l'Immigration, Éric Besson, qui sera examiné par les députés le 27 septembre. Le texte prévoit d'allonger la durée maximale de placement en centre de rétention (de 32 à 45 jours), de multiplier les « zones d'attente », où les étrangers en situation irrégulière sont privés de tout droit, ou de créer une mesure d' « interdiction de retour ». « 84 articles pour restreindre une nouvelle fois le droit d'asile ! », dénonce le député de Versailles.

Le 4 mai, Étienne Pinte a franchi un pas de plus en appelant à la création d'un « comité d'audit de la politique d'immigration française » aux côtés d'une vingtaine de députés, sénateurs et eurodéputés d'opposition. « Ne convient-il pas de demander des comptes à la politique d'immigration et de l'évaluer à l'aune de ses résultats ? », interrogent ces parlementaires, parmi lesquels Sandrine Mazetier (PS), Martine Billard (Parti de gauche), Noël Mamère (Verts), Jean-Luc Bennahmias (MoDem), mais aussi une autre élue UMP, Françoise Hostalier, députée du Nord très sensible à la situation des migrants dans le Calaisis (ces deux élus UMP ont été rejoints depuis par Marie-Anne Montchamp, députée villepiniste du Val-de-Marne). « Étienne Pinte a l'expérience de ce type de travail entre élus de tous bords, puisqu'il l'a déjà fait sur le statut des intermittents. Quand il parle, on l'écoute avec intérêt et respect ! », confie la socialiste Sandrine Mazetier. Ce travail, qui n'a pas le statut officiel d'une commission parlementaire, s'appuiera quand même sur des auditions publiques d'experts, qui démarreront le 24 juin à l'Assemblée.

 

« Depuis l'enfance, j'ai été, je suis et je serai toujours aux côtés des étrangers, des réfugiés et des migrants », lançait déjà en avril 2009 le député UMP à l'Assemblée. Arrière-grand-parents polonais, grand-mère paternelle irlandaise, père belge... Étienne Pinte a lui-même connu le mélange des origines. Ses parents, gaullistes dans l'âme, furent des résistants de la première heure. Poursuivie par la Gestapo en Belgique, la famille réfugia en France, où elle fut recueil par des républicains espagnols, el mêmes réfugiés de guerre. « Ayant vécu ce que vivent aujourd'hui les migrants et les réfugiés, je suis forcément de leur côté. »

À l'été 1996, alors qu'il est maire Versailles depuis un an, Étienne Pinte apprend l'occupation de cathédrale Saint-Louis par une douzaine de sans-papiers, représentant 130 familles qui demandent leur régularisation. « Avec l'évêque, nous nous sommes aperçus que les services préfectoraux n'appliquaient pas les textes du ministère de l'Intérieur. En 15jours, nous avons pu faire régulariser 120 familles ! »  Il découvre u double réalité : celle de familles intégrées mais toujours en situation précaire ; celle des services de l'État qu'il faut sans cesse rappeler aux textes. À partir de là, il se fixe une ligne de conduite permanente : « On ne sépare pas une femme de son mari ou de son compagnon, et on ne sépare pas des enfants de leur père. Sinon, en fait des veuves sociales ou des orphelins sociaux ... »


C'est la découverte de situation personnelles qui l'a fait évoluer . « Avant 1990, je ne savais pas ce qu'était un sans-papiers. Et, avant 2002, j'ignorais tout de la double peine (ndlr, expulsion d'un délinquant étranger après sa sortie prison). » Il découvre le cas de Cherif Bouchelaleg, jeune Algérien libéré en 2002, après cinq ans d'emprisonnement pour une série de délits. Nicolas Sarkozy, alors tout frais ministre de l'Intérieur, prend un arrêté d'expulsion contre lui. « En expulsant cet homme, une famille six enfants serait brisée », écrit le député au ministre de l'Intérieur. Car l'Algérien, marié à une Française, a six enfants d'elle. Une « partie de bras de fer » s'engage entre Étienne Pinte et Nicolas Sarkozy. Jusqu'à ce que ce dernier, après avoir annulé l'expulsion de Bouchelaleg, finisse par abolir la double peine. « Je lui en garde une reconnaissance éternelle. Il a fait ce que les socialistes n'avaient pas osé avant lui. »

Une reconnaissance qui ne l'empêche pas d'être vigilant sur la politique d'immigration mise en place après l'accession de son mentor à l'Élysée.

« Les deux tiers des Français sont favorables à la régularisation des salariés sans papiers»

Dès septembre 2007, il publie dans Libération une tribune où il critique les objectifs chiffrés de reconduite à la frontière, qui donnent « l'impression que l'on exerce une chasse à l'homme ». Et de conclure : « Quelles que soient nos convictions, nous pouvons nous retrouver autour de la parole qui traverse les temps : “J'étais un étranger, et tu m'as accueilli”. » C'est au nom de sa foi chrétienne qu'il revendique un regard différent sur l'immigration. C'est aussi elle qui lui donne « des raisons d'espérer » quand ses positions lui causent un certain isolement. Il voit d'abord d'un bon œil la nomination d'Éric Besson comme ministre de l'Immigration. « Il s'est rendu dans la ''jungle", ce que n'avait pas fait Hortefeux. » Jusqu'à ce jour d'octobre 2009, où la rumeur circule que Besson va renvoyer par avion trois Afghans de Calais. « Toute la journée, j'ai calmé les gens en expliquant que j'avais sa parole qu'il n'en ferait rien. Jusqu'à découvrir, en apprenant l'expulsion, qu'il m'avait roulé dans la farine ! » Depuis, il n'y a plus de contact direct entre le député et le ministre.

 

Tout n'est pas négatif à ses yeux dans la politique gouvernementale de l'immigration, qui lui semble « équilibrée » entre volonté de maîtrise et ouverture. « Avec 174 000 migrants accueillis en 2009, plus de 100 000 nationalisés et un tiers des demandeurs d'asile qui obtiennent le statut de réfugiés, on ne peut pas accuser la France de ne plus être ouverte à l'immigration. Mais on préfère communiquer sur les 30 000 reconduites à la frontière ! » Calcul électoraliste du gouvernement ? Peut-être, mais à courte vue. Car « l'opinion publique est en train de bouger. Les deux tiers des Français sont favorables à la régularisation des salariés sans papiers. »

 

S'il reste partisan de régularisations « au cas par cas  », Étienne Pinte juge que les critères doivent être précisés et élargis : « Certains travaillent ici depuis vingt ans, paient des cotisations, ont femme et enfants ici : c'est évident qu'ils doivent être régularisés ! » Il a ainsi accepté l'invitation de la députée communiste Jacqueline Fraysse à signer un texte appelant le gouvernement à reprendre la négociation avec les 6 000 travailleurs sans papiers en grève depuis huit mois. Et, à Versailles, il s'est engagé, auprès de dizaines de migrants qui réclament leur titre de séjour, à intervenir en leur faveur auprès de la préfecture : « Je ne peux pas tenir un discours et ne pas en assumer les conséquences sur le terrain ... »

 

PHILIPPE MERLANT

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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