Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Profil

  • : Michel Durand
  • enmanquedeglise
  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir travaillé comme serveur de restaurant tout en étant au service d'une paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Là, je me suis beaucoup intéressés à l'art contemporain tout en enseignant l'iconographie chrétienne. Cela m'a donné l'occasion, dans le cadre des loisirs culturels, d'organiser de nombreuses expositions. Avec des amis, nous avons ouvert une galerie d'art dans le Vieux-Lyon, Confluences - 20 années de présence. Ces activités […]

Communautés

Jeudi 10 avril 2008

On me transmet ce texte : La mort d'un homme, par Marie Vermillard

Le  Monde | 07.04.08 | 10h22


T
errible

La réalisatrice Marie Vermillard se trouvait, vendredi 4 avril à Joinville-le-Pont, sur les lieux où un Malien sans-papiers est mort en se jetant dans la Marne pour échapper à un contrôle de police. Elle raconte au Monde ce qu'elle a vu.

 

Il y avait du soleil lorsque je suis sortie du RER, j'ai traversé la rue. Le trajet est agréable pour aller au laboratoire de cinéma de GTC : on descend l'avenue, on passe le pont sur la Marne, un peu d'eau, de douceur, tout près de Paris.

J'ai été légèrement bousculée par un jeune homme, une allure d'adolescent, il courait comme un fou; j'ai entendu une voix hurler : "Arrêtez-le ! Police !!! Arrêtez-le !" Le jeune homme était alors au niveau d'un vieil homme qui l'a laissé passer sans pouvoir réagir. Deux policiers en civil m'ont alors dépassée ; eux aussi couraient comme des dératés.

J'ai vu le jeune homme dévaler l'avenue, les deux policiers derrière lui. Je me suis dit que lorsqu'on est poursuivi on trouve dans son corps toute l'énergie pour aller vite, qu'on est irrattrapable, et pourtant les policiers ne ménageaient pas leur peine.

Je me suis demandé ce qu'il avait fait, agression, trafic de drogue ? Le jeune homme a tourné à gauche avant le pont. Les policiers épuisés ont ralenti. Je me suis dit qu'il avait gagné, leur avait échappé.
Le vieux monsieur est arrivé à mon niveau, il m'a dit :  "C'est à vous qu'il a volé quelque chose ?" Il se sentait un peu coupable de ne pas avoir intercepté le jeune homme. J'ai dit que non, que je ne savais pas de quoi il s'agissait.

J'ai regardé à nouveau en bas de l'avenue. Un des policiers montait à l'arrière d'un scooter qu'il paraissait avoir intercepté, le scooter est parti et a disparu dans la direction qu'avait prise le jeune homme. L'autre policier est resté au niveau du pont et regardait dans cette direction.

J'ai descendu l'avenue jusqu'au pont. Le policier était sur le pont lui aussi, il avait une oreillette et regardait l'eau au loin. Je voyais à une centaine de mètres le policier du scooter qui scrutait l'eau et les environs. J'ai ralenti, moi aussi j'ai regardé, je n'ai rien vu. Je me disais que si le jeune homme était dans l'eau, je le verrais, qu'il n'avait pas eu le temps de traverser à la nage le bras de la rivière.

J'ai pensé qu'il était peut-être parti de l'autre côté ou bien qu'il se cachait quelque part le long de la rive. Le policier, sur le pont, regardait aussi, puis il regardait son collègue, petit sur la rive. Un autre homme avait rejoint le policier au loin. J'ai attendu une minute ou deux, rien ne se passait. Alors j'ai continué ma route en me disant qu'il avait réussi à s'échapper.

Ce soir, je lis sur le Net :  "Mort d'un sans-papiers poursuivi par la police." L'information dit qu'il a 29 ans, est malien, qu'après un contrôle dans le RER il a fui, s'est jeté dans la Marne et a fait un arrêt cardiaque. Il est mort à l'hôpital peu de temps après son admission.

J'ai envie de vomir. La mort d'un homme pour ça ? Cette poursuite démente pour un homme qui court et n'a rien fait ? Pas un criminel, même pas un petit délit de vol à la tire, non, juste un homme qui court parce qu'il n'a pas de papiers et vient mourir dans cette rivière de la banlieue parisienne.

Que se serait-il passé sans cet acharnement, sans ce scooter ? Le policier sur le pont était d'origine étrangère ; qu'est-ce que ça lui fait de vivre avec ce moment-là dans la tête, de savoir que cette course acharnée a tué un homme ? Ces deux policiers si convaincus sont les artisans zélés d'ordres terrifiants.

Quelque part en haut, dans la sphère politique, quelqu'un a déclaré une guerre impitoyable à ces hommes et ces femmes venus de loin pour essayer de vivre ici un peu mieux.

D'autres hommes prennent le relais, décident de stratégies policières, de mesures à prendre pour lancer la chasse à l'homme et l'exclusion du territoire. Au bout de la chaîne, deux policiers courent sans savoir après qui, ni pourquoi, juste parce qu'un jeune homme court et qu'il est présumé sans papiers.

C'est insupportable, et nous le supportons.


 Marie Vermillard est réalisatrice

 

 
par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 9 avril 2008

Quête d'absolu dans les romans contemporains


Il serait également fort intéressant de relever dans les romans édités ces dernières années, tout ce que l'on rencontre comme recherche de l'Absolu, quête du transcendantal. L'an passé, au cours des vacances d'été, j'ai remarqué combien était constante la pensée de Dieu dans l'esprit de romanciers, dont j'ai hélas oublié les noms. Certains le nomment Esprit, Force, Transcendance, Tout Autre... tous soulignent le besoin métaphysique, la soif d'absolu de notre société. Dans cet esprit, Bernard-Henri Lévy, bien qu'athée, reprend une affirmation usuelle dans notre Église : après avoir tué Dieu, on tue l'homme. Je crois que le Cardinal Marty a fait un discours ou une homélie sur ce sujet.


avec des étudiants et le prêtre de l'aumônerie
catholique de Trève (Allemagne)
1978




Bernard-Henri Lévy traite donc du crépuscule des dieux et du crépuscule des hommes disant, entre autres, que c'est la première fois dans notre histoire que les hommes se passent d'une référence au divin. Dans le domaine du pouvoir, pouvoir inévitable, - pourquoi y a-t-il du pouvoir plutôt que rien ? - le Prince, l'Etat totalitaire n'aura même plus un Tout Autre auquel, en conscience, il devra se référer. Il se prend pour le souverain ultime.

Louis XIV n'a jamais osé parler comme le grand timonier ou comme Mussolini ! Quelle sera alors la place laissée l'homme ? Jusqu'où sa raison, sa volonté doivent-elles se plier à la raison d'État, au bon vouloir plénipotentiaire du gouvernement ou de son administration ?

Nous retrouvons ce même phénomène dans les grandes entreprises industrielles. Le cadre qui veut s'assurer d'une belle carrière ne se voit-il pas contraint d'épouser « l'esprit-maison » ? « M'Enfin », comme dirait Gaston Lagaffe, que ferait le gouverné sans la toute-puissance du gouvernant, puissance infaillible du supérieur ? Que ferait une « maison », sans label imprimé dans les consciences comme dans le comportement ? Jeune cadre dynamique, made in U.S.A. via France !

Que d'interrogations et d'exclamations ! N'est-ce pas susceptible de me faire, de nous faire réfléchir ? Et encore, juste il la fin de « Barbarie à visage humain », cette affirmation : « Je n'ignore bien sûr pas que Dieu est mort depuis Nietzsche: mais, je crois aux vertus d'un spiritualisme athée face il la veulerie et il la résignation contemporaines »... « Je crois que sans une certaine idée de l'homme, l'État a tôt fait de céder aux vertiges du fascisme ordinaire ».

Il se peut fort bien que ce que je suppose énoncé clairement ne le soit pas du tout. Il n'est pas toujours facile de monnayer sa pensée, de choisir les mots, les expressions, les références, les exemples susceptibles de communiquer il autrui la substantielle moelle de sa réflexion. De plus, pourquoi écrire tout cela ? Tout le monde est déjà au courant de ces tendances et réalités. Je ne sais pas vraiment ce que je peux attendre d'une telle littérature ? Est-ce le besoin de parler ? De se découvrir ? De s'épancher ?

Ou bien l'espoir, plus positif, de créer un dialogue, voire même de lancer des questions au sein des communautés chrétiennes - ce qui ouvrirait un vaste débat ? Mais n'est-ce pas déjà fait ? Et à quoi débattre sert-il, pensent certains ? Pour ce que nos réunions générales sont efficaces !

Enfin, je ne peux pas agiter des idées, seulement pour le plaisir.

Je pense surtout que la gratuité d'un témoignage - je témoigne d'une partie de moi-même, - peut avoir quelque chose de beau dans sa gratuité. De plus, ne suis-je pas, par mes propres paroles, logiquement invité à transcender chacun des chapitres que j'écris, chaque point et virgule que je trace et qui, s'ils occupent peu de place dans l'espace et le temps, n'en sont pas moins indispensables à la compréhension de l'ensemble d'une pensée ?


Pour introduire la réflexion suivante, une page tirée du Mal Français, d'A. Peyrefitte : « les tabous économiques », se montre pleine d'intérêt. La moyenâgeuse Église catholique s'avère être contre le progrès

«  Cette maladie du sommeil dont l'Europe Latine a souffert depuis le XVIIe siècle, quelle en fut la mouche Tsé-Tsé ? Vers cette époque, s'établissait une échelle de valeurs où l'économie, le travail productif, l'esprit d'entreprise, la technique, l'innovation étaient dédaignés, voire refoulés. Et où d'autres attitudes surévaluées s'épanouissaient, toutes improductives : l'honneur, le bel esprit, la spéculation pure, l'obéissance, le renoncement. »

« Dût-on étonner plus d'un intellectuel anticlérical, il faut bien reconnaître, à l'hostilité au profit, des origines cléricales. S'inspirant d'Aristote, la scolastique médiévale lui a donné la majesté des interdits théologiques. Elle faisait peu de cas de la production et des échanges. Montesquieu avait raison de souligner que "nous devons aux spéculations des scolastiques tous les malheurs qui ont accompagné la destruction du commerce, qu'on avait lié avec la mauvaise foi. » À la fin du Moyen Âge, une évolution « progressiste » s'esquissait. Mais la Contre-Réforme la stoppa net, en condamnant purement et simplement le profit : pour elle, ce n'est pas seulement le prêt à intérêt qui est un péché, c'est l'économie toute entière. »

 

par Michel Durand publié dans : Il y a 30 années... communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 8 avril 2008

Photo qui semble dater de l'époque de ce texte 1978

 




En 1968, je me trouvais à Rome, au séminaire ; c'est donc par les ondes, par la presse, que je suivais les événements du mois de Mai. Ils ne me parlaient guère ; ils étaient, pour moi, à cette époque, chargés de peu de significations. J'étais en dehors de tout. Je n'en saisissais pas l'importance. En juin, un parisien -était-il journaliste, aumônier d'étudiants, théologien, curé... ? Je ne me rappelle plus de qui il s'agissait- en juin, un parisien nous parla de la gravité de ce qui s'était vécu. Le mouvement avait dépassé les habituelles revendications. C'était plus qu'une grève. On touchait aux racines mêmes de notre société... selon l'avis de certains


Et pourquoi Mai 1968 fut-il récupéré ?


D'après notre commentateur, c'est surtout cela que j'ai retenu de l'entretien, les étudiants n'ont pas su transcender leur action. Ils voulaient voir tout de suite les résultats. Un acte posé n'a pas en lui-même forcément un sens. Il doit être ajouté à tous les autres actes. Ce qui est fait en un jour, en un instant de la journée, est tellement minime qu'il est impossible d'en attendre des résultats évidents. Oui, il faut accepter de dépasser chaque geste pris dans son individualité non signifiante, pour entrevoir tout le sens dont il sera chargé, une fois englobé dans un ensemble. Parfois, c'est le nombre qui donne du poids à l'acte unique. Parfois, c'est le temps.

Donc, les étudiants n'ont pas su transcender leurs actions. Ils n'ont pas su, en d'autres termes, entrevoir la force potentielle de leurs engagements quotidiens. Mais, le pouvaient-ils ? À quelle école furent-ils formés pour pouvoir ainsi, assumer la temporalité ?

À mon sens, ils auraient souhaité parvenir à la domination de leurs actions, à se mettre au-dessus d'elles, bref à les transcender. C'est que l'air du temps, avant 1968 tout autant que maintenant, ne porte guère à une telle attitude métaphysique. Même les Églises que certains, bien peu, continuent à fréquenter, n'aident plus les esprits à percevoir tout ce qu'il y a dans l'acte microscopique. Pour prouver cette dernière phrase, je me tournerai vers les déçus de Mai 1968.

Certains se sont retirés dans la campagne du Sud de la France.

En communauté, ils tentent de se refaire un monde bien à eux, où ils seront bien à l'aise dans leur peau. À quoi, où, ce type de vie -« loin du monde » va-t-il mener? D'autres sont partis jusqu'en Inde pour y quêter l'Absolu. N'avaient-ils pas, autour d'eux, de quoi répondre à leurs questions fondamentales ? Nous connaissons Plaige près de Toulon-sur-Arroux ; ces Occidentaux se sont tournés vers la théologie et la spiritualité Thibétaines après avoir essayé, disent-ils, de s'insérer dans l'Église catholique, celle de leur naissance et baptême. Ces disciples du « Darma » m'ont expliqué qu'ils auraient bien aimé trouver dans notre tradition judéo-chrétienne la source capable d'assouvir leur soif. Est-ce parce que le mystère semble désormais absent de nos Églises qu'ils ne se sont pas sentis interpellés par elles ? Certes, dans l'hindouisme, le bouddhisme... le mystère reste entier. Quel mystère ? Je dois avouer que, sur ce chapitre, je me sens dépassé. Il n'en reste pas moins qu'il y a là un signe, un appel. D'où vient que certaines personnes, en quête de transcendance, vont jusqu'à épouser une autre culture ? D'autres croyances, dont celle de la réincarnation ? Un article, récemment publié, soulignait le nombre sans cesse croissant des partisans d'une vie religieuse fondée sur le principe du retour sur terre tant que la perfection, la béatitude, n'est pas acquise.

D'autres, enfin, refusant toute fuite de notre monde, réfléchissent, militent, dans des mouvements généralement indépendants des mouvements politiques et des syndicats. Comités de quartier, comité de défense de la nature, groupes antinucléaires, antimilitaristes, objecteurs, partisans de l'action illégale... Nous connaissons les Circauds avec leur journal : « Combat non violent - Gueule ouverte ». Une analyse minutieuse de leur mode de vie, de leur être, de leurs discours, de leur « faire » montrerait, combien tout ce qu'ils tentent de vivre, est chargé de recherche métaphysique. S'ils n'ont pas su en Mai 1968 transcender leur action, c'est qu'ils ne le pouvaient pas. La leçon ayant été maintenant enregistrée, je crois pouvoir dire que du temps est pris pour se forger un esprit, une âme capable de voir le Tout potentiellement présent dans la partie et la partie comme indispensable à la constitution du Tout. Est-ce qu'il serait trop rapide de dire qu'après les impatiences de l'adolescence, nous arrivons à l'âge adulte ?

Nous sommes invités, pour concrétiser cette réflexion, à lire les « Nouveaux philosophes » ; le pessimiste Bernard-Henry Lévy : « La Barbarie à visage humain » ; l'agressif André Glucksmann : « Les Maîtres penseurs » ; Christian Jambert et Guy Lardreau  : « ; il y en a d'autres...

Ainsi, pourquoi ne pas citer, bien que d'une autre génération, Maurice Clavel, marqué non d'optimisme, mais d'espérance chrétienne.

 

par Michel Durand publié dans : Il y a 30 années... communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 7 avril 2008
  • Dans le cadre des réflexions publiées sur ce blogue à propos des relations chrétiens et musulmans, Occident et Orient, il me semble que ce texte, remis par Robert Beauvery, se présente au bon moment. En le lisant, je me suis rappelé l'attitude d'un algérien du quartier, une connaissance due à mes conversations avec quelques SDF, venu à un office eucharistique pour penser à son ami mort récemment. Il se prosterna front contre le sol au moment de la consécration ; signe, m'expliqua-t-il, de la présence de Dieu qui l'unissait à son ami défunt.


Les musulmans entrent dans nos chapelles d'hôpital, des centres de pèlerinage, des églises ouvertes...
Certains y allument un cierge de dévotion et, plus rarement, écrivent sur le cahier, comme l'auteur de ces lignes :

"MON SEIGNEUR, JE SAIS QUE JE N'AI PAS LA MEME RELIGION, MAIS FAITES QUE DIEU ME PARDONNE POUR CE QUE J'AI FAIT COMME BETISES ET FAIT QUE ALLAH SOIT TOUJOURS AVEC MOI. CAR JE SAIS QUE JE SUIS MUSULMAN, MAIS C'EST PAREIL, ON N'A QU'UN SEUL DIEU."



1. Analyse

1. Qui en est l'auteur ?

Un homme dont la maîtrise de la langue française, sans être parfaite, est bonne quant à la translation écrite des sentiments intérieurs : il s'exprime bien, malgré certaines variations du pluriel au singulier : du vouvoiement ou tutoiement quand il s'adresse au Seigneur ; malgré certaines imprécisions quant au jeu de rapport entre le Seigneur et Allah. Un homme de religion musulmane : il sait qu'il n'est pas catholique et, en même temps, il ne se sent pas totalement étranger dans ce lieu consacré à Dieu.

2. A qui s'adresse-t-il ?

Sa posture est originale. À la différence de beaucoup d'autres, probablement enracinés peu ou prou dans la tradition catholique, qui adressent directement leur prière aux saints par exemple : une maman, Danièle, qui écrit sur le cahier : «Vierge, saints, archanges, intercédés (sic) pour moi et pour mon fils» ; ou quelques-uns qui en appellent à l'aide de la prière des prêtres, des religieuses... lui, musulman, s'adresse immédiatement au seul et unique Dieu, à l'aide de plusieurs vocables synonymes : Seigneur, Dieu, Allah, sans recourir à quelconque intercesseur que ce soit, alors que certains de ses coreligionnaires peuvent s'adresser à la mère de Jésus, la Vierge Marie.

3. Quel est son rapport au religieux.

Dès l'entame de la prière, le premier vocable utilisé SEIGNEUR est déterminé par l'adjectif possessif, utilisé à la première personne: MON... MON SEIGNEUR ! ce qui laisse clairement entrevoir une relation personnelle entre l'auteur, croyant, et Dieu qui est le SIEN et il le demeure jusques et y compris dans un lieu qui n'est pas une mosquée, mais une église catholique.

Sans aucune confusion religieuse, sans aucun syncrétisme confessionnel, l'auteur est et demeure musulman, certes ! et, en même temps, au-delà de cette identité prégnante, il s'ouvre spécialement à tous ceux, d'autres confessions, qui partagent la même foi monothéiste que lui.


4. Que demande-t-il ?

A la différence de beaucoup d'autres qui demandent aides et protections devant tous les aléas de la vie quotidienne : gîte, travail, affection, santé, réussites, bonheur, etc.. ce qui est déjà éminemment respectable ! lui, demande des réalités spirituelles que Dieu seul peut donner : le pardon pour les bêtises commises, et la présence de Dieu, avec lui, toujours... comme le ferait un croyant qui assume un itinéraire de recherche de sainteté à travers ses chutes... pardonnées, et le recours à l'accompagnement de Dieu dans la vie de chaque jour.


Les fruits de la rentrée en soi


Toute pause-église n'est pas systématiquement assortie d'une rentrée en soi-même, chez tous les individus. Il faut encore choisir librement de s'asseoir au fond de la conscience personnelle et écouter sa voix.
Si toute rentrée en soi-même marque en vérité l'itinéraire du sujet, elle ne laisse pas de trace à la disposition des autres ; il faut, encore, qu'elle soit communiquée et, entre autres, par une écriture, un témoignage sur le cahier, lui, ouvert à tous.
En l'occurrence, l'homme qui nous retient, a fait une pause-église, et est rentré en lui-même, il a écouté la voix de sa conscience, et, par écrit, il nous laisse son précieux témoignage. Sans doute, cet homme connaît dans le déroulement de la vie des pauses, des entrées en soi-même, face à la conscience, dont il écoute la voix de Dieu... pour faire le point : c'est un croyant en marche.
Cependant aujourd'hui, celle qui nous retient, devient SIGNE... de liberté manifestée par une entrée dans un lieu prière catholique, par la décision d'utiliser le cahier, d'y laisser le témoignage d'un homme pécheur, attaché à Dieu dont il attend le pardon et la présence providentielle de liberté intérieure manifestée par la confiance fuite, à priori, aux autres croyants, de confession différente, qui recevront son témoignage... UN SIGNE de liberté interreligieuse.


2. DISCERNEMENT


1. La fréquentation des lieux de culte par des musulmans est un phénomène relativement récent et, semble-t-il, en progression numérique, qui confirme que les « nombreuses dissensions et inimitiés entre chrétiens et musulmans, dans le passé » tendent à être oubliées pour laisser place « à la compréhension mutuelle » Cf. La déclaration conciliaire « NOSTRA AETATE », sur les relations avec les religions non chrétiennes, n° 3.


2. Ce qu'ils écrivent sur le cahier, et, tout spécialement, le témoignage qui nous retient, manifeste leur estime de la vie morale, cf. ibi., ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers.


3. Le musulman qui a pris cette liberté de s'exprimer avec l'engagement et la profondeur du témoignage, dit implicitement l'estime qu'il porte aux chrétiens. En réponse, on peut lui dire: « que l'Église regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu UN, VIVANT, SUBSISTANT, MISERICORDIEUX ... cf ibi. , n°3.



3. PERSPECTIVES PASTORALES


Les grands projets d'évangélisation de la ville, étudiés aujourd'hui dans la plupart des cités importantes de la région, auraient certainement intérêt à avoir recours aux informations contenues dans les cahiers parce qu'ils sont écrits par des citoyens de tout horizon, de tout quartier, de toute condition, sociale, culturelle, morale, spirituelle... écrits comme des cris du cœur, de l'âme confiés à d'autres, voire à UN AUTRE.

Ces cahiers ne constituent pas des réseaux, au sens sociologique du terme, mais des SITES de communications, d'aspirations authentiquement humaines.



Robert Beauvery.


par Michel Durand publié dans : Anthropologie communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 6 avril 2008
Depuis quelques jours, entretiens, émissions, rencontres... se multiplient au sujet des dits "sans papiers".
Cette actualité ne pouvait être oubliée au moment de rédiger et de prononcer l'homélie de ce jour.
Pour la lire, c'est simple, se rendre, comme d'habitude, sur le site de la paroisse Saint-Polycarpe
des Pentes de la Croix-Rousse.

Hier, beaucoup de monde dans les rues pour soutenir l'accueil de l'étranger.








par Michel Durand publié dans : Eglise communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Présentation

Catégories

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus