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  • : Michel Durand
  • enmanquedeglise
  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir travaillé comme serveur de restaurant tout en étant au service d'une paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Là, je me suis beaucoup intéressés à l'art contemporain tout en enseignant l'iconographie chrétienne. Cela m'a donné l'occasion, dans le cadre des loisirs culturels, d'organiser de nombreuses expositions. Avec des amis, nous avons ouvert une galerie d'art dans le Vieux-Lyon, Confluences - 20 années de présence. Ces activités […]

Communautés

Samedi 5 avril 2008
Plus je médite sur ce mot, plus je prends conscience de la richesse de son contenu. Il nous place en un centre qui nous permet de voir le passé, le lieu d'où nous venons, tout en envisageant le futur, ce que nous construisons.
Le fils est celui qui dépend d'un père avant de devenir lui-même père. Les liens sont ainsi solidement établis entre l'ancien et le nouveau. Dans le respect de l‘avant, sans obstruer l'après. Aussi, dans la filiation, jamais nous nous sentons isolés : regard du père vers le fils et regard du fils vers le père.
Bien évidemment, je ne réduis pas la filiation à la seule parenté biologique. Il y a une reconnaissance spirituelle qui souvent l'emporte sur le génétique. Le père est plus père par l'éducation que par la procréation et, en ce contexte, la parenté, qui indique en un sens large les liens que tissent entre eux des personnes, montre plus de force sociétale que le régime de la famille nucléaire composée des géniteurs et de leurs progénitures. La parentèle ouvre sur de nombreuses alliances alors que la consanguinité enferme dans une défense presque animale des siens.
Je vois dans la filiation adoptive une réalité grandement humaine qui bouscule toute volonté de déterminer une appartenance par les seuls tests biologiques. La reconnaissance du frère de lait, de la parenté spirituelle, de la responsabilité du parrainage ouvre effectivement des horizons de grande fraternité.
Rappelons-nous que le « pater » de l'antique Rome, quand il donnait son nom à un enfant, celui-ci devenait l'héritier sans que le « père » en soit le géniteur.

Filiation adoptive

Le message biblique a de très belles pages sur l'adoption des hommes de la terre par le Père de tout l'univers.
Ainsi, Paul aux Galates

« Aussi longtemps qu'un héritier est mineur, sa situation ne diffère pas de celle d'un esclave, bien que théoriquement tout lui appartienne. En fait, il est soumis à des personnes qui prennent soin de lui et s'occupent de ses affaires jusqu'au moment fixé par son père. Nous, de même, nous étions précédemment comme des enfants, nous étions esclaves des éléments du monde. Mais quand le moment fixé est arrivé, Dieu a envoyé son Fils : il est né d'une femme et il a été soumis à la loi juive, afin de délivrer ceux qui étaient soumis à la loi, et de nous permettre ainsi de devenir enfants de Dieu (fils adoptifs). Pour prouver que vous êtes bien ses enfants, Dieu a envoyé dans nos coeurs l'Esprit de son Fils, l'Esprit qui crie : « Abba, ô mon Père ! » Ainsi, tu n'es plus esclave, mais enfant ; et puisque tu es son enfant, Dieu te donnera l'héritage qu'il réserve à ses enfants ».
Galates 4 1-6


Les théologiens exégètes dégagent de la Révélation toute une sagesse de filiation dans laquelle, le Christ Jésus donne l'exemple inouï.

« Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tout. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel rend témoignage de ce qu'il a vu et entendu, et personne n'accepte son témoignage. Mais celui qui accepte son témoignage certifie par là que Dieu dit la vérité. En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l'Esprit sans compter. Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle »
(Jean 3,31-36)


Même quand il y a filiation biologique, c'est la dimension spirituelle qui l'emporte. Ainsi, dans la ligne de Saint Augustin, les spirituels ont longuement développé ce thème. La filiation adoptive place tout homme au rang de Dieu. L'homme, autonome, expérimente que Dieu l'aime. Dans la même foulée, il s'aimera lui-même tel qu'il est, et aimera le monde quoiqu'il arrive. Il aimera avec l'amour même de Dieu. Comme le dit quelque part André Gromolard, il y a de l'espérance à la fois dans l'autonomie de la personne qui montre sa dignité, et dans la reconnaissance d'une fraternité avec les autres (qui n'est pas esclavage) éclairée par une filiation au Tout Autre. Cette filiation n'est pas enfermement. Elle est amour qui m'envahit au point de me faire aimer à mon tour comme l'Autre sait aimer.


par Michel Durand publié dans : Anthropologie communauté : Christianisme
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Vendredi 4 avril 2008

 

Lettre à Pierre Vilain


J’ai lu avec grand intérêt votre ouvrage : « L’avenir de la terre ne tombera pas du ciel », DDB, 2007.


Il présente rapidement, et je pense exhaustivement, toute l’histoire des filles et fils de Dieu voulant mettre en œuvre la mission de bien gérer la terre qui a été confiée à toute l’humanité. Même les habitués de la Doctrine sociale de l’Eglise découvriront du nouveau grâce à la présentation judicieuse que vous en faites. En d’autres termes, je recommande fortement la lecture de votre livre, certains que toutes tentatives de le présenter ou de le résumer seraient l’appauvrir.

Je ne vous écris pas cette courte lettre pour me donner le plaisir de vous adresser des louanges, car, en fait, à celles-ci, il y a un « mais ».

Oui, votre texte est utile et agréable à lire. Mais ; pourquoi dites-vous ne pas avoir de solution ?

« A ma connaissance, il n’en existe pas (de solution). A portée de main ; ou de volonté ».

Dans le quartier lyonnais où je vis et travail, les Pentes de la croix-rousse, se rencontrent de jeunes militants modelant leur existence sur le refus d’une croissance déifiée, sacralisée, intouchable. Ils existaient déjà dans les années 70. Se sont-ils quelques temps endormis ? Je les trouve aujourd’hui plus actifs que jamais. Pour mieux les connaître, au-delà d’une rapide présentation que je pourrais bien maladroitement en faire, je vous invite à lire leur revue : « la décroissance » publiée par « les casseurs de pub ». Autant d’expressions qui montrent tout un programme.

S’attaquer à la racine du problème en humanisant la croissance, c’est-à-dire en refusant l’emballement d’une croissance infinie et indéfinie, me semble être la solution. Ce ne sont pas que des idées car cet engagement dans la décroissance demande de modifier concrètement et complètement ses modes de vie et ceci au quotidien.

Certes, vous en faites une allusion à la fin de votre chapitre : « Quand l’argent fait la loi » : « L’heure est venue, dites-vous, de remettre, au goût du jour et de l’avenir, l’antique vertu de tempérance ».

Allusion bien petite et fort lointaine qui se caractérise surtout par une inquiétante timidité. Serait-ce la timidité de l’Eglise, Institution,

La grande majorité des objecteurs de croissance, effet d’une tendance anarchisante, vive calmement en dehors de l’Eglise et parler comme je m’exprime devant vous risque fort de passer pour de la récupération. Pourtant, j’ai toujours perçu chez eux un désir de dialogue. Qui possède la vérité ?

Mais n’oublions pas de dire qu’un petit nombre se recommande du message chrétien et quand ils en ont la possibilité, n’oublie pas de rapeler que certaines de leurs propositions ont déjà été prononcées par les prophètes, ceux que vous citer : Amos, Isaïe…

Bref, j’aimerais avoir votre avis : ne pensez-vous pas que ce courant écologique, radicale, dans la mesure où il concrétise ses idées est une solution au problème de société, problème mondiale que vous soulevez ?

Personnellement, je le pense et je m’associe à la réflexion  du groupe qui vient de naître : « chrétien et pic de pétrole ». je vous invite à vous reporter à leur site informatique.


Comme tout ce que vous pensez m’intéresse, pour ou contre, je serai heureux de vous lire.


Avec l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Michel Durand
 

Pour avoir plus d'information sur le type d'études soutenues par Pierre Vilain, vous pouvez vous rendre sur  Développement et civilisations, Lebret Irfed : site de l'IRFED 



 

par Michel Durand publié dans : Anthropologie communauté : Christianisme
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Vendredi 4 avril 2008

L'expo de Roger Garin, "en marge", dure jusqu'à la fin de mai. La meilleur présentation que je puisse en faire est de vous inviter à voir comment il en parle lui-même.

  • Confluences, espace culturel de Saint-Polycarpe, 25 rue René Leynaud, Lyon 69001.
  • espace d'exposition ouvert les jeudis, vendredi et samedi de 15 h à 18 h.

Plus d'information, se rendre sur le site de Confluences.



par Michel Durand publié dans : Art communauté : Christianisme
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Jeudi 3 avril 2008

Voici une lettre qui me laisse sans voix face aux arguments présentés. Mais, des gens pensent ainsi. Comment ne pas écouter ?


Mon Père,



Dans OUEST-FRANCE du 26 mars, j'ai lu l'article qui vous était consacré. C'est doublement intéressant.

Vous observez dans l'Eglise "un repli identitaire" et vous estimez que "tous ces jeunes prêtres qui choisissent de porter l'habit noir..." sont loin du Message du Christ. Or la Vierge a confié au Frère David LOPEZ (11 sept. 1997) : " Les prêtres (...) doivent éviter toutes les personnes qui parlent de révolte ou de révolution (...) Je suis très peinée pour les Religieux des pays de l'Ouest qui ont renoncé aux signes de leur consécration" (Dans La Foudre de Sa Justice, de Ted et Moreen FLYNN) (p. 340)

Etes-vous sur la bonne voie ?

En ce qui concerne la désobéissance civile, je n'ignore pas St Matthieu : "J'étais étranger et vous m'avez accueilli". Or en 1882, bien avant l'afflux des immigrés, le Seigneur avait annoncé â Marie-Julie JAHENNY que la France deviendrait "mahométane".

"La France, si belle aujourd'hui, aura perdu son honneur et sa dignité. Elle sera envahie par des peuples étrangers sans coeur et sans pitié... Ces étrangers sont entrés dans cette patrie pour s'unir â ceux qui dévastent tout et répandent la ruine la plus complète" (9 mai 1882). Le Christ a même ajouté "Lors de cette heure terrible, les étrangers dont le désir est rempli d'une violence qui ne se possède pas, les étrangers seront maîtres en France".

(extraits des Prophéties de la Fraudaie, Résias 1982).

Je vous laisse méditer ces jugements de la Vierge et du Christ, sans négliger d'aider le CCFD, l'AED, etc

Avec mes sentiments plein de respect.

 

par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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Mardi 1 avril 2008


Est-ce un hasard ?

J'ai eu à lire, la semaine dernière, plusieurs lettres qui évoquaient l'Occident face à l'Orient et l'on m'invita à lire le livre de Aziz Zemouri, « Faut-il faire taire Tariq Ramadan ? », L'archipel, 2006.

Je manque d'information et d'expérience pour dégager une pensée ferme sur ce problème, Orient - Occident. Je ne peux qu'affirmer qu'il y a vraiment problème. Personne ne peut se boucher les oreilles.

Le XXIe siècle se présente comme étant celui de la confrontation Occident, Orient. Cela correspond au réveil de l'Orient.
Occident : matérialiste, capitaliste, individualiste, sans valeurs morales, niant toute transcendance...
Orient : spiritualiste, humain, attentif à la puissance de Dieu, aux valeurs humaines et familiales, à la tradition...
Pour faire bref, certains parlent de l'Occident athée et de l'Orient religieux.

Est-ce une revanche des pays humiliés par les conséquences de la colonisation, de l'impérialisme occidental ? Le renversement de ceux qui désignent l'axe du mal dans tout ce qui est arabo-musulman ? Tout arabe serait musulman, terroriste et l'on ignore (ou oublie) qu'un berbère n'est pas arabe, qu'un arabe peut être chrétien, que religion et culture ne sont pas synonymes ; mais, ceci n'est que parole d'un chrétien qui distingue le politique du religieux, le culturel de l'adhésion croyante.

Pendant mon séjour au M'Zab (Algérie), ce mois de janvier, je n'ai jamais entendu dire que l'Islam était obligatoirement la meilleure des religions parce que la dernière, parce que Mohamed était le dernier des prophètes et que le christianisme se trouvait ainsi dépassé. On ne m'a jamais dit que, puisque j'aimais séjourner dans le Sahara, il ne me restait qu'à devenir musulman et me marier avec une femme d'ici... Conversation rituelle pour meubler le temps peut-être. On m'a seulement (et surtout) demandé si je reconnaissais que les musulmans étaient receveurs d'une authentique révélation divine. Dieu a-t-il parlé par le Coran ? Pourquoi pas, ai-je répondu, son mystère est insondable. Mais que cette révélation soit exclusive et suppléant les précédentes, non. L'Occident chrétien n'a pas à se soumettre à l'Orient musulman, ni l'Orient à l'Occident.

Opposer ainsi ces deux civilisations, dont les berceaux se trouvent au bord de la Méditerranée me semble mal poser le problème.

En fait, il me semble que je doive d'abord me demander ce que signifie être d'occident ou d'orient.

Suis-je occidental ?

Fondamentalement, non. Mes racines sont ailleurs.
Faire travailler sa raison, est-ce occidental ? Les intellectuels musulmans ont apporté Aristote à  l'Occident.

Quand des musulmans attaquent l'Occident, quand des chrétiens attaquent le « Siècle des Lumières », posent-ils les bonnes bases de la réflexion ?
Je ne le pense pas, car les sources de la pensée sont humaines, antérieures à ces traits de culture. Nous sommes tous de la même adamité (humanité terreuse).

Autrement dit, si la chrétienté est devenue occidentale, après avoir été orientale, elle doit opérer une conversion pour redevenir universelle et contemporaine.

Dans la mesure où je souhaite manifester mon adhésion au Christ, je ne suis ni occidental, ni oriental, mais invité à traduire la Révélation dans le quotidien du lieu où je vis. Il me semble que si l'Institution « impérialiste » ne s'était pas imposée, l'Évangile serait également vécu selon le quotidien sino-japonais. Les habitants d'Arabie auraient reçu autrement la Parole sans l'affrontement de troupes byzantines face à des conquérants musulmans.

Mais il n'est pas possible de refaire l'Histoire.

Ma petite et assurément limitée méditation m'incite seulement à conclure que, enraciné en Dieu (ou m'efforçant sans cesse de l'être), je ne suis pas occidental, je suis comme me le dit Djilali, un ami, un terrien, humain de la race des hommes, tous appelés à être frères.
C'est ainsi que je perçois l'universalisme d'Isaïe mis en œuvre, concrètement par Jésus-Christ et, sans aucun doute repris par de  nombreux prophètes au cours de l'Histoire.

Si la domination de l'Occident sur le reste du monde fut l'erreur du XIXe et du XXe siècle ; opposer Orient et Occident me semble être celle du XXIe.


par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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