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  • Michel Durand
  • En manque d'Eglise
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  • 31/01/1942
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  • Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf

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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /2010 23:13

l'être humain, et donc ici, précisément, l'Algérien, ne vit pas seulement de pain, mais aussi de relations, de paroles, de liberté

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Le vendredi 11 décembre 2009, au Centre Pierre Claverie, Monsieur Mohamed Kouidri, enseignant et chercheur à la Faculté des Sciences Sociales de l'Université d'Oran, donnait une conférence sur « la tragédie des harraga »*. Il a présenté à son auditoire un certain nombre de constats ainsi que des hypothèses susceptibles d'éclairer cette réalité. Refusant les explications trop faciles, trop rapides, qui passent à côté du problème alors qu'elles prétendent apporter la solution définitive, M. Kouidri s'en est tenu au discours mesuré, modeste, du chercheur. C'est sans doute pour cette raison que le débat qui suivait son intervention a été lui aussi d'excellente qualité.

Ce n'est pas un problème économique

Selon M. Kouidri, le phénomène des harraga n'est pas la conséquence d'un problème économique. C'est pourtant une explication souvent avancée, y compris par les harraga eux-mêmes, comme on peut le voir dans certaines vidéos disponibles sur le net, dans lesquelles les jeunes se mettent en scène. M. Kouidri évoquait une rencontre d'universitaires provenant de pays concernés par les migrations à travers la Méditerranée, en 1999, à Rabat, où les participants donnaient une explication socio-économique au problème, s'accordant pour dire que la réduction du chômage et de la pauvreté était la solution à ce problème des migrations de clandestins. Le phénomène, apparu avec les boat people du Vietnam au milieu des années 70, concernait alors surtout le Maroc, et l'on pensait que la rente pétrolière en protégerait l'Algérie. Les années qui ont suivi ont montré que cette explication socio-économique ne tenait pas, les candidats à la harga étant devenus plus nombreux en Algérie qu'au Maroc. En outre, on sait que les jeunes Algériens qui s'aventurent à traverser la Méditerranée ne sont pas tous pauvres, et parfois sont de milieux fortunés. Et la harga coûte très cher à ceux qui s'y risquent, à cause du prix d'accés à l'embarcation clandestine qui est très élevé.

Il m'a semblé entendre, au-delà des arguments qui s'opposent à une explication socio-économique du phénomène des harraga, une revendication quant à la vérité et à la dignité de la condition humaine : l'être humain, et donc ici, précisément, l'Algérien, ne vit pas seulement de pain, mais aussi de relations, de paroles, de liberté. Le mal-être, l'absence de perspectives, voilà ce qui pousse des jeunes à partir de l'autre côté de la mer. Pas seulement des jeunes, puisque comme le soulignait quelqu'un dans l'auditoire, des personnes qui atteignent l'âge de la retraite expriment aussi le désir d'aller en Europe, parce qu'elles s'accommodent difficilement des évolutions de la société.

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Une Europe de rêve

Chaque fois que l'Europe restreint les entrées sur son territoire, les migrations clandestines prennent un peu plus d'ampleur : l'Europe qui ferme ses frontières serait-elle la cause de la harga ? L'Europe de moins en moins accessible est devenue un continent rêvé : le rêve est entretenu par ces images que diffusent les télévisions satellitaires, images dont les jeunes sont imprégnés depuis leur enfance. Bien sûr, il faut aussi prendre en compte, pour expliquer le phénomène des harraga, la proximité géographique et les liens historiques (avec la France, mais aussi ceux, plus anciens, avec l'Espagne).

Plus on rêve de l'Europe comme d'un paradis situé de l'autre côté de la mer, plus la vie ici devient difficile à supporter, puisque l'on regarde son pays à travers le prisme d'un idéal. La réalité est déformée. M. Kouidri a ainsi souligné qu'il y a des manières de comparer l'Europe et l'Algérie qui ne sont pas justes - et qui contribuent à fragiliser les jeunes - parce qu'elles ignorent la réalité du chemin parcouru par l'Algérie. Et trop souvent, malheureusement, on entend dire que le pays a régressé depuis 1962. C'est faux, si l'on se rappelle que beaucoup d'Algériens étaient dans des gourbis au moment où le pays est devenu indépendant. Il y avait mille étudiants algériens en 1962, ils sont 1 300 000 aujourd'hui.

Il est vrai que le progrès qui a été fait est plus quantitatif que qualitatif, et qu'il appelle encore une ouverture culturelle. Comment être avec soi-même, avec les autres ? Voilà les questions que se pose le harrag.

Les harraga ne sont pas les premiers Algériens à partir à la recherche de l'éden. Les générations qui les ont précédés se sont nourries de rêves d'émancipation, d'idéaux au service desquels elles se sont engagées, dans un élan qui était alors collectif : bel idéal d'un pays à construire, pays qui aurait dû être, selon l'utopie socialiste, une sorte de paradis sur terre. Ce paradis est maintenant cherché de l'autre côté de la Méditerranée. Entre temps, il y a eu aussi, comme le rappelait quelqu'un dans la salle, le rêve porté par l'islamisme politique - qui s'est brisé.

 

Le désir de réussir

 Quelqu'un, dans l'assistance, a apporté un point de vue un peu différent de celui de M. Kouidri, en affirmant que si des jeunes se lancent dans l'aventure de la harga, c'est parce qu'ils savent que d'autres, avant eux, « ont bien réussi ». Les harraga traversent la mer avec l'espoir de réussir, et de réussir très vite. Ce désir d'une ascension sociale rapide est sans doute à mettre en relation avec ce phénomène apparu en Algérie depuis une dizaine d'années, de fortunes considérables qui se constituent en très peu de temps. Cette réussite, qui n'est possible ici que si l'on a déjà des « relations» (le frère, le cousin, etc.), le harrag pense qu'elle est au contraire accessible à tous en Europe.

Mais alors, l'importance du phénomène des harraga, fort médiatisé, ne devrait-elle pas être relativisée ? Ne faudrait-il pas parler de ces jeunes qui se lancent dans cette autre aventure, qui est celle du commerce avec les pays de l'Asie ? Les projets des uns et des autres sont-ils si différents ?

Merci à Monsieur Kouidri pour son exposé. Personnellement, je retiendrai ceci : garder l'esprit critique envers les idées reçues, faire confiance à nos yeux, à nos oreilles, parler de manière responsable, ce à quoi nous aide le chercheur en sciences sociales, tout cela est loin d'être inutile, et peut aider une société à faire des choix réalistes en faveur de son propre développement.

 

Dominique Lebon

 

 

 

* Le harrag (« brûleur », pluriel harraga), c'est celui qui « brûle» son passé et part ailleurs dans des embarcations de fortune. La harga, c'est cette fuite.

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /2010 22:55

Cette semaine, suite à l’évangile du Bon Samaritain, le Bon étranger, je pense publier plusieurs informations concernant les migrants.

Voici d’abord ce que j’ai trouvé le bulletin du diocèse d’Oran (Algérie), Le Lien N° 368, déc. 2009 – Janvier 2010

Les migrants, visage de la prison d’Oran

De plus en plus nombreux des migrants fréquentent la paroisse, ils viennent principalement du Cameroun et du Nigeria : leur espoir de traverser la mer s'est évanoui à

Oran et ils vivent ici comme ils peuvent, souvent en couple, cherchant à amasser un pécule qui leur permettra de ne pas retourner au pays couverts de honte, certains même sont installés durablement. Il y a parmi eux des « caïds ». Leur activité, ou l'animosité des voisins, peut les conduire en prison : l'un d'entre eux, récemment libéré, nous a raconté comment, le soir, dans les salles, les chrétiens se rassemblent pour prier en chantant devant leurs codétenus musulmans qui les respectent. Beaucoup n'ont aucun complexe pour manifester leur foi.

 

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A l'hôtel

En décembre, une jeune femme camerounaise est morte de maladie à l'hôpital et, tous les soirs qui ont suivi sa mort jusqu'au rapatriement de son corps, la grande salle de l'hôtel où elle habitait avec ses concitoyens, au cœur de la Ville Nouvelle - un ancien quartier commerçant au centre de la ville - a résonné de chants religieux rythmés, d'invocations, de supplications pendant des heures sans la moindre intervention des voisins, tous Algériens musulmans. J'ai participé à plusieurs de ces soirées, c'est impressionnant. Les migrants appartiennent en grand nombre aux différentes églises et sectes qui se développent en Afrique, leurs chants le signalent, mais ils sont réunis et. leurs leaders se succèdent pour animer la prière, chantant et dansant de tout leur cœur, ils m'ont demandé la prière finale. L'enterrement à l'église fut une belle célébration, il y avait plus de cent Camerounais.

Les Nigérians vivent dans un autre hôtel, dans le même quartier, ils gagnent généralement mieux leur vie et sont généreux pour la paroisse. Ils ont appris dans leurs églises le don de la dîme ! Dans cet hôtel, il y a tous les soirs une heure de prière chantée. Certains demandent une catéchèse pour se préparer au baptême ou à la première communion. Ils font baptiser leurs enfants nés ici et la préparation est l'occasion de réfléchir ensemble à leur manière de gagner leur vie et d'être en couple.

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /2010 16:08

La Parabole du bon Samaritain.

L'homélie est sur le site de St Polycarpe.


Dans l’Antiquité, les Samaritains et les Juifs se détestaient mutuellement. Pour les Samaritains le vrai mont sacré était le mont Garizim et non Sion, Jérusalem.


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Illustration de la parabole du Bon Samaritain dans les Évangiles de Rossano (Calabre),

manuscrit byzantin du VIe siècle

 



Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /2010 21:39

Il me semble que nous sommes dans une période qui se trouve être de plus en plus fermée, mais aussi de plus en plus ouverte à bien des points de vues… je m’explique :

Je rencontre beaucoup de personnes, soit des personnes que je connais – et parfois bien –, soit des personnes que je croise un peu par hasard et avec lesquelles je parviens tout de même à tisser un petit dialogue… eh bien il ressort de tout cela, une sorte de radicalisation si je puis dire ; pour simplifier, certaines personnes adoptent volontairement un « je n’ai rein vu », « cela ne m’intéresse pas », « laissez-moi en paix », et tout ce que vous voudrez ; et d’autres se montrent ouvertes, disponibles, prêtes à la réflexion autant que faire se peut… et c’est bien entendu cette deuxième option qui m’intéresse, car elle me semble être directement liée à l’avenir, à un désir de mieux vivre ensemble – à la vie pour tout dire !

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Enfin voilà, nous sommes bien, depuis quelques semaines (quelques mois ?), à et dans une période de révélation, ou chacune et chacun se montre finalement tel qu’il est – c’est parfois affligeant, parfois c’est encouragent ; et très encouragent, même (dans de rares cas, il est vrai).

Une période « révélatoire », oui, c’est cela : « révélatoire » – et le mot n’est pas français.

Voici une anecdote qui remonte à un peu plus d’un quart d’heure :

Une amie m’a téléphoné. C’est une ancienne amie qui a longtemps habité Grenoble ; elle a fait pas mal de politique, elle est issue également d’une famille [un de ses aïeux] qui a fait aussi beaucoup de politique. Elle vit à présent dans un autre coin de la France. Je lisais « Dans le nu de la vie » de Jean Hatzfeld lorsqu’elle m’a appelé. Je le lui dis, sitôt les salutations échangées. Elle n’est pas surprise. Elle sait que je creuse au sujet de ce sale « mariage » entre l’État français et le génocide rwandais. Cette amie a un fils militaire. Elle est au courant de beaucoup de choses, y compris au sujet de cette implication française au Rwanda qui a eu lieue. Elle me le confie (qu’elle sait des choses), mais elle ajoute aussitôt qu’elle ne peut rien me dire – notez que je ne lui avais rien demandé. Elle ajoute un peu après (comme en une sorte d’excuses ou bien de précision) qu’elle se sait être sur écoute téléphonique ; pour la rassurer, je lui confie que moi aussi, je suis au courant que je suis sur écoute téléphonique…

(elle) – « Ah bon, tu es au courant ?! »

(moi) – « Oui, bien sûr, ça fait un moment que je suis au courant que je suis sur écoute »

Bon. Elle ne répond rien. Puis nous passons à un autre sujet, des projets personnels, etc.

Entre-nous : s’il n’y avait que moi, et qu’elle, qui soient sur écoute téléphonique… ce serait pas mal, finalement, et nous serions alors dans une presque démocratie… Mais ce n’est pas le cas, c’est loin d’être le cas – et bien des gens le savent, en France.

Alors quel est le sens de ce que j’écris, quels sont les liens entre ces idées et ces réalités ? Premièrement : qu’il y a de la méfiance dans l’air que nous respirons… mais deuxièmement : qu’il y a des paroles vraies qui filtrent si on y prends garde, si on sait les déceler ou qu’on les laisse venir. Je n’ai rien appris de nouveau auprès de cette amie en ce qui concerne la France et le génocide, mais je perçois tout de même comme un désir (chez elle comme chez bien d’autres), non pas de parler, ce serait trop brûlant, mais comme un désir d’un genre de retournement, d’un peu plus de vérité quoi qu’il en soit (sur ce sujet comme sur bien d’autres)… Ce n’est pas simple tout cela… on attends toujours que ce soit l’autre qui fasse les premiers pas, qui prenne des risque finalement – et certains prennent des risques, j’en rencontre, ils sont parfois dans mes écrits ; parfois ils ne le sont pas, et ils n’en sont pas moins actifs pour faire advenir une société où l’on ait une vie meilleure, plus humaine, plus chaleureuse et fraternelle. Mais il faut jouer carte sur table. C’est à mon sens incontournable.

La vérité n’est pas négociable, d’ailleurs, elle ressurgit toujours : là où on ne l’attendait pas, ou bien là où précisément on l’attendait – c’est pourquoi je suis confiant sur l’avenir. Mais il faut travailler, il nous faut travailler sérieusement à l’avènement de ce « bien mieux vivre… ensemble… (en France, aussi !) ».


Jean-Marie Delthil. Écouté (téléphoniquement), peut-être d’avantage ?

23 juillet 2009.


Par Michel Durand - Publié dans : J. M. Delthil - Communauté : Christianisme
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 23:13

Dernièrement, j'ai parlé de cet auteur, brièvement.

 

Chaque lundi, Pietro de Paoli participe à la vie du "blog de Berulle"  en publiant un article sur un 227194-Cardinal-Pierre-de-Berulle-Posters.jpg mot important du catholicisme. En 100 mots, de "âme" à "vie", il apporte sa vision de notre foi. 

A travers ces billets, il souhaite nous communiquer l'essentiel de l'espérance chrétienne...

loin des traités rébarbatifs.

100 petits mots pour dire Dieu et l'Eglise, 100 petits mots pour nous rappeler ce à quoi nous croyons et nous faire réfléchir sur le sens de notre foi, 100 petits mots à méditer, prier, et faire résonner dans notre vie.

 

Ce lundi : Evangélisation. Il parle bien mieux que je ne sais le faire :

"Pas question d’apporter l’Évangile comme on apporte la civilisation, et malheureusement, souvent de la même main, qui n’était guère tendre.

L’Évangile ne « s’apporte » pas, il se porte. Il se porte à même la peau. Et d’ailleurs sont qui l’ont porté y ont la plupart du temps laissé leur peau, comme le Christ…"


100 mots pour dire la foi, c'est ici.


Par Michel Durand - Publié dans : Témoignage - Communauté : Christianisme
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