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  • : Michel Durand
  • enmanquedeglise
  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : musique voyages lecture art nature
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf

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Samedi 16 février 2008
destruction_Liban.jpg Les enfants déportés parrainés par des enfants du primaire. Mais, quels enfants déportés ?
Pourquoi en rester ceux des années 40 ? Déportés et tués. Il y a aussi ce qui se passe en Palestine, ce qui s’est passé en Algérie, au Vietnam…, dans les Amériques.

Qui se souvient en France du 8 mai 45 ? « La mort d’un scout tué par la police française mettra le feu aux poudres à Sétif ».

Les enfants ne peuvent pas, pour que la mémoire subsiste, parrainer toutes les victimes des méfaits des adultes. Connaître et différents de parrainer.

Quel est l’esprit qui a imaginé que les enfants devaient porter les conséquences des méfaits des parents ?
Jésus a dit quelque part que l’on ne pouvait imputer aux enfants la faute des parents. Même si, quand les anciens mangent des raisins verts, les dents des générations à venir peuvent être en mauvaise santé.
Hélas, nous nous croyons en bonne santé malgré ce que les super puissants ont fait subir aux déportés des Amériques. Il y avait assurément des enfants qui en moururent.

Ce "dessous des cartes" dispense de tout commentaire.





Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Vendredi 15 février 2008
"Le fonctionnement même des rapports Nord-Sud maintient le Sud dans la dépendance, l’exploitation et le sous-développement."

"Les évêques de France ont leur place, éminente, dans ce combat aux côtés de ceux qui, par delà la diversité de leurs opinions se retrouvent pour estimer que les principes ne peuvent pas être sacrifiés sur l’autel de la démagogie et des calculs politiciens réunis."
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Dans un courrier adressé le 12 décembre aux évêques de France, M. Hortefeux admettait que  l’Eglise « est pleinement légitime à s’exprimer, d’une voix claire, dans le débat public » sur l’immigration, mais, précisait-il, « elle doit le faire en toute connaissance de cause ». Raison pour laquelle le Réseau Education sans frontières s’adresse à son tour aux évêques de France et aux autres autorités religieuses et morales pour réfuter les arguments du ministre mais aussi pour solliciter d'eux un engagement plus actif encore contre la politique cruelle de ce gouvernement.
M. Hortefeux assure que « la situation des immigrés est, trop souvent, douloureuse. Nombreux sont ceux qui, arrivant en France, vivent dans la précarité ». C’est créer la confusion, délibérément. Il y a 5 millions d’immigrés en France dont 2 millions de nationalité française. L’écrasante majorité d’entre eux y réside depuis des années ou des dizaines d’années. Ce n’est donc pas d’eux que parle le ministre. Même les immigrés récemment arrivés en France ne sont pas tous dans la précarité : les étudiants et les personnes entrant dans le cadre du regroupement familial sont soumis à une obligation de ressources, les conjoints étrangers de Français ont le niveau de vie de leur ménage. Au total, seule une minorité, quelques dizaines de milliers de personnes tout au plus, « vivent dans la précarité » parce qu’« arrivant en France » et, faut-il ajouter, parce qu’interdits de travailler car sans papiers ! Pour le reste, les immigrés ont, comme tous les habitants de ce pays, le niveau de vie de la catégorie socioprofessionnelle à laquelle ils appartiennent. Et si, en effet, la pauvreté et la précarité progressent dans les milieux populaires, ce n’est pas parce que les immigrés y sont relativement nombreux mais du fait de la situation économique, du chômage persistant, de la précarisation institutionnalisée du travail et de la baisse du pouvoir d’achat. La crise sociale a bien plus à voir dans la précarité que l’immigration.
Le lien biaisé établi entre précarité et immigration n’est pourtant pas une maladresse du ministre. C'est tout au contraire une habileté qui il lui permet de prétendre conduire sa lutte contre l’immigration au nom de l’intérêt des immigrés eux-mêmes. Fielleux, il interroge « faut-il compliquer leur situation en ouvrant les frontières à tout va ? » A l'en croire, ce serait  par charité pure et dans leur intérêt bien compris que M. Hortefeux claquerait la porte aux victimes des guerres civiles ou étrangères, aux rescapés des dictatures, aux survivants des disettes, aux échappé(e)s de l'obscurantisme. Les manifestations de la compassion de M. Hortefeux, ses rafles au faciès, ses centres de rétention, ses expulsions massives et ses tests ADN seraient un sage antidote à la « générosité hâtive [...] lourde de conséquences » de ceux qui demandent le respect des droits de l’Homme.
C’est un classique de l’argumentaire sournoisement xénophobe : il faut chasser les immigrés pour les empêcher de brûler vifs dans des hôtels insalubres, d’être victimes de  trafiquants ou de végéter dans la précarité. Plutôt qu’apporter une solution réelle aux problèmes de l’insalubrité de certains hôtels, de l’insuffisance du parc de logement social ou du fonctionnement du marché du travail on s’en prend aux victimes en les faisant disparaître, « dans leur intérêt ». Pirouettes rhétoriques qui n’empêchent en rien les vraies questions de se poser mais permettent de mener une politique indigne drapée de bonne conscience.
La seconde justification que donne M. Hortefeux à sa politique anti-immigration serait l’intérêt des réfugiés et des migrants réguliers que les sans papiers empêcheraient de « s’intégrer à la communauté nationale ». Comment ? Pourquoi ? Ce n’est pas dit explicitement. Mais le sous-entendu est clairement que le comportement des immigrés récents (les sans papiers) déconsidérerait l’ensemble de l’immigration. C’est, à mots à peine couverts, insinuer que les sans papiers seraient responsables de la crise des banlieues, de la délinquance, de l’intégrisme et, pour un peu, du terrorisme ou du Sida. Les ghettos urbains, le chômage, la précarité, la paupérisation de toute une fraction de la population, la désespérance devant un avenir perçu comme bouché, n’y sont pour rien. Le responsable, c’est l’autre, l’étranger, l’immigré, particulièrement le sans papier. C’est tourné poliment, le langage est feutré. Mais M. Le Pen n’aurait rien à y redire.
Concernant le droit d’asile, M. Hortefeux se veut un modèle de vertu : « Bien sûr, respecter le droit d’asile est un devoir » assure-t-il. « La France honore ses engagements puisqu’elle a reçu près de 40 000 demandes d’asile l’année dernière ». Certes, mais il ne dit pas que c’est 33,6% de moins que l’année précédente et que seules 7 354 de ces demandes d’asile ont été satisfaites (81,5% de rejet). « La France honore… », en solde.
« Nous remplissons d’autant mieux notre devoir d’accueil que nous luttons contre les détournements de procédure » soutient M. Hortefeux. A l’heure où il écrivait ces mots, un ressortissant turc, Ferzende Tastan, torturé dans son pays, y ayant purgé 19 mois de prison, condamné à 12 ans par contumace pour ses opinions indépendantistes kurdes, débouté du droit d’asile, était placé en rétention pour la seconde fois de l’année 2007. Ce père de cinq enfants dont quatre scolarisés a été condamné à trois mois de prison ferme pour refus d’embarquer qu’il purge actuellement. Or, l’OFPRA vient de lui accorder le statut de réfugié, légitimant son refus de se laisser expulser. « Nous remplissons notre devoir d'accueil... » ose le ministre.
Le reste est à l'avenant, avec des phrases qui font bondir : « Lorsque les forces de police arrêtent [...} 3500 passeurs et 600 marchands de sommeil, ce sont des milliers d'étrangers qui se trouvent libérés ». En réalité, les victimes « libérées » sont internées dans des prisons administratives pour étrangers (CRA) et expulsées, ligotées de la tête aux pieds, portées comme des paquets et molestées dès lors qu'elles résistent.   
Comme tous ceux qui l’ont précédé, M. Hortefeux proclame la nécessité de « répondre au défi du développement des pays d'immigration », « seule solution pour maîtriser, durablement, les flux migratoires ». Un discours inoxydable ! En 1970, les pays développés se fixaient l’objectif de consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide au développement. Trente-sept ans plus tard, la France y consacre officiellement toujours moins de 0,5% de son PNB en y incluant aussi bien les salaires des enseignants des lycées français (dont les élèves sont en majorité des enfants d’expatriés français), le coût estimé des étudiants étrangers en France, celui « d’accueil » des réfugiés ainsi que les frais d’expulsion des étrangers sans papiers et l’aide au retour. L’aide réelle au développement ne représenterait que 0,24% du revenu national, pour une bonne part sous forme d’annulation de dette.
Ainsi en dépit des discours ressassés et des sempiternelles résolutions internationales, le fonctionnement même des rapports Nord-Sud maintient le Sud dans la dépendance, l’exploitation et le sous-développement. Il n’y a aucune raison pour que les habitants des pays pauvres soient doublement pénalisés : une première fois en naissant par hasard dans des pays confinés dans le sous développement, une seconde fois en étant interdits d’en sortir.

Autant le ministre est disert sur ce que n’est pas la réalité de sa politique (le codéveloppement, l’accueil des réfugiés, la lutte contre la précarité), autant il est lapidaire sur ce qui, pourtant, constitue la raison d’être de son ministère et le cœur de son action : la chasse aux étrangers en situation irrégulière. Il n’y consacre qu’une phrase : « Il faut […] adresser un message clair aux candidats à l’émigration, en leur démontrant que la clandestinité  est une voie sans issue ».
Le propos doit être décrypté. Comment, concrètement, « démontrer que la clandestinité est une voie sans issue » ? Le ministre n’en dit pas un mot parce que les réponses à cette question sont la violence et la terreur, seuls « messages clairs » susceptibles de faire fuir une population de là où elle est établie ou de l’empêcher de se rendre là où elle espère vivre mieux. Il n’y en a pas d’autre, toute l’histoire en témoigne. Bien entendu, et c’est heureux, ni la société française, ni même probablement M. Hortefeux lui-même, ne sont prêts à accepter le recours ouvert à la terreur. Mais il n’empêche que, pris au piège de ses engagements réitérés de battre des records d'expulsions, le ministre exerce une pression permanente sur les services contraints de prendre des libertés avec les procédures ou de gérer des situations indignes pour remplir leurs quotas d’arrestations et d’expulsions.
De fait, ces derniers mois les situations inacceptables se sont multipliées : nourrisson de trois semaines placé en garde à vue puis en rétention avec ses parents. Puis, le JLD ayant ordonné leur libération, abandonnés à 400 km de chez eux, sans un sou, pas même une couche (Orléans Rouen, octobre 2007) ; enfant de trois mois sevré brutalement, sa mère sans papiers, dénoncée par son employeur, ayant été mise en garde à vue. Le bébé et son frère sont confiés à l'ASE (Sens, octobre 2007). Samir, 19 ans, élève du LP de Villeneuve sur Lot expulsé moins de 24 heures après son arrestation sur une convocation piège. « Fast deportation » disent ses copains (octobre 2007). Expulsion du père d’un enfant de 10 ans orphelin de mère empêchée à la dernière minute (Melun, novembre 2007 ) ; La liste des situations choquantes engendrées par la volonté de remplir les quotas assignés par le ministre est interminable.
Insupportables du point de vue de ceux dont les vies sont dévastées, ces faits le sont tout autant pour la société française qui ne pourrait pas tolérer ces atteintes aux droits des personnes sans y perdre son âme. Fonctionnaires des préfectures, policiers, magistrats se voient confier des missions qui ne peuvent que troubler leur conscience. Enseignants, parents d'élèves, citoyens ordinaires découvrent des situations devant lesquelles ne pas réagir serait un déshonneur. La politique du gouvernement en matière d'immigration est une agression des consciences, qu’elles soient de France ou des pays d’origine des migrants. Il est sain et légitime qu’elle soit combattue par tous ceux et toutes celles qui, dans ce pays ont à cœur de faire triompher une certaine idée de la dignité humaine. Les évêques de France ont leur place, éminente, dans ce combat aux côtés de ceux qui, par delà la diversité de leurs opinions se retrouvent pour estimer que les principes ne peuvent pas être sacrifiés sur l’autel de la démagogie et des calculs politiciens réunis.

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Jeudi 14 février 2008
Richard Holterbach m’envoie ce texte du théologien jésuite Christoph Théobald. Il me faut le lire plusieurs fois, et lentement, pour bien le comprendre. C’est un écrit qui désormais pèsera dans ma réflexion car je trouve qu’il situe à sa juste place, le comportement démesuré de certains chrétiens voulant, dans leur vie quotidienne, une réponse à l’appel à une vie sobre selon l’Evangile. Ceci pour lutter contre la démesure de l’exploitation de la nature. Je vous invite à prendre le temps de le lire.
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La crèche, le calvaire, voilà le commencement de toutes les œuvres de Dieu. Ce qui commence autrement, ne  continue pas ou réussit mal". Antoine Chevrier, 22 juin 1873

Arts, cultures & foi de l’Eglise de Lyon m’adresse par ailleurs le discours de Benoît XVI qui annonce une année « Saint Paul ». Il y a le souhait de quelques créations artistiques pour souligner le charisme paulinien. Comment un plasticien pourrait-il faire sentir le nécessaire changement de style de vie pour que l’humanité change d’orientation afin de vivre enfin dans le vrai ?

Ces deux textes disent combien il est nécessaire que la parole, pour qu’elle soit crédible, s’accompagne d’actes qui lui correspondent.

« Le succès de son apostolat, écrit Benoît XVI à propos de Paul,  dépend surtout d’une implication personnelle, dans l’annonce de l’Evangile avec un dévouement total pour le Christ. » Et encore : « L’action de l’Eglise est crédible et efficace uniquement dans la mesure où ceux qui en font partie sont disposés à payer de leur personne leur fidélité au Christ, dans chaque situation ».

Que paroles et actes soient conformes entre eux, même si cette conformité nous place en non-conformité avec le monde ambiant.

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« Ce qu'on a appelé en Occident «la mort de l'homme n'est rien d'autre que l'essai structurel de nos sociétés pour rendre les individus de plus en plus « conformes » aux modes continuellement fluctuantes. Mais c'est à cet endroit critique qu'apparaît aussi avec force la valeur fondamentale d'une vie authentique. Mis à l'épreuve par un conformisme généralisé, des individus et des groupes se laissent désencombrés et découvrent ensemble l'élémentaire de la vie. Ils luttent par exemple dans des associations de plus en plus nombreuses contre une logique de pure conformité à des modèles préfabriqués, pour vivre, là où ils sont, une véritable inventivité individuelle et sociale. L'authenticité est alors liée à la concordance entre les paroles et les actes de quelqu'un (ou d'un groupe qui suscite par sa manière d'être la confiance de son entourage ; elle se manifeste en même temps dans sa capacité de s'étonner, en paroles et en actes, devant ce qui est le plus élémentaire dans toute existence humaine : le lien qui la lia à d'autres ou la reconnaissance (comme disait Hegel), c'est à dire le fait de pouvoir exister parce qu'on est attendu ou désiré par d'autres, et parce qu'on devient en même temps capable d'attendre et de désirer un autre et peut-être beaucoup d'autres. Autant nos sociétés sont marquées par le risque de la mort de l'homme, autant elles sont devenues sensibles aux images d'une vie authentique qui émergent un peu partout, en deçà des frontières traditionnelles, qu'elles soient religieuses ou idéologiques.
La crise des « états de vie », tels que le christianisme occidental les a élaborés, est intimement liée à cette situation. Or la spiritualité ignatienne offre ici un double atout.
Le premier découle de la manière dont elle a relativisé, à l'aube de la modernité, la distinction entre l'état de précepte et l'état de conseil, au profit de ce que le chapitre v de Lumen gentium traite sous le titre «L'appel universel à la sainteté». Toute vie chrétienne digne de ce nom, peut-être même toute vie, est appelée à une démesure : « Donnez et on vous donnera. C'est une bonne mesure tassée, secouée, débordante, que l'on versera dans le pan de votre vêtement, car c'est la mesure dont vous vous servez qui servira de mesure pour vous » (Le 6, 34). Or cet appel à une démesure qui est perfection (Mt 5, 48) ne signifie nullement l'incitation à un héroïsme. Nous touchons là au mystère même de Dieu, au point où la démesure de Dieu rejoint la mesure humaine et où elle s'avère être à la mesure absolument singulière de chacun. Comment pourrait-on légiférer sur la démesure de Dieu à la mesure d'un tel ou d'un tel ? C'est ici que la notion de « conseil » trouve donc sa véritable signification : l'Esprit conseille chacun de manière immédiate et chacun a besoin du conseil fraternel et ecclésial pour que tous puissent se révéler mutuellement ce qui est à la mesure de chacun.
Son second atout est sa sensibilité à une « logique fondatrice ». Nous savons que les textes ignatiens sont écrits de telle manière que ceux et celles qui se les approprient ne sont pas appelés à reproduire tel ou tel modèle mais invités à entrer dans l'expérience créatrice des fondateurs. Cette créativité proprement théologale, souvent restée enkystée dans la structure sociale et religieuse des « états », est aujourd'hui libérée - c'est l'envers du diagnostic - et peut s'appliquer désormais, non seulement aux itinéraires individuels, mais encore à la formation de multiples styles communautaires. Que l'authenticité unique de la figure de Jésus soit le critère décisif de cette créativité, nous conduit de l'Esprit du conseil, sagesse mystérieusement répandue dans l'humanité, vers la marque spécifique du « style chrétien ».


Christoph Theobald, le christianisme comme style, cerf, p, 432

    
Le christianisme comme style : Une manière de faire de la théologie en postmodernité Tome 1 par Christoph Theobald (Broché - 11 octobre 2007)
Le christianisme comme style : Une manière de faire de la théologie en postmodernité Tome 2 par Christoph Theobald (Broché - 18 octobre 2007)
Par Michel Durand - Publié dans : Anthropologie - Communauté : Christianisme
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Mercredi 13 février 2008
France 3 Région Lorraine, Champagne, Ardenne en parle le 2 février 2008.
France-inter, avec CO2 mon amour, le 9 février 2008

jean_marie_pelt.jpg Jean-Marie Pelt, son regard sur l'homme, est à l'honneur.
Il pense qu'une nouvelle éthique s'impose, celle d'une écologie spiritualiste, seule voie porteuse d'avenir. Nous ne pouvons plus réduire l'homme, affirme-t-il, à ses seules dimensions économiques et sociales. Ce serait l'amputer des valeurs qui font la singularité et l'honneur de l'humanité.
"Judaïsme et christianisme ont bien en commun une ultime promesse de joie, de paix et d'amour pour une humanité et une nature en Dieu réconciliées."

Il milite pour une "écologie spiritualiste", thème de son nouvel ouvrage

Toujours dans son crédo écologiste, Jean-Marie Pelt nous entraîne dans l'alliance de l'homme et de la nature pour maintenir les grands équilibres biologiques et climatiques, en ne négligeant pas le passage obligé vers la spiritualité, communion de l'environnement et de l'esprit.
 
L'apport des religions
L'ouvrage nous engage à plonger dans l'univers spirituel des grandes religions du monde, face à la nature et à sa nécessaire préservation.
L'hindouisme, le taoïsme, le bouddhisme, l'islamisme, le judaïsme, le christianisme nous apprennent que le sort de l'homme et celui de la nature sont étroitement liés et que le réduire à ses seules dimensions économiques et sociales serait l'amputer des valeurs qui font la singularité et l'honneur de l'humanité.
Pour Jean-Marie Pelt, écologiste également humaniste, une nouvelle éthique s'impose, celle d'une écologie spiritualiste. Mais pourquoi, dans la première partie, place-t-il le christianisme en dernier ? Chronologiquement cela devrait être l'islam.

Ce livre se veut porteur d'un message d'espérance. Avec la sensibilié que l'on connaît à l'auteur, un avenir où le spirituel permettrait la sauvegarde de l'humanité nous est brossé, avec toute la force qui permet de s'éloigner de l'utopisme.


Présentation de l'éditeur :
Ce livre ne se veut pas un ouvrage savant. Plus modestement, il entend mettre en lumière les profondes convergences des grandes traditions philosophiques, spirituelles et religieuses du monde sur des points essentiels de la sensibilité moderne.

Celle-ci se décline en trois points : la nécessaire sobriété écologique pour limiter l'épuisement des ressources naturelles ; l'alliance nécessaire de l'homme et de la nature pour maintenir les grands équilibres biologiques et climatiques ; la mise en cause enfin du rêve prométhéen si caractéristique de notre temps, où les sciences et les techniques, étroitement liées au capitalisme, emmènent l'humanité au pas de charge dans un rêve de puissance et de domination au mépris de toute modération et de toute sagesse.

Pour assurer l'avenir de nos enfants, des choix urgents s'imposent ; ils devront tenir compte des exigences nouvelles imposées à l'Homo sapiens, dès lors qu'il est la seule espèce vivante à éclore à la conscience et donc à la responsabilité. Car nous sommes désormais les seuls responsables de l'avenir.

Il va falloir choisir, et vite, entre la poursuite effrénée de l'évolution actuelle et aller droit dans le mur, ou changer de cap et aller résolument vers une autre civilisation, Homo sapiens contre Homo demens.

Ce livre voudrait éclairer et faciliter ce choix.


Nature et Spiritualité, Jean-Marie Pelt et Franck Steffan, Editions Fayard

Lire le point de vue de Fabrice Nicolino

- Donc, à lire pour se faire une idée personnelle. Merci  de nous communiquer votre avis. "Nous", c'est-à-dire à tous les lecteurs.











Par Michel Durand - Publié dans : Anthropologie - Communauté : Christianisme
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Mardi 12 février 2008
Ayant lu l'article de Martine Nardin : l'Apocalypse revisitée*, j'ai pensé à l'intérêt qu'une personne compétence en la matière comme elle, revisitant l'Apocalypse biblique, écrive une apocalypse pour un XXIe siècle écrasé par l'omniprésence d'une mondialisation économique. ApocalypseStSever.jpg
Voici le texte que je lui adresse.

Le N° 129/3 de la nouvelle revue théologique m'a donné à lire votre article "L'Apocalypse revisitée". Je partage totalement votre avis : l'appropriation de ce texte "ne s'arrête pas aux auditeurs de Jean". Et j'ai lu votre étude en me demandant constamment ce que je pourrais "tirer" de la "Révélation" pour mieux accompagner la quête de vérité de mes contemporains – ma propre quête. Le danger de cette revisitation ne serait-il pas le concordisme ? Faire dire au texte ce dont on a besoin, ce qui nous serait agréable de lire ?
N'étant ni théologien et encore moins exégète, je ne me sens pas apte à répondre à ma question. Peut-être aurez-vous un avis.
Voilà pourquoi je vous écris : un simple souci de pasteur !

Quelques chrétiens écologistes tentent d'alerter l'opinion en soulignant que la Révélation chrétienne a déjà tout annoncé de ce qu'il conviendrait de transformer dans les comportements des Occidentaux industrieux. Ils disent que l'illusion d'un progrès illimité conduit l'homme à sa perte et que si l'homme de siècle en siècle a toujours trouvé une solution aux problèmes rencontrés, il ne s'arrêtera jamais d'imaginer de nouvelles idées lui permettant d'inventer d'autres créations. L'homme est ingénieux. Il lui appartient d'aller sans cesse de l'avant. Cette vision de l'humanité s'inscrit bien évidemment dans le libéralisme philosophique. Or, cette vision optimiste est radicalement fausse, proclament des écologistes. En effet, les ressources naturelles ne sont pas inépuisables. La matière première manque déjà et manquera sous peu encore plus, car les pays économiquement émergeant : Chine, Inde, Brésil, imitant l'Occident ont une demande pressante. Les économistes ne cessent d'analyser, en tirant les sonnettes d'alarme, la hausse des prix des matières premières. Il suffit pour se convaincre de la réalité du problème d'observer la montée du prix du pétrole. La déplétion de l'or noir que les pays industrialisés refusent semble-t-il de voir en face, fait que "tête baissée nous allons droit dans le mur".
Les tenants du progrès infini, de la capacité illimitée de l'homme à inventer des issus favorables dans la ligne de son confort, jugent avec arrogance et mépris les avertissements de ces pessimistes donneurs de leçon. Ils ne sont que des prophètes de malheur qui vivent, disent-ils, dans la négation de l'intelligence humaine.
Du reste, l'histoire ne leur a jamais donné raison. Il suffit de se rappeler ce qui est advenu à Pierre Valdo et à tous les "partageux" qui souhaitent une société plus pauvre, plus fraternelle, plus juste. Du XIe au XXIe siècle les tenants d'une vie sobre, simple, juste selon l'Évangile n'ont jamais eu gain de cause. Ils furent toujours marginalisés même pas une Église s'appuyant sur la force des pays économiquement forts. Les "objecteurs de croissance" ne seront éternellement que des perdants.

Mais, quel lien avec l'Apocalypse me demanderez-vous ?

Vous apportez la réponse en citant Jean-Paul II : "Peut-être l'humanité de notre temps "qui a souvent la sensation d'être seule et abandonnée dans les landes désolées de l'histoire" a-t-elle besoin – plus que jamais d'entendre ce message (l'Apocalypse) d'espérance ?"
Reprenons les symboles du dernier livre du Nouveau Testament. Babylone, Rome, Byzance-Constantinople… Washington, Pékin… Puissances impériales qui écrasent les petits. L'Occident matérialiste qui impose ses lois à ceux qui voudraient vivre selon l'Esprit. Ces derniers, écrasés, ne sont-ils pas comme les martyrs provoquant le cri de la révolte : pourquoi, Seigneur, laisses-tu agir la main de ceux qui veulent notre perte ? Pourquoi les chrétiens d'Égypte ont-ils eu à souffrir des empereurs chrétiens de Constantinople, les chrétiens d'Afrique du Nord de l'empire chrétien de Rome ? Les chrétiens d'Irak…
Je vous laisse terminer la liste, "apocalyptique", qui est assurément bien longue quand on regarde dans le détail tous les peuples de la terre. Est-ce que ceux-ci ne seraient pas mis à la suite "de l'Agneau partout où il va ?" Si oui, que faire, que dire ?

Je ne peux conclure mes pensées sans lancer une invitation à une étude plus approfondie.
Il me semble que le mystère pascal, clef de voûte du jugement de Dieu où l'on voit son action dès maintenant dans la conversion des nations, s'opère au travers des chercheurs de vie simple, sobre, spirituellement épanouissante.
Martyrs sans effusion de sang, martyrs brutalisés par les puissances internationales économiques, martyrs malmenés par les tenants de l'unique religion efficace, celle de la consommation dont les temples seront bientôt ouverts chaque jour de la semaine, surtout le dimanche, jour où "Commerce" fait son plus gros chiffre d'affaires. Adoration du dieu-argent. Mammon.
Dévoilons celui qui est vainqueur de la Bête et mettons-nous à sa suite pour triompher du mal.

Si ma "littérature" vous a inspiré quelques réflexions, j'en serai ravi. C'est que mes phrases seront plus que simple littérature. Et, je serais vraiment heureux de pouvoir bénéficier des pensées et textes que cela a pu produire en vous. Même si je ne suis que délire, n'hésitez pas à me l'écrire en argumentant, bien sûr, vos avis et méditations comme vous l'avez si bien exprimé dans votre article.
Des personnes en mal de plénitude détournent le regard pour ne plus voir la "bête capitale", immonde, oppressante ; mais ils ignorent que la victoire est à portée de main. Il suffit, en effet, de sauter sur l'autre rive. Abandonner le mythe du progrès pour s'abreuver de vie simple et sobre.
Pourtant, pour accomplir ce pas, si petit doit-il, il faut du courage, aussi, il convient de rendre visible la puissance de l'Espérance, donner l'audace de l'inconnue. Autrement dit, je lance un appel : écrire une Apocalypse pour le XXIe siècle qui exhorte à la persévérance dans sa mise à la suite du vainqueur du monde, qui veut, universellement, le bonheur de tous.

*

- Martine NARDIN osb - L’Apocalypse revisitée

  • Des siècles de commentaires n’ont pas fini d’élucider ce livre énigmatique et fascinant qu’est l’Apocalypse. À quelle question répond ce livre ? Quel message délivre-t-il ? L’étude de la structure permet de déceler le rôle-clé joué par une supplication (6,10) qui commande toutes les réponses. Face au scandale des chrétiens d’Asie devant la mort des « immolés », Jean répond en effet par une théologie du martyre (ch. 11) qui débouche sur une théologie pascale de l’histoire. À leur tour, l’étude des grandes symboliques structurantes — le livre (ch. 4–11) et la femme (ch. 12–22) — et celle des relectures scripturaires de l’A. viennent confirmer cet éclairage et manifester le plein accord de l’Apocalypse avec le reste du Nouveau Testament.
Par Michel Durand - Publié dans : Anthropologie - Communauté : Christianisme
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