France 3 Région Lorraine, Champagne, Ardenne en parle le 2 février
2008.
France-inter, avec CO2 mon amour, le 9 février 2008
Jean-Marie Pelt, son regard sur l'homme, est à l'honneur.
Il pense qu'une nouvelle éthique s'impose, celle d'une écologie spiritualiste, seule voie porteuse d'avenir. Nous ne pouvons plus réduire l'homme,
affirme-t-il, à ses seules dimensions économiques et sociales. Ce serait l'amputer des valeurs qui font la singularité et l'honneur de l'humanité.
"Judaïsme et christianisme ont bien en commun une ultime promesse de joie, de paix et d'amour pour une humanité et une nature en Dieu
réconciliées."
Il milite pour une "écologie spiritualiste", thème de son nouvel ouvrage
Toujours dans son crédo écologiste, Jean-Marie Pelt nous entraîne dans l'alliance de l'homme et de la nature pour maintenir les grands équilibres biologiques
et climatiques, en ne négligeant pas le passage obligé vers la spiritualité, communion de l'environnement et de l'esprit.
L'apport des religions
L'ouvrage nous engage à plonger dans l'univers spirituel des grandes
religions du monde, face à la nature et à sa nécessaire préservation.
L'hindouisme, le taoïsme, le bouddhisme, l'islamisme, le judaïsme, le christianisme nous apprennent que le sort de l'homme et celui de la nature sont
étroitement liés et que le réduire à ses seules dimensions économiques et sociales serait l'amputer des valeurs qui font la singularité et l'honneur de l'humanité.
Pour Jean-Marie Pelt, écologiste également humaniste, une nouvelle éthique s'impose, celle d'une écologie spiritualiste. Mais pourquoi, dans la première
partie, place-t-il le christianisme en dernier ? Chronologiquement cela devrait être l'islam.
Ce livre se veut porteur d'un message d'espérance. Avec la sensibilié que l'on connaît à l'auteur, un avenir où le spirituel permettrait la sauvegarde de
l'humanité nous est brossé, avec toute la force qui permet de s'éloigner de l'utopisme.
Présentation de l'éditeur :
Ce livre ne se veut pas un ouvrage savant. Plus modestement, il entend mettre en lumière les profondes convergences des grandes traditions philosophiques, spirituelles et
religieuses du monde sur des points essentiels de la sensibilité moderne.
Celle-ci se décline en trois points : la nécessaire sobriété écologique pour limiter l'épuisement des ressources naturelles ; l'alliance nécessaire de l'homme et de la nature pour
maintenir les grands équilibres biologiques et climatiques ; la mise en cause enfin du rêve prométhéen si caractéristique de notre temps, où les sciences et les techniques, étroitement liées au
capitalisme, emmènent l'humanité au pas de charge dans un rêve de puissance et de domination au mépris de toute modération et de toute sagesse.
Pour assurer l'avenir de nos enfants, des choix urgents s'imposent ; ils devront tenir compte des exigences nouvelles imposées à l'Homo sapiens, dès lors qu'il est la
seule espèce vivante à éclore à la conscience et donc à la responsabilité. Car nous sommes désormais les seuls responsables de l'avenir.
Il va falloir choisir, et vite, entre la poursuite effrénée de l'évolution actuelle et aller droit dans le mur, ou changer de cap et aller résolument vers une autre civilisation,
Homo sapiens contre Homo demens.
Ce livre voudrait éclairer et faciliter ce choix.
Nature et Spiritualité, Jean-Marie Pelt et
Franck Steffan, Editions Fayard
Lire le point de vue de Fabrice Nicolino
- Donc, à lire pour se faire une idée personnelle. Merci de nous communiquer votre avis. "Nous", c'est-à-dire à tous les lecteurs.
Par Michel Durand
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Publié dans : Anthropologie
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Ayant lu l'article de Martine Nardin : l'Apocalypse revisitée*, j'ai pensé à l'intérêt qu'une personne compétence en la matière
comme elle, revisitant l'Apocalypse biblique, écrive une apocalypse pour un XXIe siècle écrasé par l'omniprésence d'une mondialisation économique.
Voici le texte que je lui adresse.
Le N° 129/3 de la nouvelle revue théologique m'a donné à lire votre article "L'Apocalypse revisitée". Je partage totalement
votre avis : l'appropriation de ce texte "ne s'arrête pas aux auditeurs de Jean". Et j'ai lu votre étude en me demandant constamment ce que je pourrais "tirer" de la "Révélation" pour mieux
accompagner la quête de vérité de mes contemporains – ma propre quête. Le danger de cette revisitation ne serait-il pas le concordisme ? Faire dire au texte ce dont on a besoin, ce qui nous
serait agréable de lire ?
N'étant ni théologien et encore moins exégète, je ne me sens pas apte à répondre à ma question. Peut-être aurez-vous un avis.
Voilà pourquoi je vous écris
: un simple souci de pasteur !
Quelques chrétiens écologistes tentent d'alerter l'opinion en soulignant que la Révélation chrétienne a déjà tout annoncé de ce qu'il conviendrait de transformer dans les
comportements des Occidentaux industrieux. Ils disent que l'illusion d'un progrès illimité conduit l'homme à sa perte et que si l'homme de siècle en siècle a toujours trouvé une solution aux
problèmes rencontrés, il ne s'arrêtera jamais d'imaginer de nouvelles idées lui permettant d'inventer d'autres créations. L'homme est ingénieux. Il lui appartient d'aller sans cesse de l'avant.
Cette vision de l'humanité s'inscrit bien évidemment dans le libéralisme philosophique. Or, cette vision optimiste est radicalement fausse, proclament des écologistes. En effet, les ressources
naturelles ne sont pas inépuisables. La matière première manque déjà et manquera sous peu encore plus, car les pays économiquement émergeant : Chine, Inde, Brésil, imitant l'Occident ont une
demande pressante. Les économistes ne cessent d'analyser, en tirant les sonnettes d'alarme, la hausse des prix des matières premières. Il suffit pour se convaincre de la réalité du problème
d'observer la montée du prix du pétrole. La déplétion de l'or noir que les pays industrialisés refusent semble-t-il de voir en face, fait que "tête baissée nous allons droit dans le
mur".
Les tenants du progrès infini, de la capacité illimitée de l'homme à inventer des issus favorables dans la ligne de son confort, jugent avec arrogance et mépris les avertissements
de ces pessimistes donneurs de leçon. Ils ne sont que des prophètes de malheur qui vivent, disent-ils, dans la négation de l'intelligence humaine.
Du reste, l'histoire ne leur a jamais donné raison. Il suffit de se rappeler ce qui est advenu à Pierre Valdo et à tous les "partageux" qui souhaitent une société plus pauvre, plus
fraternelle, plus juste. Du XIe au XXIe siècle les tenants d'une vie sobre, simple, juste selon l'Évangile n'ont jamais eu gain de cause. Ils furent toujours marginalisés même pas une Église
s'appuyant sur la force des pays économiquement forts. Les "objecteurs de croissance" ne seront éternellement que des perdants.
Mais, quel lien avec l'Apocalypse me demanderez-vous ?
Vous apportez la réponse en citant Jean-Paul II : "Peut-être l'humanité de notre temps "qui a souvent la sensation d'être seule et abandonnée dans les landes désolées de
l'histoire" a-t-elle besoin – plus que jamais d'entendre ce message (l'Apocalypse) d'espérance ?"
Reprenons les symboles du dernier livre du Nouveau Testament. Babylone, Rome, Byzance-Constantinople… Washington, Pékin… Puissances impériales qui écrasent les petits. L'Occident
matérialiste qui impose ses lois à ceux qui voudraient vivre selon l'Esprit. Ces derniers, écrasés, ne sont-ils pas comme les martyrs provoquant le cri de la révolte : pourquoi, Seigneur,
laisses-tu agir la main de ceux qui veulent notre perte ? Pourquoi les chrétiens d'Égypte ont-ils eu à souffrir des empereurs chrétiens de Constantinople, les chrétiens d'Afrique du Nord de
l'empire chrétien de Rome ? Les chrétiens d'Irak…
Je vous laisse terminer la liste, "apocalyptique", qui est assurément bien longue quand on regarde dans le détail tous les peuples de la terre. Est-ce que ceux-ci ne seraient pas
mis à la suite "de l'Agneau partout où il va ?" Si oui, que faire, que dire ?
Je ne peux conclure mes pensées sans lancer une invitation à une étude plus approfondie.
Il me semble que le mystère pascal, clef de voûte du jugement de Dieu où l'on voit son action dès maintenant dans la conversion des nations, s'opère au travers des chercheurs de
vie simple, sobre, spirituellement épanouissante.
Martyrs sans effusion de sang, martyrs brutalisés par les puissances internationales économiques, martyrs malmenés par les tenants de l'unique religion efficace, celle de la
consommation dont les temples seront bientôt ouverts chaque jour de la semaine, surtout le dimanche, jour où "Commerce" fait son plus gros chiffre d'affaires. Adoration du dieu-argent.
Mammon.
Dévoilons celui qui est vainqueur de la Bête et mettons-nous à sa suite pour triompher du mal.
Si ma "littérature" vous a inspiré quelques réflexions, j'en serai ravi. C'est que mes phrases seront plus que simple littérature. Et, je serais vraiment heureux de pouvoir
bénéficier des pensées et textes que cela a pu produire en vous. Même si je ne suis que délire, n'hésitez pas à me l'écrire en argumentant, bien sûr, vos avis et méditations comme vous l'avez si
bien exprimé dans votre article.
Des personnes en mal de plénitude détournent le regard pour ne plus voir la "bête capitale", immonde, oppressante ; mais ils ignorent que la victoire est à portée de main. Il
suffit, en effet, de sauter sur l'autre rive. Abandonner le mythe du progrès pour s'abreuver de vie simple et sobre.
Pourtant, pour accomplir ce pas, si petit doit-il, il faut du courage, aussi, il convient de rendre visible la puissance de l'Espérance, donner l'audace de l'inconnue. Autrement
dit, je lance un appel : écrire une Apocalypse pour le XXIe siècle qui exhorte à la persévérance dans sa mise à la suite du vainqueur du monde, qui veut, universellement, le bonheur de
tous.
*
Martine NARDIN osb - L’Apocalypse revisitée
- Des siècles de commentaires n’ont pas fini d’élucider ce livre énigmatique et fascinant qu’est l’Apocalypse. À quelle question répond ce livre ? Quel message
délivre-t-il ? L’étude de la structure permet de déceler le rôle-clé joué par une supplication (6,10) qui commande toutes les réponses. Face au scandale des chrétiens d’Asie devant la mort
des « immolés », Jean répond en effet par une théologie du martyre (ch. 11) qui débouche sur une théologie pascale de l’histoire. À leur tour, l’étude des grandes symboliques
structurantes — le livre (ch. 4–11) et la femme (ch. 12–22) — et celle des relectures scripturaires de l’A. viennent confirmer cet éclairage et manifester le plein accord de l’Apocalypse avec le
reste du Nouveau Testament.
Par Michel Durand
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