Jeudi 31 mai 2007
Dans le contexte des réflexions de Pierre Régnier, voici l'extrait d'un article de Jean-Marie Muller* paru dans le Quotidien "La Croix" -Forum du 18-20 mai 2007.



Tendre l'autre joue, c'est refuser à notre adversaire de prendre prétexte de notre violence pour justifier sa propre violence. Car il attend notre riposte, il pense même qu'il la mérite, qu'en quelque sorte il y a droit, et le fait même qu'il ne la voit pas venir le déconcerte et le confond.
«Pour les chrétiens, précise Benoît XVI, la non-violence n'est pas un simple comportement tactique, mais bien une manière d'être de la personne. » Là encore, le pape rejoint la tradition spirituelle de la non-violence qui, en effet, ne la réduit pas à une simple tactique, mais la reconnaît comme l'exigence la plus authentique de l'humanité de l'homme. La non-violence est donc, d'abord et essentiellement, une attitude. Elle est l'attitude éthique de l'homme qui respecte la dignité de l'humanité de l'homme, en lui-même et en tout autre homme. Pareille attitude se fonde sur une conviction existentielle : la non-violence est une plus forte résistance à la violence que la contre-violence.
Mais Benoît XVI ajoute aussitôt : la non-violence est « l'attitude de celui qui est tellement convaincu de l'amour de Dieu et de sa puissance, qu'il n'a pas peur d'affronter le mal avec les seules armes de l'amour et de la vérité ». Il précise: « L'amour de l'ennemi constitue le noyau de la "révolution chrétienne", une révolution qui n'est pas fondée sur des stratégies de pouvoir économique, politique ou médiatique. La révolution de l'amour, un amour qui ne s'appuie pas, en définitive, sur les ressources humaines, mais qui est un don de Dieu que l'on obtient uniquement en faisant confiance sans réserves à sa bonté miséricordieuse.
Ici, force est de reconnaître que le pape s'éloigne de la tradition de la non-violence qui affirme que la construction de la justice et de la paix exige une véritable stratégie qui mette en œuvre une réelle force s'opposant efficacement à la force de la violence. C'est le propre de l'idéalisme spirituel de prêter à l'amour et à la vérité une force intrinsèque qui serait capable d'agir par elle-même dans l'histoire et qui serait le véritable fondement de la justice et de la paix. Cet idéalisme s'avère en définitive incapable de penser le conflit et, par conséquent, de rechercher les moyens d'action qui permettent de le résoudre pacifiquement.
L'amour vise l'universel dans le respect de tous les êtres humains, fussent-ils les plus lointains et les plus étrangers, fussent-ils en définitive des ennemis. Mais cette visée universelle de l'amour n'évacue pas le conflit, n'exclut pas la lutte. La non-violence récuse la spiritualité qui, sous prétexte d'universalisme, s'évade du conflit, refuse l’action, déserte le combat, se détourne de l'histoire et se fige dans un idéalisme impuissant. Si l'amour évite de se compromettre dans l'action, la violence ne tardera pas à envahir le conflit et à le pervertir en un processus de mort. Face à l'injustice, l'amour provoque les hommes à créer le conflit, et à mobiliser toutes leurs ressources afin d'imaginer une solution qui ne doive rien aux méthodes de la violence meurtrière.
Le génie de Gandhi, c'est précisément, par la mise en œuvre d'une stratégie de l'action non-violente, d'avoir réconcilié l'exigence spirituelle et le réalisme politique, d'avoir réuni la morale de conviction et la morale de responsabilité.
* Jean-Marie Muller est le porte-parole national du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN)

Par Michel Durand - Publié dans : Eglise
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Jeudi 31 mai 2007
Pour lire le texte de l'Homélie du dimanche de la Pentecôte, se rendre sur le site de la paroisse Saint-Polycarpe des Pentes de la Croix-Rousse.
Par Michel Durand - Publié dans : Eglise
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Jeudi 31 mai 2007
Il me semble intéressant de vous donner à lire, avec son accord, ce texte de Pierre Régnier, base d’un échange.
Certes, je ne suis pas d’accord avec son analyse des religions qui fait de Dieu un criminogène, et, pour ouvrir le débat, je m’en explique de suite.
Pourtant, malgré ce désaccord, je trouve utile de publier cette expression parce qu’on retrouve cette forme de pensée chez beaucoup de personnes.

« Les religions, écrit-il, enseignent que leurs textes sacrés disent l'authentique parole de Dieu ; cette parole dit que Dieu commande de tuer des individus et des catégories entières de la communauté humaine… » (voir ci-dessous).
Dans cette phrase de Pierre Régnier réside toute la problématique de la révélation. Pour le christianisme, il est clair que la Parole n’est pas dictée. Les écrivains de la Bible sont conditionnés par leur culture familiale, leur histoire, leur formation littéraire ou juridique ou sacerdotale etc… Ce n‘est qu’à travers la sensibilité de l’homme que l’on découvre la pensée de Dieu. Ainsi, si une expression historique incite au crime, comme on le constate parfois dans la Bible, ce n’est pas, par là même, une expression de la pensée de Dieu. Une lecture fondamentaliste, littérale, de la Révélation n’apporte que des erreurs de lecture. Un développement serait donc ici important pour bien comprendre que nous ne découvrons la pensée de Dieu qu’après l’avoir élaguée du vêtement historique et littéraire, nécessairement humain. Autrement dit, il faut aborder sérieusement le problème de la Révélation afin d’éviter toutes formes de « créationnisme » irrationnel.
A mon avis, le judaïsme et l’islam mènent une réflexion théologique semblable. Je laisse la parole aux fidèles de ces religions.
David et Goliath du Caravage


"Résister à" ou "Exiger de" ?
 (à propos des menaces de mort contre Mina Ahadi)

Texte de Pierre Régnier

Chaque fois que nous sommes informés d'un cas concret de violence religieuse, je suis étonné de constater les limites que se donnent, dans la protestation, les défenseurs des Droits de la personne humaine et de la laïcité républicaine. Je peux comprendre que, lorsque celle-ci est menacée par une institution religieuse la protestation prenne simplement la forme d'une résistance à cette offensive. Il en est ainsi, par exemple, lorsque le Vatican veut faire attribuer officiellement un caractère chrétien à la constitution européenne, ou encore lorsque des ministres veulent faire payer par tous les citoyens, y compris les athées, la construction de bâtiments consacrés à l'exercice de cultes religieux. Mais il me semble que la simple résistance n'est plus appropriée lorsque des croyants, vrais ou faux (par exemple des individus à visée politique feignant d'être motivés par une foi religieuse) tuent ou menacent des personnes selon eux coupables de déviances insupportables. On se contente alors d'une vague désapprobation ou, dans le meilleur des cas, d'une ferme condamnation formulée par un porte-parole des institutions religieuses. Cet agissement-ci est condamné, cela suffit.

Je pense que l'on devrait au contraire exiger beaucoup plus : un ferme rejet, une fois pour toutes de ce qui, dans la croyance religieuse et dans son enseignement très officiellement autorisé, comporte une composante criminogène. Cela mériterait de longs développements, mais on peut résumer ainsi : les religions enseignent que leurs textes sacrés disent l'authentique parole de Dieu ; cette parole dit que Dieu commande de tuer des individus et des catégories entières de la communauté humaine ; les institutions religieuses disent qu'il faut croire en Dieu et qu'il faut obéir à Dieu. Cette équation est évidemment en soi criminogène, et ceux qui la maintiennent aujourd'hui dans l'enseignement religieux doivent être considérés comme responsables, certes indirectement mais clairement, des crimes qui, ici ou là, en telle ou telle période, sont effectivement commis en référence à cette conviction plurielle acquise par les criminels au sein de leur religion.
Je pense que l'autorisation d'exercer un culte devrait être subordonnée au clair rejet, très officiellement formulé par les institutions religieuses, de ce que j'appelle la théologie criminogène. Je ne comprends pas que les défenseurs des Droits de la personne humaine n'en soient toujours pas à convenir que seule la forme d'un tel rejet reste à débattre, non sa nécessité. Je peux comprendre que, pour justifier qu'on se contente de résister aux attaques des religions, on invoque la séparation des Eglises et des Etats, un principe lui-même quasi-sacralisé dans les républiques démocratiques. Mais il me semble qu'il devrait y avoir exception pour ce qui peut aboutir –et aboutit effectivement bien souvent de nos jours- au meurtre. Il y a bien une forme d'exception mais dans le sens d'un indéfendable laxisme : alors qu'en tous domaines la République exige la compatibilité avec les Droits de la personne humaine, l'exceptionnelle faveur accordée ici revient à dire que les religions, elles, n'ont pas à être nécessairement compatibles avec les Droits de la personne humaine.
Ce n'est pas un "bouffeur de curés" qui écrit cela. Je suis loin d'avoir rejeté le tout de ma formation chrétienne. Je me dis même volontiers encore largement "jésuiste". Mais je ne vois aucune contradiction avec mon exigence persistante, depuis une dizaine d'années, de désacralisation de la violence religieuse. C'est ainsi que, en mars 2000, dans un petit essai précisément intitulé Désacraliser la violence religieuse, je terminais ainsi :
"Une belle occasion nous est donnée de marquer la rupture avec la religieuse folie interprétative, comme avec la fausse et complice laïcité. L'ONU lance une "décennie pour l'éducation à la non-violence" grâce à un long combat de militants pour une Alternative Non-Violente (pour reprendre le titre de l'excellente publication d'une partie de ces militants). Disons haut et fort que cette initiative ne pourrait atteindre son objectif si le programme éducatif annoncé n'incluait une démarche pour un respect des droits de l'homme au sein de toutes les religions, donc pour une désacralisation de la violence religieuse, y compris dans les religions les plus traditionnelles, les plus officiellement reconnues."
Je n'ai pas pu publier mon petit essai mais j'ai, par la suite, exprimé la même exigence, sous une forme ou sous une autre, dans des libres opinions proposées -là encore en vain- à la presse. J'ai aussi, très logiquement, fait une démarche auprès de l'UNESCO, l'organisme chargé par l'ONU de la coordination des activités de la Décennie pour l'éducation à la non-violence. J'ai demandé par écrit à son Directeur Général, Monsieur Koïchiro Matsuura, de profiter de l'arrivée à mi-parcours de la Décennie, en 2005, pour faire une évaluation des résultats jusque là obtenus, et je lui ai demandé qu'on pose cette question : n'a-t-on pas oublié, à l'origine de l'initiative formatrice à la non-violence, de formuler une exigence envers les institutions religieuses, lesquelles transmettent encore aujourd'hui leur conception criminogène de Dieu ? J'ai récemment rappelé ma démarche, à nouveau par une lettre au Directeur Général de l'UNESCO, en précisant qu'elle reste valable pour une arrivée, cette année, aux trois quarts de la Décennie.
Mais des organismes de l'importance de l'ONU et de l'UNESCO ne peuvent prendre en considération des initiatives à caractère individuel. C'est pourquoi je transforme maintenant mon combat en tentative de convaincre les républicains laïques et pacifiques qu'il faut une très large intervention collective pour exiger des religions autorisées à pratiquer leur culte un ferme rejet, très clairement et très officiellement exprimé par les institutions religieuses elles-mêmes, de toute conception criminogène de Dieu.
Pierre Régnier,  le 26 mars 2007         


pour alimenter le débat :
Le 26 mai 2007 l'association
Faire Le Jour  ...
"Solidarité avec Nawal Saadawi"...
Mina Ahadi...

Par Michel Durand - Publié dans : Bible
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Jeudi 31 mai 2007
Parce Dieu est évoqué à propos des guerres (Dieu avec nous) et parce que l’intégrisme religieux instrumentalise la révélation divine, il me semble opportun de verser dans le débat de texte de Pierre Régnier écrit en 2001. Il sera suivi d’un autre texte écrit en 2007. Je ne partage pas cette opinion qui semble procéder d’une mauvaise perception de l’histoire d’un peuple à qui Dieu, par l’intermédiaire d’hommes, a révélé sa pensée. Mais, comme elle est abondamment répandue, on ne peut l’ignorer. Mieux vaut la mettre en débat, ceci, avec l’accord de l’intéressé.

Pierre Régnier se présente ainsi : « Aujourd'hui éloigné de la foi chrétienne je n'en suis pas moins toujours attentif et bienveillant à l'égard de toute recherche religieuse, et de tout engagement religieux. Aussi ne suis-je nullement préoccupé d'une quelconque revanche dans mes exigences fussent-elles très durement exprimées, envers les religions. C'est d'ailleurs d'abord, et avec une persévérance qui a duré des années, en m'adressant aux religions que j'ai essayé de faire prendre conscience de l'urgente nécessité de rejeter fermement et très officiellement toute conception criminogène de Dieu.
P. R. ancien militant de la JOC, du PSU et d'ATTAC, ancien secrétaire national, en 1973, du syndicat CFDT de la radio-télévision de service public, co-auteur du livre Le gâchis audiovisuel aux Editions Ouvrières en 1986.
Le Caravage, Judith


Pour en finir avec les violences religieuses
Texte de Pierre Régnier, 15 septembre 2001
 

Il y a des degrés dans la violence religieuse. Et l'on voit bien que, selon ses bases théologiques, le risque du passage à l'acte n'est pas le même. Le type de fanatisme engendré et sa capacité de nuisance -on le voit tout particulièrement dans le monde contemporain- dépendent de ces bases, de leur rapport au monde et à sa possible évolution, de la liberté laissée au croyant de s'y intégrer, fut-ce en y combattant pacifiquement ses valeurs dominantes.
Celles-ci, pour les croyants comme pour les autres, sont loin d'être satisfaisantes. Les valeurs démocratiques sont précieuses, on n'a pas trouvé mieux, il faut les défendre. Mais il ne faut pas se tromper sur leur nature. Elles ne sont que des moyens d'agir bien, elles ne sont pas le monde idéal. On peut même dire que, pour l'essentiel, la démocratie a accouché d'un piètre résultat : la domination, dans tous les domaines, de puissances financières, médiatiques, militaires et techniques. On est très loin d'une "démocratie L.E.S." (libertaire, égalitaire, solidaire) et la possibilité même de la vie sur la planète en est compromise. Partout, de mille manières la démocratie, formelle ou réelle, fait entendre ce révoltant message : les plus misérables peuvent attendre.
Il y a donc révolte. La forme religieuse que peut prendre celle-ci est parfois épouvantable. C'est évidemment une fausse solution et elle doit être combattue énergiquement. Mais il ne faut pas seulement la combattre dans ses effets et dans les organisations fanatiques qu'elle se donne. Il faut la combattre dans sa double cause : l'injustice de notre monde, la folle interprétation du monde "de Dieu" par ceux qui croient en lui, et plus encore par ceux qui croient pouvoir s'exprimer en son nom.
Si l'on a tant tardé à s'attaquer à cette seconde cause ce n'est peut-être pas seulement parce que les religions se sont enfermées, pendant des millénaires et jusqu'à maintenant, dans la triade paralysante divinisation – sacralisation - dogmatisation. C'est peut-être aussi parce que certains athées, qui devraient exiger qu'elles en sortent, se réjouissent secrètement qu'elles ne le fassent pas. Pour eux, piégées par les contradictions qu'elles ont elles-mêmes édifiées et dogmatisées les religions, à terme, "sont foutues", et leur athéisme alors est triomphant. L'athéisme n'est pas moins noble que la religiosité. Il doit être respecté, et sa libre expression partout protégée, mais cette forme d'attentisme, elle, ne me paraît pas respectable. Elle est en tous cas totalement inutile dans la situation présente. Je ne crois pas que les religions "soient foutues", ni que leurs contradictions soient indépassables. Je crois avoir montré par ailleurs que je suis resté plus proche de la démarche religieuse que du cheminement philosophique athée, mais ce n'est pas là l'important.
Encore aujourd'hui les religions justifient, cultivent, enseignent la violence religieuse, créant ainsi de dangereux schizophrènes. Pour en finir avec la violence religieuse il faut que cela cesse. Il faut exiger des religions qu'elles se rendent, dans l'interprétation de leurs textes sacrés, compatibles avec les droits de la personne humaine. Cette exigence ne doit pas être celle du monde athée contre le monde religieux, ni celle des religions les unes contre les autres. Elle doit être celle de tous les adeptes -croyants de toutes les religions, agnostiques et athées- de la communauté humaine tolérante, pacifique, égalitaire et solidaire.
Par Michel Durand - Publié dans : Bible
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Lundi 28 mai 2007
L’association culturelle établie selon la loi 1901 est un outil bien pratique pour rassembler diverses personnes dans un but commun. Cette liberté de s’associer est un réel et efficace élément de démocratie qui favorise le lien social et l’organise.
L’association cultuelle reconnue par les lois d’un État laïc a aussi son avantage. Celui de célébrer à plusieurs la liturgie qui correspond à ses convictions religieuses personnelles. Comme l’homme n’est pas que cultuel, il est bon de prendre en considération les inévitables alliances culturelles et cultuelles. En tout temps, la dimension religieuse de l’être humain s’est exprimée dans une culture particulière. Aussi, forcer une association, une assemblée, une Église à ne faire que du culte est contre nature. Profane et sacré se trouvent dans la même personne.
Pour respecter l’union de toutes les dimensions humaines, un service missionnaire d’Église a tout intérêt à utiliser les structures qui lui permettent d’entrer en dialogue avec la société.
En reprenant l’idée d’une image usuelle dans l’Église des premiers temps et bien connue grâce à la « Lettre à Diognète », je dis que l’association loi 1901 est comme un vêtement agréable à porter parce qu’il facilite les contacts avec les contemporains. Il met de plain-pied avec les organismes culturels que les hommes se donnent. Ils facilitent le dialogue. Animé par l’Esprit, le corps (la personne) qui porte ce vêtement reste lui-même. Il acquiert l’avantage, ainsi vêtu, de pouvoir s’adresser à toutes personnes y compris les représentants de la société civile « laïque » qui, par respect du droit « laïc », ne peuvent s’engager avec un groupe religieux.

Affiche de l'exposition réalisée  en partenariat  avec l'Eglise  catholique et l'Association Confluences.

En conséquence, c’est un outil bien pratique tant pour l’État que pour l’Église.
Ce qui m’étonne actuellement c’est de voir que c’est l’Église catholique qui se retire de ce vêtement associatif selon la loi 1901. Elle et non l’État qui la pousse à cela. Elle retire de ses services l’utile interface du dialogue et de la rencontre. Je le constate quand un cadre de l’Église dit, notamment à propos de Confluences, « vous n’êtes pas un service d’Église, vous n’êtes qu’une association loi 1901 ».
On pourrait trouver logique que l’État agisse ainsi quand il souhaite, tendance d'une laïcité étroite, que le religieux, le spirituel ne dépassent pas la sphère de la vie privée. Que les chrétiens restent dans leur sacristie ! Mais que l’Église se replie sur le culte seul est impensable au nom de la fidélité à l’Évangile. Mieux vaut aménager une loi, si elle pose problème, que de se supprimer l’usage d’un outil démocratique qui offre plein de possibilités de travail en synergie.
Que veut l’Église* qui se retire de la société civile et des possibilités qu’elle offre ?
Être une réalité « pur jus » ? Pas de compromission avec le monde, pas d’ouverture sur le monde, pas de contact avec des activités culturelles qui ne conduiraient pas directement à l’Église ou dont elle n’aurait pas la totale maîtrise…
Ne serait-ce pas le désir de retrouver une chrétienté qui n’est plus ?

*Les trois services d’Églises, fondateurs de Confluences, par ordre épiscopal, se sont retirés de cette association loi 1901. Le service de communication du diocèse de Lyon convoque une assemblée extraordinaire pour dissoudre son association loi 1901. L’institut de musique sacrée sera bientôt supprimé… Je ne cite que quelques exemples lyonnais. Je pense qu’il doit, à travers la France, exister des situations semblables.

Par Michel Durand - Publié dans : Eglise
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  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf
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