Vendredi 29 juin 2007
Dans son commentaire Edith donne quelques pistes à approfondir. Suivons-les.

Etymologie
Selon Lactance (250-325), religion vient du mot latin re-ligare, « re-joindre » ou « re-lier », compris généralement comme indiquant la relation de l'humain au divin, mais aussi des humains les uns aux autres.
Augustin d'Hippone (354-430) suggère une autre étymologie, plus ancienne : religion viendrait de « relegere », « relire, reprendre », par opposition à neglegentia, « négligence ».
Cicéron (106-43av J.C.) parle de religio, comme « scrupule » pour évoquer la peur face aux forces surnaturelles et le souci d’être scrupuleux dans l'observation des rites.
Régis Debray (2006) considère que le mot « religion » est un mot valise attrape tout. « C’est un vocable à résonances, un carrefour étymologique qui croise avantageusement les registres du recueil et de la relation, le « revenir sur un révolu » (relgere) et le « vivre avec d’autres » (religare). Mais c’est aussi un faux ami, dangereusement familier. Le mot valise nous donne l’impression de savoir ce qu’il transporte puisqu’il renvoie confusément à une expérience à la fois intime et universelle ».
Karl Rahner en 1961 tente cette définition qui indique (malgré l’aridité de son expression) le côté éminemment relatif de toute religion, y compris du christianisme.
Accrochez-vous, vous verrez que faire de la religion un absolu est un enfermement humain. Je pense aussi que l’étude de ce concept de « religion » est fort utile pour entrer en dialogue inter religieux et pour ne pas faire de Dieu un criminogène.

D'une manière générale, on désigne par« religion » la relation de l'homme avec le sacré. Cela se traduit, comme religion subjective, dans la vénération et l'adoration. Cela s'incarne, comme religion objective, dans la confession, dans la parole, dans les actes (gestes, danses, ablutions, onctions, bénédictions, sacrifices, repas sacrificiels) et dans le droit.
Cette relation ne peut exister que dans la mesure où le sacré se manifeste à l'homme. La religion est alors la réponse de l'homme à cette manifestation.
 
Comme toutes les réalités humaines, la religion est exposée à devenir caduque.
a) La religiosité, en tant que religion subjective, a sa source dans la réceptivité et la disponibilité transcendantales et absolues de tout l'homme, par lesquelles l'homme réalise sa relation avec Dieu dans un engagement total de tout lui-même vis-à-vis de Dieu. Il le fait sans aucune réserve et celui envers qui il s'engage est Dieu lui-même. Mais ce sont les mêmes manifestations, non seulement du sentiment mais aussi de toutes les forces spirituelles de l'homme, qui peuvent exprimer, à la place de cet engagement envers Dieu, l'affirmation de soi la plus radicale chez l'homme, son auto-suffisance absolue et refermée sur elle-même. Dans ce cas, ce n'est pas parce qu'il cherche à répondre à un appel de Dieu, mais parce que la religion fait partie de son « humanité» complète que l'homme garde une attitude religieuse dont le but est de trouver dans la religion l'ultime fondement de lui-même.
b) Le culte, en tant que forme objective (de la prière, des gestes, des actes), peut refréner cette inversion de la piété individuelle, il peut, dans son ordonnance bien réglée, contrebalancer la tendance qu'a le sentiment religieux de se dissoudre dans l'insaisissable, il peut, par la force concentrée dans sa forme même, susciter dans l'homme une relation juste avec Dieu. Ce caractère objectif du culte ne supprime cependant pas l'ambiguïté de la religion. En effet, quand la foi s'étiole tout en étant obligatoirement « conservée » dans sa nécessité et dans sa stature, alors « les représentations et les notions religieuses, les formes de culte et de communion se trouvent coupées de l'authentique sacré dont elles devraient être les médiatrices, ce qui est leur raison d'être » (B. Welle).
c) Ambiguïté. C'est cependant en tant que fondement de l'ordre juridique et politique et de la culture que la religion atteint sa véritable ambiguïté. Les impulsions premières qui déterminent le développement de la culture proviennent de la religion, de telle sorte que la culture ne peut pas être comprise sans son origine religieuse. Tous les ordres juridiques et toutes les formes de gouvernement cherchent à fonder leur légitimité sur la religion. Et à l'inverse, la religion, déjà du fait qu'elle tende à revêtir la forme médiatrice du culte et de la communauté, est intrinsèquement orientée vers la création de cultures (art, poésie, musique, philosophie) et vers les différentes formes de la vie sociale. C'est dans l'union universelle entre religion et culture, entre religion et gouvernement de la société que la religion devient réellement présente et tangible et que la culture et l'ordre social acquièrent une force qui s'impose à l'homme. Mais c'est précisément dans ces connexions omniprésentes que la religion court un grand danger, celui de laisser perdre ce qui la différencie essentiellement du pouvoir civil et de la culture : au lieu de prendre conscience dans la religion de sa finitude et de son besoin de salut, l'homme représente alors, avec la religion, un monde illimité et refermé sur lui-même. Au lieu de s'ouvrir au sacré dans le respect de l'adoration, il s'identifie à lui et identifie à lui le monde créé par lui, disposant ainsi du sacré lui-même. Ainsi apparait combien la religion et la magie sont proches l'une de l'autre. Cette ambiguïté appartient à la religion en tant que celle-ci est un phénomène de la vie humaine et elle n'en est donc jamais absente. Toutefois, dans la réalité concrète, il n'existe pas de forme de religion, aussi dégradée qu'elle soit, dans laquelle une étincelle de sa véritable nature ne couve pas sous la cendre des déformations et dans laquelle ne se conserve, malgré tout, quelque possibilité religieuse authentique. Mais d'autre part, il n'existe pas de forme de religion, même parmi les plus grandes et les plus lumineuses, qu'on puisse qualifier purement et simplement, telle qu'elle est en fait, la forme par excellence de la religion. Ceci vaut également, et même principalement, pour le christianisme si on le considère, non pas dans la pureté de son origine, mais dans son existence concrète dans l'histoire.

Par Michel Durand - Publié dans : Bible
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Vendredi 29 juin 2007

Comme je l'ai indiqué il y a quelques jours, dans cette catégorie "anthropologie", je donne diverses réflexions sur le sens, ou non sens, du travail. Textes qui me semblent d'une grande importance alors qu'on veut augmenter la durée du travail salarié.

extraits de André GORZ, Métamorphoses du travail, Quête du sens, Critique de la raison économique, Galilée, 1988.

Ainsi, la rationalisation économique du travail n’a pas consisté simplement à rendre plus méthodiques et mieux adaptées à leur but des activités productives préexistantes. Ce fut une révolution, une subversion du mode de vie, des valeurs, des rapports sociaux et à la nature, l’invention au plein sens du terme de quelque chose qui n’avait encore jamais existé. L’activité productive était coupée de son sens, de ses motivations et de son objet pour devenir le simple moyen de gagner un salaire. Elle cessait de faire partie de la vie pour devenir le moyen de “gagner sa vie”. Le temps de travail et le temps de vivre étaient disjoints; le travail, ses outils, ses produits acquéraient  une réalité séparée de celle des travailleurs et relevaient de décisions étrangères. La satisfaction “d’œuvrer” en commun et le plaisir de “faire” étaient supprimés au profit des seules satisfactions que peut acheter l’argent. Autrement dit, le travail concret n’a pu être transformé en ce que Marx appellera le “travail” abstrait qu’en faisant naître à la place de l’ouvrier-producteur le travailleur-consommateur : c’est-à-dire l’individu social qui ne produit rien de ce qu’il consomme et ne consomme rien de ce qu’il produit; pour qui le but essentiel du travail est de gagner de quoi acheter des marchandises produites et définies par la machine sociale dans son ensemble. (p. 36)



D’où le désir de se libérer du travail ne donnant qu’un salaire
Pour la masse des travailleurs, l’utopie directrice n’est plus le “pouvoir des travailleurs” mais de pouvoir ne plus fonctionner comme travailleurs; l’accent porte moins sur la libération dans le travail et davantage sur la libération du travail, avec garantie du plein revenu. (p. 80)


Une morale du travail anti-humaniste
Le problème, là encore, est de réussir, selon la formule de Peter Glotz, à “solidariser les forts avec les faibles” .
Or cette solidarisation n’est possible que dans une perspective qui rompt avec l’éthique du travail et avec ce que nous avons appelé l‘utopie du travail. Cette utopie - et son éthique du rendement, de l’effort, du professionnalisme - sont dépourvues de tout contenu humaniste dans une situation où le travail n’est plus la principale force productive et où, par conséquent, il n’y a pas assez d’emplois permanents pour tout le monde. Dans pareille situation, l’exaltation de l’effort, l’affirmation de l’unité du métier et de la vie ne peuvent être que l’idéologie d’une élite privilégiée qui accapare les emplois bien rémunérés, qualifiés et stables et justifie cet accaparement au nom de ses capacités supérieures. L’idéologie du travail, la morale de l'effort deviennent dès lors la couverture de l'égoïsme hyper-compétitif et du carriérisme : les meilleurs réussissent, les autres n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes; il faut encourager et récompenser l’effort, donc ne pas faire de cadeaux aux chômeurs, aux pauvres et autres “fainéants”.
Cette idéologie (dont le thatcherisme offre, en Europe, l'expression la plus franche) a, du point de vue du capital, une rationalité rigoureuse : il s’agit de motiver une main-d’œuvre difficilement remplaçable (pour le moment, au moins) et de la contrôler idéologiquement faute de pouvoir la contrôler matériellement. Pour cela, il faut préserver chez elle l'éthique du travail, détruire les solidarités qui pourraient la lier aux moins privilégiés, lui persuader que c'est  en travaillant le plus possible qu’elle servira le mieux l’intérêt de la collectivité en plus du sien propre. (p. 93)


Valeurs de solidarité humaine contre l’utopie du travail : travailler plus pour gagner plus
Dans ces conditions, les valeurs de solidarité, d’équité et de fraternité dont le mouvement ouvrier a été porteur, impliquent non plus l’exigence du travail pour l’amour du travail mais celle du partage équitable des emplois et des richesses produites : c’est-à-dire une politique de réduction méthodique, programmée, massive de la durée du travail (sans perte de revenu, j’aurai à y revenir).
Refuser une telle politique sous prétexte qu’elle ferait obstacle à une reprofessionnalisation des tâches permettant à chacun de s'y impliquer passionnément, sans ménager son temps et sa peine, c'est avaliser la dualisation réelle de l'économie au nom de son refus idéal. La dualisation de la société sera enrayée, puis inversée non pas par l‘impossible utopie d’un travail passionnant et à plein temps pour tous et toutes, mais par des formules de redistribution du travail qui en réduisent la durée pour tout le monde, sans pour autant le déqualifier ni le parcelliser. Cela est possible. Pour empêcher une durable sud-africanisation de la société, il faut changer d’utopie. (p. 94-95)
Par Michel Durand - Publié dans : Anthropologie
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Vendredi 29 juin 2007

Comme je l'ai indiqué il y a quelques jours, dans cette catégorie "anthropologie", je donne diverses réflexions sur le sens, ou non sens, du travail. Textes qui me semblent d'une grande importance alors qu'on veut augmenter la durée du travail salarié.

extraits de André GORZ, Métamorphoses du travail, Quête du sens, Critique de la raison économique, Galilée, 1988.

Quel sens au temps libéré ?

La question est de savoir quel sens et quel contenu on veut donner à ce temps libéré. La raison économique est fondamentalement incapable de répondre à cette question. Considérer... qu'il va être rempli par des activités se déplaçant "ailleurs dans l'économie, ne serait-ce que dans les loisirs", c'est oublier que lorsque les gains de temps dans les activités économiques classiques sont utilisés à économiser des activités jusque-là exclues du champ de l'économie, des gains de temps additionnels vont résulter de ce déplacement. L'extension du champ de la rationalité économique, rendue possible par les économies de temps de travail, conduit à des économies de temps jusque dans des activités qui, jusque-là, n'étaient pas comptées comme du travail. Les "progrès technologiques" posent ainsi inévitablement la question du contenu et du sens du temps disponible, mieux encore : de la nature d'une civilisation et d'une société où l'étendue du temps disponible l'emporte de loin sur celle du temps de travail - et où, par conséquent, la rationalité économique cesse de régir le temps de tous.
Inclure les loisirs dans le champ de l'économie et poser que leur extension sera génératrice de nouvelles activités économiques est une façon à première vue paradoxale d'éluder cette question. Les activités de loisir, en effet, ont une rationalité inverse des activités économiques : elles sont non pas productrices mais consommatrices de temps disponible; elles visent non pas à gagner du temps mais à en dépenser. Elles sont le temps de la fête, de la prodigalité, de l'activité gratuite qui n'a d'autre but qu'elle-même. Bref, ce temps  ne sert a rien, n'est le moyen d'aucune fin différente de lui-même et les catégories de la rationalité instrumentale (efficacité, rendement, performance) lui sont inapplicables, sauf à le pervertir. (p. 17-18)


L'homme n'atteint sa pleine humanité qu'au-delà des tâches contraignantes
travail libre et travail servile dans l'antiquité.
L'idée que la liberté, c'est-à-dire le règne de l'humain, ne commence qu'au-delà du "règne de la nécessité" et que l'homme ne surgit comme sujet capable de conduite morale qu'à partir du moment où, cessant d'exprimer les besoins impérieux du corps et sa dépendance du milieu, ses actions relèvent de sa seule détermination souveraine ; cette idée a été une constante de Platon à nos jours. On la retrouve notamment chez Marx dans le fameux passage du Livre III du Capital qui, en contradiction apparente avec d'autres écrits de Marx, situe le "règne de la liberté" dans un au-delà de la rationalité économique. Marx y remarque que le "développement des forces productives" par le capitalisme crée "le germe d'un état de choses" permettant une "réduction plus grande du temps consacré au travail" et ajoute : "Le règne de la liberté ne commence, en effet, que lorsque cesse le travail déterminé par la misère ou les buts extérieurs; il se trouve donc par la nature des choses au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite... Ce n'est qu'au-delà que commence le déploiement d'énergie humaine qui est à lui-même sa propre fin, le vrai règne de la liberté."
Pas plus que la philosophie grecque, Marx, dans ce passage, ne considère comme relevant de la liberté le travail qui consiste à produire et reproduire les bases matérielles nécessaires à la vie. Pourtant, il existe une différence fondamentale entre le travail dans la société capitaliste et le travail dans le monde antique : le premier est accompli dans la sphère publique, tandis que le second reste confiné dans la sphère privée. La plus grande partie de l'économie est, dans la cité antique, une activité privée qui se déroule non point au grand jour, sur la place publique, mais au sein du domaine familial. Celui-ci, dans son organisation et sa hiérarchie, était déterminé par les nécessités de la subsistance et de la reproduction. "La communauté naturelle du foyer naissait de la nécessité et la nécessité en régissait toutes les activités." La liberté ne commençait qu'au-dehors de la sphère économique, privée, de la famille; la sphère de la liberté était celle, publique, de la polis. "La polis se distinguait de la famille en ce qu'elle ne connaissait que des "égaux" tandis que la famille était le siège de la plus rigoureuse inégalité." Elle devait "assumer les nécessités de la vie" afin que la polis puisse être le domaine de la liberté, c'est-à-dire de la recherche désintéressée du bien public et de la bonne vie.  (p. 27)


Le travail dans le monde moderne
L'idée contemporaine du travail n'apparaît en fait qu'avec le capitalisme manufacturier. Jusque-là, c'est-à-dire jusqu'au XVIIIème siècle, le terme de "travail" (labour, Arbeit, lavoro) désignait la peine des serfs et des journaliers qui produisaient soit des biens de consommation, soit des services nécessaires à la vie et exigeant d'être renouvelés, jour après jour, sans jamais laisser d'acquis. Les artisans, en revanche, qui fabriquaient des objets durables, accumulables, que leurs acquéreurs léguaient le plus souvent à leur postérité, ne "travaillaient pas, ils œuvraient" et dans leur œuvre" ils pouvaient utiliser le "travail" d'hommes de peine appelés à accomplir les tâches grossières, peu qualifiées. Seuls les journaliers et les manœuvres étaient payés pour leur "travail"; les artisans se faisaient payer leur "œuvre" selon un barème fixé par ces syndicats professionnels qu'étaient les corporations et les guildes. Celles-ci proscrivaient sévèrement toute innovation et  toute forme de concurrence. Les techniques ou les machines nouvelles devaient être approuvées, en France, au XVIIème siècle, par un conseil des anciens, réunissant quatre marchands et quatre tisserands, puis autorisées par les juges. Les salaires des journaliers et des apprentis étaient fixés par la corporation et soustraits à toute possibilité de marchandage. (p. 28)

"La rationalisation sur la base d?un calcul rigoureux est l'une des caractéristiques fondamentales de l'entreprise capitaliste individuelle, dirigée avec prévoyance et circonspection vers le résultat escompté. Quel contraste avec la vie au jour le jour du paysan, avec la routine de l'artisan des anciennes corporations et ses privilèges, ou encore avec le capitaliste aventurier... Cependant, considérée du point de vue du bonheur personnel, elle exprime combien irrationnelle est cette conduite où l'homme existe en fonction de son entreprise et non l'inverse." (Max Weber, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Plon, Agora, Paris, p. 78-79, 83).  (p. 32)

Bref, le réductionnisme unidimensionnel de la rationalité économique propre au capitalisme aurait une portée potentiellement émancipatrice qui fait table rase de toutes les valeurs et fins irrationnelles du point de vue économique et ne laisse subsister entre les individus que des rapports d'argent, entre les classes qu'un rapport des forces, entre l'homme et la nature qu'un rapport instrumental, faisant naître de la sorte une classe d'ouvriers-prolétaires totalement dépossédés, réduits à n'être qu'une force de travail indéfiniment interchangeable, n'ayant plus aucun intérêt particulier à défendre:
"Le travail des prolétaires a perdu tout attrait... Le travailleur devient un simple accessoire de la machine ; on n'exige de lui que l'opération la plus simple, la plus vite apprise, la plus monotone." Ces "simples soldats de l'industrie, placés sous la surveillance d'une hiérarchie complète de sous-officiers et officiers de la production", incarnent une humanité dépouillée de son humanité et qui ne peut accéder à celle-ci qu'en s'emparant de la totalité des forces productives de la société ; ce qui suppose qu?ils la révolutionnent de fond en comble. Le travail abstrait contient en germe, selon Marx, l'homme universel. (p. 33)
Par Michel Durand - Publié dans : Anthropologie
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Mardi 26 juin 2007
Si vous souhaitez lire l'homélie de dimanche dernier : vite sur le site de Saint-Polycarpe des Pentes de la Croix-Rousse.
Par Michel Durand - Publié dans : Eglise
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Lundi 25 juin 2007
Je dis souvent que Jésus, dans ses prises de paroles publiques, ne fait que reprendre le contenu de la pensée exprimée dans le livre du prophète Isaïe. Jésus redit ce que Isaïe disait. Comme lui, il proclame l’Amour universel de Dieu dont Israël est le serviteur. L’ensemble de l’humanité est concerné par la libération de tous pour que tous soient heureux. Aussi, devons-nous croire, proclame Isaïe, que Dieu est unique, saint, fidèle à son Alliance avec toutes et tous dans sa conduite de l’histoire. Une ferme confiance est donc demandée à chacun.
Jésus dit de même. Seulement, il ne fait pas que dire, en même temps il agit. Ce qu’il dit se réalise. Par exemple, quand il annonce qu’il pardonne les fautes commises, il enlève radicalement tout péché et le prouve en redonnant au paralytique par exemple la possibilité de marcher.
Si Jésus parle comme Isaïe, il fait plus que lui, il concrétise sa parole.
Isaïe n’a pas été écouté. Son enseignement universel sombra dans le judaïsme.
Au long de diverses pages de ce blogue, je souhaite mettre en parallèle des paroles d’Isaïe et de Jésus. Ce sera une façon de contrôler si j’ai bien raison de faire ce rapprochement. On devrait voir que Jésus, comme Isaïe, libère de toutes formes religieuses contraignantes de l’extérieur. Il s’opposa au judaïsme.

Le texte provient de la Bible de Jérusalem ou de la Traduction œcuménique de la Bible (TOB).

Esaïe
Esaïe 5,1 Que je chante pour mon ami, le chant du bien-aimé et de sa vigne : Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux.
Es 5.2 Il y retourna la terre, enleva les pierres, et installa un plant de choix (du raisin vermeil ; hébreux = soreq, nom d’un plant de choix désigné par la couleur de ses grappes). Au milieu, il bâtit une tour et il creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, il n'en eut que de mauvais (des raisins sauvages).
Es5.3 Et maintenant, habitants de Jérusalem et gens de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne.
Es5.4 Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'en attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle produit de mauvais ?
Es5.5 Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire à ma vigne: enlever la haie pour qu'elle soit dévorée, faire une brèche dans le mur pour qu'elle soit piétinée.
Es5.6 J'en ferai une pente désolée, elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces et j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie.
Es5.7 La vigne du SEIGNEUR, le tout-puissant, c'est la maison d'Israël, et les gens de Juda sont le plant qu'il chérissait. Il en attendait le droit, et c'est l'injustice. Il en attendait la justice, et il ne trouve que les cris des malheureux. (Tob : Eh bien! la vigne de Yahvé Sabaot, c'est la maison d'Israël, et l'homme de Juda, c'est son plant de choix. Il attendait le droit et voici l'iniquité, la justice et voici les cris).


Matthieu
Mt21.33 «Ecoutez une autre parabole. Il y avait un propriétaire qui planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour; puis il la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage.
Mt21.34 Quand le temps des fruits approcha, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour recevoir les fruits qui lui revenaient.
Mt21.35 Mais les vignerons saisirent ces serviteurs; l'un, ils le rouèrent de coups; un autre, ils le tuèrent; un autre ils le lapidèrent.
Mt21.36 Il envoya encore d'autres serviteurs, plus nombreux que les premiers; ils les traitèrent de même.
Mt21.37 Finalement, il leur envoya son fils, en se disant: "Ils respecteront mon fils".
Mt21.38 Mais les vignerons, voyant le fils, se dirent entre eux: "C'est l'héritier. Venez! Tuons-le et emparons-nous de l'héritage".
Mt21.39 Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Mt21.40 Eh bien! Lorsque viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là»?
Mt21.41 Ils lui répondirent: «Il fera périr misérablement ces misérables, et il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui lui remettront les fruits en temps voulu».
Mt21.42 Jésus leur dit: «N'avez-vous jamais lu dans les Ecritures: La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue la pierre angulaire; c'est là l'œuvre du Seigneur: Quelle merveille à nos yeux.
Mt21.43 Aussi je vous le déclare: le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits.
Mt21.44 Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera, elle l'écrasera».
Mt21.45 En entendant ses paraboles, les grands prêtres et les Pharisiens comprirent que c'était d'eux qu'il parlait.
Mt21.46 Ils cherchaient à l'arrêter, mais ils eurent peur des foules, car elles le tenaient pour un prophète.
Si cela s’avère nécessaire, je donnerais quelques commentaires sur ces passages.


Par Michel Durand - Publié dans : Bible
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  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf
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