Lundi 31 décembre 2007
LeDesert.jpg Voilà, c’est parti pour une trentaine dans un endroit retiré : sans téléphone, sans courrier, sans internet, le désert quoi…

Je vous retrouverai avec joie vers la fin janvier (ou début février) ; le temps de se remettre en marche.

Bonne nouvelle année.

Par Michel Durand - Communauté : Christianisme
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Dimanche 30 décembre 2007
J'en parlais hier avec J.F.A. que j'ai rencontré, un peu par hasard, à l'Abbaye d'Aiguebelle. Il ne m'attendait pas -nous ne nous échangions aucune lettre- et je n'étais pas certain de sa présence en ce lieu.
J'en parlais avec lui ; plus exactement ensemble, nous parlions de la nécessité d'ETRE avant de FAIRE. Dans notre vie de chrétien et de prêtre (et pourquoi pas d'homme !), l'être doit primer sur le faire. Nous le savons tous ; mais, agissons-nous en conséquence ? La plus belle fille du monde ne donne que ce qu'elle a. Et, ce que l'on possède, n'est-ce pas en fonction de ce que l'on est, qu'on le possède ? Qui suis-je ? De même, ce que l'on fait.

« Fay ce que vouldras », enseignait Gargantua à Thélème. Hais, qu'est-ce que je veux ? Qu'un maître mass-media me dicte les actions de mon bonheur ? Il n'y aurait plus à réfléchir ! Joie de la fascination ! Ah non ! Comment être mouton et heureux à la fois ? Quel est ce MOI qui veut le bonheur ? Ecoutons Saint Augustin qui est à la source de ce genre de pensé ; il donne une phrase plus longue. Avant le Faire, il y a de l'Etre. Aimer est plus un état, un exister qu'une oeuvre. « Dilige et quod vis fas ». Ce que tu veux sera préalablement déterminé par ton amour.

Aimer ?
Est-ce du domaine de l'être ou du faire ? J'aime et pourtant je ne fais rien, surtout pas obligatoirement l'amour. J'aime ; je suis aimant. Je suis… c'est du domaine de l'être.
Cette toute petite réflexion, inspirée par celle d'André Glucksmann, au début de son livre « Les Maîtres Penseurs », me montre combien il est important de mettre l'accent sur ce qui améliore la qualité de ma vie, de mon être profond, qui dans sa plus totale simplicité n'est pas abstrait. Il est amour, amour concret.
Façonner mon être, c'est façonner mon acte d'aimer, mon "aimer". Les actes qui en résulteront seront les gestes de quelqu'un qui aime. Ce n'est pas facile d'aimer. La lutte contre la recherche de soi est constante afin de se donner, sans faille, dans l'amour…
Prêtres, est-ce que, en Eglise, nous passons suffisamment de temps à modeler notre être intérieur ? La multiplicité des tâches à accomplir se présente à nous comme une distraction ; il y a tant et tant à faire pour répondre aux demandes des gens ! Et la situation ne s'aggrave-t-elle pas avec la baisse du nombre de permanents ? Comment, dans notre vie quotidienne, soigner également notre Moi profond, destiné à aimer, et notre présence à autrui qui passe par une foule d'actions ?
Il me semble qu'il n'y a pas de combat entre contemplation et action car le dernier ne peut aller sans le premier. Et pour être simple, voire même simpliste, je dirais que s'il faut supprimer un des éléments de ce duel, ce serait vers l'action que je me tournerais. Il est, en effet, vraiment important de prendre les moyens pour améliorer la qualité de son être.

Etre pour Faire.
C'est avec ce type de réflexion qu'un jour, à des gens réunis en un week-end de prière, je m'expliquai sur la nécessité de retrouver dans notre vie le noeud de l'horizontal et du vertical, en inventant une "formule slogan" similaire à celle de l'action catholique, voir - juger - agir, mais bien différente quand même, pour ne pas dire fondamentalement autre : Prier, Réfléchir, Agir.
Prière de l'homme qui aime, qui jette sur le monde un regard de miséricorde. Prière bien concrète, incarnée dans un peuple charnel, palpable, ambigu. Prière de celui qui est tout à la fois le bien et le mal. Prière de celui qui ne sait plus où il en est, et pour qui la réflexion est diablement nécessaire.
Il n'y a rien d'original et de spécial dans tout ce que j'écris. J'en ai bien conscience. Seulement, si je tiens à partager ma pensée, c'est que je pense que les structures, les habitudes actuelles de notre Eglise, favorisent plus le domaine du Faire que celui de l'Etre. Peut-être cela a-t-il toujours été ainsi ? Aux historiens de nous le dire. En ce qui nous concerne, chrétiens de base, prêtres de tous les jours, ne pouvons-nous pas voir autrement ?
Personnellement, je n'entrevois pas d'autre réponse à ce genre de questions que l'enfouissement dans la prière personnelle et communautaire : signe de notre dématérialisation, signe que nous cherchons à savoir où est la place véritable et exclusive de l'Absolu.
Par Michel Durand - Publié dans : Il y a 30 années... - Communauté : Christianisme
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Vendredi 28 décembre 2007
J'ai trop attendu pour publier la suite de cette catégorie : "il y a 30 années". Il y a quelques jours je voulais la mettre en ligne pendant mon absence de janvier. Mais je n'ai pas trouvé pas le temps de le faire.  Aujourd'hui et demain je présente deux chapitres : une façon de se lancer qui nécessitera une reprise en février !


Roussas, juillet 1977


à l'Evêque d'Autun


Mon Père,

Nous avons déjà eu l'occasion de nous rencontrer et de parler assez longuement. Cela remonte maintenant à plus de deux ans. Avons-nous pu, à l'époque, nous exprimer clairement ?
Cette année, j'ai eu la visite de deux de vos collaborateurs, vicaire général et vicaire épiscopal, B.L. et M.C. Ils m'ont beaucoup écouté. Mais, qu'ai-je pu dire ? Me suis-je fait comprendre ? A l'issue de la rencontre, je fus totalement incapable de deviner, de savoir quelle était leur opinion ; ont-ils pu répondre à des questions insuffisamment formulées peut-être? J'ai alors songé à une lettre : vous partagez un certain nombre d'idées, de projets, de rêves…, mieux me donner à votre connaissance…, solliciter votre discernement en vue de la tâche qui nous est commune, construire l'Eglise.
Puis, au cours d'une promenade dans la campagne drômoise, l'idée du texte que vous avez entre les mains m'est venue. Je fus subitement convaincu que l'écriture serait le meilleur moyen pour communiquer avec vous et, éventuellement, avec d'autres. Un "papier", une fois lu, peut se reprendre. A travers les lignes, des points de vue, à peine esquissés, peuvent s'entrevoir alors qu'une parole disparaît avec l'air ; cela vaut mieux parfois. Par ailleurs, n'est-ce pas dans cet effort de rédaction de mes impressions et jugements principaux que j'occuperai le plus utilement cette période estivale ?
Le calme de la campagne, le silence favorable à la méditation ont largement contribué à clarifier certaines idées. Il devrait être facile de vous les écrire, sans plan préétabli, en suivant le cours des pensées dans leur jaillissement spontané. Enfin, nous verrons, vous verrez. Je sais que vous aurez la patience voulue et l'indulgence nécessaire pour passer outre les imperfections et imprécisions de tableaux trop rapidement brossés. Les points obscurs pourront du reste, s'expliquer par la suite, soit oralement, soit de nouveau par écrit.
Ma manière de procéder sera simple. Je pense développer chaque jour un thème particulier ; le thème suivant sera, je suppose, appelé par le précédent. Si, sur certains sujets, la passion l'emporte au point de se fermer à la réalité, sachez que je ne l'ai pas voulu sciemment. Des raisons, que je ne serais pas arrivé à décortiquer et à exprimer, expliqueraient vraisemblablement les jugements considérés trop rapides. Et si nous les aidions à faire surface. Enfin, je ne cherche pas à traiter un problème ! Je me propose simplement de vous dire, plus sous la forme d'un témoignage que d'une étude scientifique -que veut dire ce mot ?- comment je vois aujourd'hui la vie, ma vie, celle de l'Eglise.
Est-ce que je ne perds pas l'occasion de me taire ? Je l'ignore. Je vous offre gracieusement ces pages et le travail qui en est la source. Je vous en fais don quoiqu'il m'en coûte par la suite ! Qu'ai-je à perdre ? Tenez, voilà une réflexion à développer : quel est l'intérêt de la transparence dans les relations humaines ? Quel est le bien-fondé de la parole sincère ? Nous retrouverons peut-être cette discussion en fin de parcours.
Par Michel Durand - Publié dans : Il y a 30 années... - Communauté : Christianisme
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Vendredi 28 décembre 2007
On me communique ce texte que je suis heureux de  vous adresser tellement  il coimplète la teneur de mes vœux 2008. Il est signé par le Président de la Fédération protestante de France, Claude Baty.

g-boniface-claude-baty2-1.jpg Le travail du dimanche
La religion de la consommation serait-elle le culte officiel de la France laïque ?
Le président de la Fédération protestante de France s’interroge sur le sens de la libéralisation du travail le dimanche.
Il est question de généraliser l’autorisation de travailler le dimanche… À mes yeux, ce n’est pas une bonne idée ! Qu’un pasteur réagisse ainsi n’étonnera personne, et pourtant ce ne sont pas des intérêts particuliers que je défends. Au contraire, ma démarche est antireligieuse ! Dans ce projet, je dénonce d’abord la religion de la consommation.
La tendance à ne plus faire de différences entre les jours pour permettre de travailler et de consommer vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, est l’affirmation sans complexe du culte de la consommation animé par sa prophétesse publicité (dont le credo est la loi du marché). C’est logiquement que le supermarché est devenu le lieu de la célébration par excellence, l’endroit où le travailleur fatigué s’enivre de musiques et de lumières pour mieux sacrifier dans la joie. C’est une expression de la liberté de culte, direz-vous.
Certes, mais ce qui est surprenant, c’est que ce culte semble devenir le culte officiel de notre République qui ne serait donc plus laïque ! Plus que cela, j’avance que ce culte reconnu a un penchant sectaire évident. Ceux qui suspectent sans cesse les mouvements religieux d’égarement, sont curieusement muets devant le lavage de cerveaux que subissent adultes et enfants par le biais d’une publicité omniprésente, particulièrement en ce temps de Noël ! Ces défenseurs des innocents semblent indifférents à la frénésie consommatrice, à moins qu’ils n’en soient eux-mêmes le clergé ! Un comble !
Quand la Bible préconise des jours de repos et de fêtes, elle offre du temps pour célébrer Dieu, mais plus largement elle souligne la nécessité pour tout homme de sortir d’un travail dont il est potentiellement l’esclave. Le repos régulier qui peut donc se partager, comme se partage le travail, est alors l’occasion de prendre du recul et de réfléchir sur les finalités de son action. Pourquoi travailler plus ? Pourquoi gagner plus ? Pour qui ? Pour quelle vie ? Dans quelle création est-ce que j’inscris mon ouvrage ?
Pasteur Claude Baty
Président de la Fédération protestante de France

Par Michel Durand - Publié dans : Anthropologie - Communauté : Christianisme
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Mardi 25 décembre 2007

Hier (ou  avant hier) j'ai eu l'occasion de parler de Michel Sabbah, voir cette
notice de l'AFP du 25/12/07.

MSabbah.jpg
Lundi soir, le Patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, a lancé lors de la messe de minuit un appel en faveur de la paix au Proche-Orient dans son sermon prononcé devant les fidèles à Bethléem.


Dans la journée, des centaines de chrétiens de Gaza s'étaient pressés au poste frontière d'Erez, entre la bande de Gaza et Israël, après avoir obtenu l'autorisation de l'armée israélienne de se rendre en Cisjordanie pour les fêtes de Noël.

La plupart se rendaient à Bethléem, la ville de la naissance du Christ. D'autres allaient ailleurs en Cisjordanie occupée et en particulier à Jérusalem-est, annexée par Israël.
Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf
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