La foi, confiance qui anime la vie

Publié le par Michel Durand

À ma prière de ce matin m’est venue en mémoire quelques conversations de la semaine dernière où il était question de la fidélité à ce qu’il faut faire et/ou ne pas faire. Si certains montraient de l’humour, d’autres étaient profondément choqués. Pourquoi tant d’hypocrisie ?

Voilà deux brefs récits.
1
« Pendant mes vacances que je prenais dans le Jura, je me suis rendu à la messe du dimanche dans l’église du village. Au moment de la communion, le prêtre a rappelé les conditions qui permettaient de communier : s’être récemment confessé, se considérer en état de grâce, ne pas être divorcé remarié ou marié à un(e) divorcé(e). Plus de 95 % de l’assemblée reçut le corps du Christ ».
Suit un commentaire plein d’humour : « Voilà des gens qui relativisent la parole du prêtre et se sentent libres par rapport à ses exigences morales. Combien était-il à s’être confessé récemment ? » Puis, un peu plus tard : « Dans ce que disent les curés, on en prend et on en laisse ».
Et je me pose la question : s’il y a hypocrisie est-ce du côté des fidèles qui manifestent leur liberté par rapport à une parole moralisante autoritaire ou du côté des prêtres qui eux-mêmes, peut-être, ne remplissent pas les conditions énoncées ?
Une autre personne me rapportant un événement semblable fit cette considération : « on empêche les divorcés remariés de s’approcher du corps du Christ. Mais pourquoi ne pas parler des malhonnêtes professionnellement, des injustes dans leurs relations familiales, des violents et méprisants autrui… ?»

2
« Un service d’Eglise a organisé un rassemblement familial en y invitant des couples divorcés remariés ou des époux (épouses) de divorcé(e)s. La journée se passa très bien. Agréable convivialité. Mais, choc à l’eucharistie. Un prêtre rappela  ce qui permettait de communier et indiqua la situation devant laquelle il fallait s’abstenir. Plusieurs couples quittèrent, en colère, l’assemblée. Je crois même qu’une délégation de personnes concernées firent, par la suite, une démarche auprès de l’évêque. Quel en fut le résultat ? J’ignore. De toute façon, « la loi est la loi, y aurait-on affirmé, et, spirituellement, il est bon de soumettre à ce que veut l’Eglise ».

Dans ce récit, je n’ai perçu aucune note d’humour, mais la désespérance de voir que des gens ne sont pas perçus dans leur cheminement personnel. « Miséricorde et connaissance des personnes sont lamentablement absentes ».

Ces récits terminés, notons que l’humour existe quand même. Il me semble bien que les divorcés remariés qui ont quitté cette assemblée eucharistique, parce que légalement exclue de la communion, alors que leur recherche du Christ est vraie, à d’autres occasions, se comportent comme les 95 % de l’église du village jurassien.

D’où le commentaire : « Avec ceci, plus la messe de Pie V, l’Eglise montre un bien drôle de visage ».
Et je remercie la personne qui m’a passé un article du monde : « Benoit XVI organise le repli sur la doctrine » :
« Ce qui est en cause ici, c’est d’abord une conception  de la foi. Est-elle une garantie sur quoi on se repose, que l’on répète, qui dispense de risquer ? Ou bien est-elle une confiance qui oriente et anime la vie : la certitude qu’au bout du compte le Christ ne fera pas défaut à ceux qui le suivent. Et cela engage aussi deux rapports au monde. La conception magique de la foi dévalorise le monde, lieu de chute, au mieux espace neutre, alors qu’une foi espérante se formule et se reformule dans le temps, à l’épreuve du temps ; elle n’est pas séparée de l’histoire mais informée par celle-ci » (Paul Thibaud, président de l’Amitié judéo-chrétienne de France, Le Monde 22/23 juillet 2007).

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