Un tourisme alternatif.

Publié le par Michel Durand

Comme je l'ai indiqué précédemment, dans cette catégorie "anthropologie", je donne diverses réflexions sur le sens, ou non sens, du travail. Textes qui me semblent d'une grande importance alors qu'on veut augmenter la durée du travail salarié tout en critiquant "mai 68".

Je poursuis  la publication des textes qui résultent du colloque que nous avons tenu avec Confluences il y a au moins une dizaine d'année. Cette semaine la parole est donnée à deux témoins, Bernard Guillot, du Cevied et Robert Guillaud, actif retraité.


Intervention de Mr. Bernard Guillotiran6.jpg
(C.E.V.I.E.D.)

Voyager autrement.

Il n'est pas question ici de dresser un bilan exhaustif des ravages d'un tourisme de masse destructeur pour les populations locales mais fructueux pour les firmes qui contrôlent ce marché. Notre association propose des formules qui essayent de satisfaire le mieux possible aux critères de ce que les économistes appellent le “développement durable”.
Nous préconisons l'utilisation des moyens de transports locaux car ils sont une occasion intéressante de partager des moments de vie avec les populations locales. De même, l'hébergement est systématiquement envisagé dans des structures indépendantes des grands trusts de l'industrie du tourisme. La fréquentation d'hôtels ou de restaurants tenus par des familles garantissent plus sûrement que l'argent dépensé ne sera pas monopolisé par une minorité dominant l'économie. Les circuits sont bâtis non seulement à partir des sites touristiques incontournables, mais également avec le souci de ménager des temps de rencontres avec des partenaires que nous avons pris la peine de contacter auparavant. Ces partenaires que nous appelons “contacts” dans notre association permettent des échanges qui ont pu être préparés, ce qui les rend d'autant plus riches. Nous veillons à la richesse de ses contacts car nous pensons que la qualité de nos voyages en dépend totalement.
En petit groupe
La qualité des échanges et des rencontres n'est rendue possible que si le groupe n'est pas trop important. Souvent nous faisons partir des groupes de 8 personnes et nous ne dépassons le nombre de 15 voyageurs. Ces choix ont un impact sur les prix proposés mais ils sont le garant de la qualité que nous recherchons. Pour prendre en compte les idées développées dans la partie précédente nous considérons qu'un voyage se prépare avec les voyageurs eux-mêmes. C'est pourquoi nous organisons quelques semaines avant le départ une rencontre entre les voyageurs inscrits, l'accompagnateur et les membres de l'association. Ce rendez-vous nous paraît essentiel car il est le moment privilégié pour promouvoir cette prise de conscience que voyager est exigent et qu'il faut s'y préparer. Ainsi le voyage ne commence pas à l'aéroport ! Une dynamique de groupe s'enclenche qui pourra s'enrichir durant le voyage.

A cette occasion, les voyageurs peuvent suggérer des améliorations au programme suggéré par l'association en fonction notamment de leurs centres d'intérêt. Le voyageur n'est plus seulement un consommateur d'un produit fini, il peut devenir artisan de son propre voyage. Il se réapproprie son temps de vacances, il le maîtrise. Pour nous le voyage s'inscrit dans une dynamique. Il y a un “avant” et un “après” voyage. Nous proposons à nos adhérents de se retrouver à l'automne  pour faire le bilan et pour imaginer les voyages futurs.
Souvent, au retour un groupe ou une partie d'un groupe décide de donner une suite à leur voyage. Des actions d'information, de solidarité sont initiées pour aider des populations rencontrées durant le voyage. Les effets du voyage débordent très largement du temps de vacances puisqu'ils peuvent se traduire par des engagements très forts dans des O.N.G. Le voyage peut devenir l'occasion d'enrichir sa vie et de lui donner ainsi plus d'épaisseur.

Loisirs, occasions d'épanouissement

L'occupation des temps de loisirs qui tendent à s'accroître devient un enjeu important. Deux voies sont possibles :
- Les loisirs deviennent un nouvel espace de consommation qui ne diffère pas des autres. Ils deviendront comme le travail, une nouvelle source d'exclusion.
- Les loisirs sont l'occasion d'un épanouissement, d'une ouverture et d'un enrichissement individuel.
Notre association milite pour la deuxième voie malgré les difficultés et contradictions que nous devons surmonter.

Publié dans Anthropologie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article