Maison de jeunes et temps libre - 4

Publié le par Michel Durand

Toujours dans le cadre du colloque "Travail et temps libre", voir les jours précédents,  voici la suite de l'intervention de Marc COLIN, ancien directeur de MJC.


En MJC, travail de militant pour créer du lien social.

Il y a un mot dont n’a pas entendu parler de toute la soirée, c’est le mot militant. Dans les emplois qui sont créés dans les MJC on dit toujours : il faut être militant pour faire ce travail-là.

Qu’est-ce que ce travail ? Ce travail est essentiellement tourné autour de la création de lien social. Actuellement ce qui nous motive le plus, ce qui nous touche le plus en tant que militants, c’est l’intégration. Intégration, non pas insertion. Contrairement aux pays anglo-saxons qui emploient le mot insertion parce qu’ils sont plutôt tournés vers des sociétés multiculturelles, c'est-à-dire où chaque culture est intégrée en périphérie (ça arrive en France, mais assez peu). Dans certaines villes vous verrez très nettement le quartier chinois, ou le quartier pakistanais, alors que nous nous tournons vers une conception plus latine : les différentes cultures s’interpénètrent, elles se choquent. De ces chocs peuvent naître de nouvelles cultures ; on peut le voir en musique (en particulier avec le Raï).

Par rapport au travail et par rapport au temps libre, notre position est simple dans la mesure où on est des lieux d’intégration et aussi des lieux de création de lien social. Les gens qui viennent chez nous - je pense par exemple aux jeunes chômeurs - viennent très souvent avec cette demande-là, c'est-à-dire de ne pas se sentir isolés et de retrouver chez nous le lien qu’ils ont perdu en perdant leur travail. C’est très curieux parce que même maintenant, certains médecins ou des gens du monde médical lorsqu’ils se trouvent en face d’une personne qui a un problème de chômage disent très souvent : “allez faire une activité”. Il y en a qui viennent et qui nous disent : “Je suis au chômage. Mon toubib m’a dit : allez prendre une activité. Ça me changera d’air”. La construction d’une activité est très importante. On travaille sur de petits groupes. Les gens qui travaillent chez nous reçoivent un projet éducatif. Par exemple chez les enfants, il y a tout un travail autour de l’apprentissage du comportement, de la prise de responsabilité... Tout cela c’est des mots qu’on retrouve dans la construction du projet. Ça c’est l’intention ; la réalité sociale est autre. Les gens qui sont là le sont avec leur histoire. Il y a toujours cette intention-là.

Publié dans Anthropologie

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