Maison de jeunes et temps libre - 5

Publié le par Michel Durand

Comme je l'ai indiqué précédemment, dans cette catégorie "anthropologie", je donne diverses réflexions sur le sens, ou non sens, du travail. Textes qui me semblent d'une grande importance alors qu'on veut augmenter la durée du travail salarié tout en critiquant "mai 68".

Je poursuis  la publication des textes qui résultent du colloque que nous avons tenu avec Confluences il y a au moins une dizaine d'année. Cette semaine la parole est donnée à Marc Colin, ancien directeur de la MJC du Vieux-Lyon


Intervention de Mr. Marc Colin : Intégration par le travail.

L'identité culturelle est plus forte que l'identité nationale.
Je voudrais réagir par rapport à ce que j'ai entendu sur les analyses un peu plus théoriques.


L’intégration par le travail, on la retrouve dans les MJC. C’est ce qu’on appelle les employés ou salariés à employeurs multiples. On en a 52 qui travaillent tous les jours avec trois ou quatre employeurs qui sont souvent sur le même secteur. Ce peut être d’autres MJC, associations d’éducation, centres sociaux, etc. Ces gens-là ont un travail salarié avec des conditions différentes de celles qui ont été décrites. Leur comportement - ils ont en général entre 20 et 30 ans - vis-à-vis de l’employeur est différent. Ils sont sous contrat, mais qui a une nouvelle forme. Ils ont plusieurs contrats, mais qui sont liés par la même convention. Ils ont une stabilité sur certains secteurs. Ils n’ont pas les mêmes niveaux de rémunération. Il y en a de plus en plus. C’est de l’encadrement. On ne les appelle pas patrons. On les appelle techniciens d’équipe.

Tout le langage a subi une évolution. Ce serait intéressant (il y a un universitaire) d’analyser la transformation du langage au fur et à mesure de la transformation de la société. En ce qui concerne le public, c’est certainement un des derniers lieux où on a un brassage social. Le club des sports, en fonction de l’endroit où il est, des tarifs qu’il pratique, et de la manière dont il recrute, va générer un type de clientèle. Là ils vont vouloir défendre leur appartenance nationale et dans un second temps, on va voir au bout de 4-5 jours le vernis national s’écrouler et on va voir par exemple le jeune Turc et le jeune Maghrébin se retrouver parce qu’ils sont tous les deux musulmans, ou le jeune Français et le jeune Allemand se retrouver autour de la musique folk. On voit que l’identité culturelle est plus forte que l’identité nationale et que vouloir se battre à tout prix sur la reconnaissance de l’identité nationale n’est pas forcément le meilleur cheval de bataille pour l’intégration ou l’insertion.

Publié dans Anthropologie

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