L’église Saint-Paul de Massy occupée depuis 5 mois par des sans-papiers

Publié le par Michel Durand

Les journaux ont régulièrement rendu compte de la situation des « sans papiers » occupant l’église Saint-Paul de Massy. En voici quelques points pour nous inviter à parcourir la "toile" afin de nous faire une idée du problème
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Sur le site de RESF, le 21/09/2007, nous lisons ce texte de l’AFP :
L’église Saint-Paul de Massy occupée depuis 5 mois par des sans-papiers
L’église Saint-Paul de Massy (Essonne) était occupée vendredi depuis cinq mois par des sans-papiers qui demandent leur régularisation, alors que l’évêque d’Evry a demandé l’expulsion de l’édifice, une procédure que la justice doit examiner vendredi 28 septembre.
Plusieurs d’entre eux ont expliqué vendredi qu’ils restaient "déterminés" à poursuivre leur mouvement.
La préfecture de l’Essonne a rappelé vendredi à l’AFP qu’elle ne se prononcerait sur les 506 demandes de régularisations que lorsque les sans-papiers auraient quitté l’édifice religieux.
L’évêque d’Evry Mgr Michel Dubost, qui a initié une action devant le tribunal des référés pour obtenir leur expulsion, souhaite que les sans-papiers mettent un terme à l’occupation avant une éventuelle intervention des forces de l’ordre, a indiqué son entourage à l’AFP.
De son côté, le maire de Massy Vincent Delahaye (MoDem) fait état d’une "montée régulière de la grogne des riverains face à une situation qui perdure", à laquelle les sans-papiers opposent de nombreux soutiens du voisinage.

Le 21 avril après la messe du soir, 100 à 150 immigrés en situation irrégulière ont investi l’église après la dernière prière du soir.
Environ 500 sans-papiers participent depuis par roulement à l’occupation de l’église, où certains dorment la nuit, avant de se retirer chaque matin afin de la laisser à la disposition des paroissiens.
Sur les 506 personnes dont les dossiers ont été déposés à la préfecture début juin, deux ont été expulsées, et quatre ont obtenu un titre de séjour.
Le parvis de l’église Saint-Paul avait déjà été occupé en 2002 pendant 148 jours, 120 sans-papiers sur 160 avaient alors été régularisés, selon le Collectif sans-papiers en lutte.


L’évêque d’Evry Mgr Michel Dubost,
s'explique dans un communiqué. Il conclue :

"Comme toute l’Eglise, je veux lutter contre ce qui me semble une atteinte aux droits de l’homme : le rapprochement familial est un droit, le refus des tests A.D.N. est un droit. La rapidité de traitement des dossiers est un droit (la préfecture d’Evry n’a que trois fonctionnaires pour traiter de ces questions : ceci a des conséquences inhumaines). La trop grande fréquence des contrôles policiers, le soupçon permanent, ne sont pas acceptables : l’action entreprise à Massy par les Sans-papiers doit interroger le gouvernement sur les limites de sa politique."

Voici, maintenant le Communiqué du Syndicat des Avocats de France – Section d’EVRY
En défense contre l’action aux fins d’expulsion des sans-papiers de l’église de Massy

Les avocats membres de la section du SAF de l’ESSONNE qui se sont mobilisés pour assurer la défense des sans-papiers tiennent à redire qu’ils n’ont nullement entendu donner de « leçon de catéchisme » à qui que ce soit.
Bien au contraire, l’essentiel de notre intervention a consisté dans l’exposé de moyens juridiques opposés à cette procédure qui a enfreint les lois protectrices des droits de la défense.
Si cette mobilisation des avocats s’est organisée de manière militante, c’est aussi pour soutenir massivement l’action revendicative des 506 personnes qui en appellent légitimement à l’examen de leurs dossiers par la préfecture de l’Essonne.
L’évêque a fait le choix de ne pas être solidaire de cette situation humaine, préférant se réfugier derrière son seul droit de propriété.
Aujourd’hui, le Tribunal de Grande Instance d’EVRY a rendu une ordonnance de référé ordonnant l’expulsion « de tous les défendeurs et de tous les occupants de leur chef ». Comment une telle décision peut-elle être exécutée sans que ne soient expulsées des personnes qui ne sont pas concernées par cette assignation et qui sont donc libres d’aller et venir où elles le veulent ?
C’est pour cette raison que la décision revêt un caractère manifestement discriminatoire. Le magistrat a lui-même souligné la situation douloureuse des sans-papiers que nous défendons.
La décision de justice rappelle que l’église est un lieu de refuge. Chacun sait que les sans-papiers que nous défendons n’ont que des solutions d’hébergement précaire.
Il reste à l’assemblée générale des sans-papiers de prendre la décision de l’appel contre cette ordonnance d’expulsion, s’ils le souhaitent, si cela correspond à la poursuite de leur mobilisation.

Fait à EVRY le 5 octobre 2007

Pour le collectif des avocats,
La présidente de la section du SAF de l’ESSONNE,
Julie BONNIER HAMON ; Contact : julie-bonnier@wanadoo.fr

Petite chronologie de l'évécuation
publiée par "Les Sans-Papiers en lutte"  : vendredi 5 octobre 2007
Evacuation sans heurts

18H15 : Le curé ne peut pas faire sa messe de 18H30, et il en est bien ennuyé
19H : Les CRS sont là devant l'église Saint-Paul de Massy, et ils sont trop nombreux.
21H : Après 2H de tension, les Sans-Papiers quittent l'église, tête haute, puis rentrent chez eux.
Ce baptême violemment militant les rend tristes et amers, mais ils vont continuer leur lutte, c'est sûr.
Evacuation sans heurts.







Publié dans Politique

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