Harry Potter est entré en politique

Publié le par Michel Durand

film-op.jpgJe ne suis pas lecteur de Harry Potter ni vu les films et je commence à le regretter. Je le regrette d’autant plus après avoir, par hasard, lu, dans le Point du 25 octobre 2007, un article de Florence Colombani. On y voit, selon l’avis de cette journaliste, tout l’ancrage dans notre société d’une littérature qui mérite bien son nom. Il est donc heureux que les jeunes lisent d’aussi bons textes.
Ce qui m’a surtout intéressé, c’est de constater que la fable s’inscrit dans un regard critique sur la société politique. Je suis depuis quelques mois profondément inquiet de l’orientation impériale des politiques de certains pays post industrialisés qui tentent de réduite les libertés personnelles au bénéfice du pouvoir d’un prince ou d’une dynastie dirigée par l’argent. « Harry Potter et l’ordre du Phénix » nous conduit vers Machiavel. Voir aussi le point de vu d'un philosophe : Jean Claude Milner.
Florence Colombani : Il est intéressant de lire la saga Harry Potter, « parce que c'est politique, comme du Machiavel. Discret dans le premier tome, le motif politique se fait de plus en plus insistant jusqu'à occuper l'essentiel des trois derniers volumes. Ainsi, «Harry Potter et l'ordre du Phénix » - dans lequel le professeur Ombrage prend la direction de Poudlard - est la description minutieuse de la mise en place d'une dictature. La saga propose une lecture de l'actualité la plus récente. Confronté à la menace terroriste (les attaques imprévisibles de lord Voldemort), le gouvernement des sorciers restreint les libertés individuelles, censure la presse, joue sur la peur collective pour altérer le mécanisme démocratique. Puis, quand ils finissent par s'emparer du pouvoir, les alliés de Voldemort, obsédés par la pureté du sang, traquent les sang-mêlé (issus de mariages mixtes entre sorciers et moldus) et les obligent à se faire enregistrer au ministère pour mieux pouvoir les éliminer ». ADN où es-tu ?

Je me risque à un autre rapprochement qui est, sans aucun doute, radicalement faux quoique… transposé dans une société où le pouvoir ne serait plus celui de l’Argent mais d’une Vérité toute religieuse ? En effet, je continue à m’interroger sur le recentrage « romain » de l’Eglise latine. Il se caractérise par
-    la suppression des services diocésains (représentation des fidèles chrétiens d’une église locale) au bénéfice d’un service épiscopal (représentation de l’évêque).
-    la suppression des régions apostoliques avec un délégué élu parmi les pairs au bénéfice des provinces apostoliques avec un « chef » nommé par le gouvernement central de l’Eglise institutionnel.
M’enfin, il ne faut pas mélanger politique des Etats et vie de l’Eglise, même si l’air du temps pousse à la reconnaissance d’une disparition des échanges collégiaux ! Altération des processus démocratiques.

Publié dans Anthropologie

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Edith 30/10/2007 16:39

Vous parlez d'un recentrage "romain" de l'Eglise. De quoi voulez-vous parler exactement ? Les laïcs, dont je suis, ne sont pas toujours au courant du fonctionnement administratif de l'Eglise et de son évolution. Pourtant, les conséquences sont forcément importantes. Merci d'éclairer notre lanterne sur ces sujets.Edith

Michel Durand 30/10/2007 17:45

Promis, je prends le temps de la réflexion pour une petite synthèse.