Partager l’Evangile avec les plus pauvres

Publié le par Michel Durand

Marcel, Congo.
Comme d'autres il a regardé vers la France pour se sortir d'une mauvaise vie, une vie économiquement et politiquement menacée.
Des chrétiens l'on accueilli. Il a découvert le Christ.
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Témoignage.


Je suis né en 1978 en République Démocratique du Congo. Mon père était diplomate au service de mon pays. J'ai étudié dans mon pays jusqu'à une maîtrise.
Très jeune, j'ai appris à aimer le Christ. J'ai été servant de messe et j'ai fait partie d'un mouvement de jeunes. Mon père me déconseillait de faire de la politique en me disant : « Tu n'auras pas Dieu avec toi, tu devras faire des choses que tu ne voudrais pas. »
Il y a eu la guerre. Le nouveau président a fait revenir mon père au pays et l'a fait abattre dans notre maison ainsi qu'un de mes frères. Pendant la guerre, on ne mangeait pas tous les jours. Depuis, ma mère et trois autres frères et sœurs sont morts. Il ne me reste plus qu'une sœur. Elle est restée au pays.
Ils se sont mis à chercher les enfants de dignitaires et j'ai été aidé à fuir en France où je suis arrivé en janvier 2002. J'ai été arrêté à l'aéroport, puis on m'a accordé un statut de demandeur d'asile.
J'ai été soutenu par Benoit, un prêtre. Il m'a beaucoup soutenu moralement, spirituellement. Ça m'a aidé à supporter de me retrouver sans rien, de changer toujours de domicile. Depuis février 2005, j'ai obtenu une carte de séjour pour dix ans.
Si j'ai beaucoup galéré pendant ces trois ans, j'ai été accueilli en Eglise. Je fais partie d'un groupe de partage d'Evangile du Prado, je suis responsable de club A.C.E., en équipe de J.O.C., et je fais de l'accueil à la paroisse du Père Benoit.
Le Père Benoit m'a envoyé à la marche retraite du Prado à Taizé. Ça a été un temps très fort pour moi. Je me suis senti accueilli. Là, à travers les partages, l'étude d'Evangile, les temps de silence, j'ai pu prendre conscience de ma vie, de ce que Dieu attend de moi, de son appel.
Avant la guerre, j'avais une vie avec mes parents et rien ne me manquait. Après, j'ai eu une vie sans mes parents, où tout me manquait. A travers ces événements, je crois que Dieu veut me faire comprendre que le monde est divisé en deux, qu'il y a tout un peuple de pauvres qui n'a rien et a besoin d'être soutenu. L'étude d'Evangile m'a appelé à être attentif à ceux qui n'ont rien. Les Ecrits Spirituels d'Antoine Chevrier m’ont beaucoup touché. Il parle beaucoup de la pauvreté, des pauvres. Si Dieu m'a donné de survivre, c'est pour que j'aille vers ce monde.
Quand j'entends quelqu'un partager l'Evangile, quand je le transmets, ça me fait du bien. Il faut partager l'Evangile avec les plus pauvres qui ont besoin de l'Evangile.
En revenant de Taizé, je me posais la question de servir Dieu en me mariant et en ayant des enfants. Depuis, j'ai continué à cheminer. Le Père Benoît m'a fait connaître le week-end vocation du Prado.
Depuis 3 semaines que j'ai des papiers pour dix ans, j'ai été dans une agence d'intérim et je me suis proposé pour être manœuvre maçon. On m'a demandé si j'avais une voiture. Je me suis dit que si je disais que je n'en avais pas, on ne me proposerait pas de chantier. Alors, j'ai dit que j'en avais. On m'a envoyé sur un chantier à 15 km de la ville. Pendant 15 jours, je suis parti tous les matins à 5h30 à pied assurer ma journée de travail, puis retour à pied. C'est au moment où il faisait si froid cet hiver.
Le Père Benoit est passé me voir et m'a demandé pourquoi j'avais une tête aussi fatiguée. Je lui ai expliqué. Depuis une semaine, quelqu'un me prête une voiture. J'ai pris le train de nuit après ma journée de travail pour venir à ce week-end vocation.
Je crois aujourd'hui que le Christ ne m'a pas fait vivre tout ça pour rien, mais pour que je serve mes frères comme prêtre, en tous cas, je suis disponible pour y réfléchir.
Ce qui me plait au Prado, c'est la simplicité, cette vie où l'on a le regard sur les autres, cette vie où l'on sait que tout est vaine gloire, que la joie, c'est de partager.
Ce que j'aime du Christ, c'est que c'est lui qui donne le sens de la vie, de l'amour, de la charité, de la fraternité, de la collaboration.
Il m'aide à être concret dans mes relations avec les gens. Il m'accorde la grâce d'avoir un esprit ferme dans le mal et pour le bien, le respect de mon corps, la méfiance du mal, la force, la patience, le sacrifice, et, surtout, un esprit fidèle et positif dans la vie.
Christ est mon amour, ma protection, mon soutien. C'est lui qui prend soin de moi. C'est lui qui me rend heureux et qui me comprend le mieux, qui m'ouvre la porte d'une vie honnête.

Publié dans Témoignage

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