Qui est le meilleur ?

Publié le par Michel Durand

Telle sera ma contribution à l'échange suite au commentaire sur l'homélie du Christ-Roi.

Aux yeux des hommes, le meilleur sera le premier, celui qui, dans un concours, une course, sur un marché financier, une entreprise… arrive le premier. Paul emploie cette comparaison sportive en parlant de ceux qui courent pour une couronne périssable. La couronne de laurier des stades grecs. Un seul gagne. Nous, les chrétiens, explique Paul, nous courons tous pour une couronne impérissable
1Co 9 25 Tous les athlètes à l'entraînement s'imposent une discipline sévère. Ils le font pour gagner une couronne qui se fane vite ; mais nous, nous le faisons pour gagner une couronne qui ne se fanera jamais.

Et tous peuvent l’obtenir.
Aux yeux de Dieu, il n’y a pas de super champion. Il n’est pas question de surpasser les autres. Le meilleur n’est pas celui qui se montre capable d’être le premier. Le meilleur est celui qui se dispose à être aimé de Dieu.
Comme on est loin de l’attitude orgueilleuse : arrogance ou fierté exagérée de sa propre personne !

Regardons l’histoire de David. 1 Samuel 16,1ss
« les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence. Mais, le Seigneur regarde les cœurs. »

Je pense qu’à elle seule cette phrase témoigne que les « meilleurs » aux yeux des hommes ne sont pas les premiers de l’amitié divine. Ils ont trop compté sur leur propre puissance et pas assez sur la force qui vient de Dieu (la grâce). Au regard du Dieu Trinité, il n’y a pas de prince (princeps), celui qui possède un rang élevé dans une hiérarchie, dit le dictionnaire, celui qui se comporte comme un grand seigneur. Et même dans l’Église, il n’y a pas – ne devrait pas - y avoir de Prince, mais des frères se surveillant (épiscope -  évêque) les uns les autres, fraternellement, afin que l’attachement au Christ demeure parfait comme le symbolise la liturgie eucharistique issue de Vatican II. Le Christ est au centre, lieu de l’autel, de la communauté en prière. Pas de piédestal. C’est ce qu’Antoine de Padoue pense quand à l’automne 1225, il s’en prend à l’archevêque de Bourges n’ayant pas une grande sympathie pour les fraticelli, les frères mendiants, disciples de Saint François : « Tibi loquar cornute », traduction : « c’est à toi que je parle, porte-mitre-tête à cornes. »
stfrancoi.jpgFrançois donnant sa règle au pape Honorius III, 29 novembre 1223

Pour compléter et assurer cette petite méditation, je vous invite à feuilleter les évangiles. Nous y trouvons de nombreuses paroles du Christ qui nous invite à travailler moins pour gagner plus ; avoir une vie simple, humble, sans chercher à surpasser le voisin.
  • Que sert à l’homme à gagner le monde entier s’il se perd lui-même = Luc 9, 25
  • Qui est le plus grand ? Celui qui est le plus petit parmi vous, c‘est celui-là qui est le plus grand = Luc 9,48
  • Réjouissez-vous de ce que vos noms soient inscrits dans les cieux (et non parmi les hommes) = Luc 10,20
  • Quiconque s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé = Luc 14,11
  • Quand tu donnes un festin, invites des pauvres = Luc 14,13
  • Parabole du pauvre Lazare et du riche (nom inconnu) : le pauvre mourut et fut emporté en Dieu. Le riche mourut et on l’ensevelit = Luc 16,22
  • Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu = Luc 18,24

Et il y a beaucoup d’autres versets.
Certes, il convient de situer toutes ces citations dans leur contexte, les faire siennes par une lecture méditée de la Parole et l’on comprendra que, contrairement au jugement du « monde », les derniers (selon le monde) seront les premiers (selon Dieu). Il n’y a pas de princeps, de premier, car Christ est le seul premier. Toute source à l’orgueil est tarie.

Publié dans Eglise

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