SE REPOSER ...

Publié le par Michel Durand

Je me suis engagé pendant cette période de l’Avent à une réflexion sur la pauvreté. Une façon de rejoindre Jésus au moment de sa naissance dans une crèche d’animaux.
« Il possédait depuis toujours la condition divine,
 mais il n'a pas voulu demeurer de force l'égal de Dieu. Au contraire, il a de lui-même renoncé à tout ce qu'il avait et il a pris la condition de serviteur. Il est devenu homme parmi les hommes, il a été reconnu comme homme » Ph 2,6-7.
De jours en jours, je glane donc tout ce qui peut alimenter ma méditation dans cette orientation.
J’ai parlé avant hier de « travailler moins pour gagner plus ». Une phrase que j’aimerais bien écrire, pour Noël sur le fronton de l’église Saint-Polycarpe. Mais, on trouverait l’allusion politique trop évidente, trop lourde… pourtant, le monde n’avons-nous pas besoin de ces coups massifs ?


En attendant, voici une simple et légère invitation au repos.

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« Se reposer... se poser à nouveau devant soi,
Mais autrement...
Se retrouver soi-même, avec ses regrets à consoler,
Ses blessures à panser, des besoins à orienter,
Des souvenirs à méditer, des appels à écouter...
Et s'accueillir soi-même, avec patience,
Miséricorde et confiance...

Se reposer... se poser à nouveau devant la nature,
Avec un regard neuf...
La nature est le premier livre que Dieu écrit.
Elle porte tant de signes et de paraboles :
La source toujours fidèle,
L'eau qui chante dans les imprévus des cascades
Et des ravins,
L'arbre debout dans la tempête
Grâce aux racines qui s'embrassent solidement dans le sol.

Se reposer… se poser à nouveau devant les autres,
Avec des yeux renouvelés...
La vie nous met, en file, les uns derrière les autres.
La télévision nous met côte à côte.
Se retrouver face à face, dans un dialogue tout neuf,
Avec un regard vrai, pour une proximité vécue
Même dans le silence...
« Heureux ceux qui s'aiment assez
Pour savoir se taire ensemble. » (Charles Péguy)
Se reposer... se poser à nouveau devant Dieu,
Avec un cœur d'enfant...
Il est source de vie et d'amour dans la conscience de chacun.
Il murmure, comme au temps d'Isaïe (43) :
« Je t'ai appelé par ton nom,
Tu comptes beaucoup à mes yeux,
Tu es précieux pour moi car je t'aime. »
Il est aussi
« Le Dieu des grands espaces et des larges horizons »,
Le Dieu de l'histoire en perpétuel enfantement.

La contemplation n'est-elle pas
Le sommet de l'activité humaine?
Par elle, nous sommes vraiment reliés à la Source.
Elle nous aide à repartir, ressourcés, en artisans de l'avenir,
Dans ce monde en chantier. »



Marcel Perrier
Evêque de Pammiers
Poème paru dans « L’Eglise catholique en Ariège, juin 2004
Voir : Quelqu’un parmi nous, Prado N° 182.

Publié dans Témoignage

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