Aux aveugles rendre la vue, Commentaire

Publié le par Michel Durand

Je vous donne à lire,  ci-dessous, le commentaire que m'a adressé M. Paul Grange par courriel suite à l'article de Confluences : aux aveugles rendre la vue.
C'est une très bonne pièce apporté au débat.
Je manque de réalisme, pense-t-il. Soit. Ma réflexion anthropologique se fonde sur l'espérance qu'un jour viendra où l'homme aura plus de poids que la libre économie. Nous sommes en manque d'une vision du monde qui ne soit pas piloté par l'intérêt financier.
Que Jérusalem soit une terre où toutes les nations se savent et sont chez elles, continue à proclamer Isaïe.


A lire votre texte, Paul Grange, les auteurs qui parlent de l'économique comme d'un sacré, intouchable, semblent avoir raison. On peut toucher à tout ; critiquer la philosophie, la théologie, la religion, mais l'économie ! Non. C'est une science incontestable.
Nous organiserons bientôt un débat sur ce sujet. Votre apport sera important.
Même si mes envolés sont lyriques, je continuerai, jusqu'à l'obtention d'une preuve crédible, à contester votre affirmation interrogative : "le libéralisme n'est-il pas que l'état primaire (même s'il est sophistiqué) des fonctionnements".
Voilà l'économique élevé au niveau des dieux. Idolâtrie moderne ! Le problème est le même si  vous ne parlez pas du libéralisme économique mais du libéralisme en général.

C'est tout le débat. Je me réjouis de l'avoir, grâce à votre participation. J'espère que des personnes compétentes en la matière apporteront leur point de vue.


Commentaire de Paul Grange à l'article de Confluences : aux aveugles rendre la vue.

Au sujet de votre article :
"AUX AVEUGLES, RENDRE LA VUE"

Cet article, avec comme sous-titre général "le péché de l'attachement au libéralisme mondialisé", débutait bien. En effet, l’interpellation directe : "Ces autres ? Nous-mêmes", me laissait entrevoir un écrit qui abordait la réalité sur laquelle chacun pouvait plus ou moins avoir une influence.

Malheureusement, mon espoir fut de courte durée : la deuxième partie de cet article renoue avec les concepts généraux qui placeraient l'auteur et quelques fidèles lecteurs au-dessus de la mêlée ; au désespoir d'autres lecteurs avides de solutions concrètes et positives. Ras le bol de ces phrases toutes faites, qu’il est de bon ton de répéter quasiment de manière mécanique. Et si nous cherchions vraiment des pistes d'espérances :
- L'argent pourrit tout : ne serait-ce pas plutôt l'homme qui, un jour, se laisse aller et le même homme qui, un autre jour, domine ses instincts et donne du sens à son action.
- Le libéralisme, de surcroît mondialisé est la source de tous les maux : le libéralisme n'est-il pas que l'état primaire (même s'il est sophistiqué) des fonctionnements économiques. Il nous faut certainement le réguler à défaut d'avoir trouvé un système à la fois efficace et plus humain, capable de le remplacer dans tous les secteurs d'activité.
- « Les techniques rentables » seraient la source de tous les esclavages. Mais que fait-on pour éduquer les Français à l'économie ? Il existe des « rentabilités » nécessaires et d’autres fondées sur la corruption, les rentes de situation, les fraudes ou encore les vues à court terme.
La difficulté n’est-elle pas de faire la synthèse entre nos rêves et les réalités, notamment économiques. N’est-ce pas là le vrai courage qui prend en compte tous les impératifs, souvent contradictoires?
Et dans des domaines comme l’art où, a priori, le mot de « rentabilité » n’est pas mis en avant, il faut bien également prendre en compte des notions économiques. Pour vous qui êtes sensible à ce domaine, je serais curieux de savoir comment vous jugez le prix de 17 millions d’euros prélevés sur l’argent public (directement ou via les avantages fiscaux accordés) pour l’acquisition de « La fuite en Égypte » de Poussin.

Pour ma part, je souhaite vraiment que l'on n'abuse pas des grandes envolées lyriques stériles pour donner de l'audience à ceux qui mettent en place des solutions concrètes viables du type microcrédit.

Paul Grange


Publié dans Anthropologie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article