engagement et comportement des catholiques dans la vie politique

Publié le par Michel Durand

elect.jpgA la veille d’élections, je relis avec intérêt ce texte officiel de l’Eglise catholique sur le devoir politique du chrétien (catholique) parce que citoyen.

Se conformant au style bien connu au Vatican, sa lecture n’est pas toujours agréable ou facile.

Allons au-delà.


«on ne peut séparer l’homme de Dieu, ni la politique de la morale».  

tous peuvent contribuer, par leur vote, à l’élection des législateurs et des responsables de gouvernement, et, par d’autres moyens aussi, à l’élaboration des orientations politiques et des choix législatifs qui, selon eux, servent le mieux le bien commun.




En deux mille ans d’histoire, l’engagement des chrétiens dans le monde s’est réalisé sous des formes diverses. L’une d’entre elles a été la participation à l’action politique : les chrétiens, affirmait un écrivain ecclésiastique des premiers siècles, «participent à la vie publique comme citoyens»[1]. Parmi ses saints, l’Église vénère beaucoup d’hommes et de femmes qui ont servi Dieu par leur engagement généreux dans les activités politiques et gouvernementales. L'un d'entre eux, saint Thomas More, proclamé Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques, a su témoigner jusqu’à la mort de «la dignité inaliénable de la conscience»[2]. Bien que soumis à diverses formes de pressions psychologiques, il a refusé tout compromis et, sans renier «sa constante fidélité à l’autorité et aux institutions légitimes» qui l’avait distingué, il a affirmé par sa vie et par sa mort que l'«on ne peut séparer l’homme de Dieu, ni la politique de la morale»[3].  

Les sociétés démocratiques actuelles, dans lesquelles, à juste titre, tous sont appelés à participer à la gestion des affaires publiques dans un climat de vraie liberté[4], requièrent des formes nouvelles et plus larges de participation à la vie publique de la part des citoyens, qu’ils soient chrétiens ou non. En effet, tous peuvent contribuer, par leur vote, à l’élection des législateurs et des responsables de gouvernement, et, par d’autres moyens aussi, à l’élaboration des orientations politiques et des choix législatifs qui, selon eux, servent le mieux le bien commun[5]. Dans un système politique démocratique, la vie ne pourrait se dérouler de manière profitable sans un engagement actif, responsable et généreux de tous. Encore que cela implique «une grande diversité et complémentarité de formes, de niveaux, de tâches et de responsabilités»[6].

En accomplissant leurs devoirs civils normaux, «guidés par leur conscience chrétienne»[7], selon les valeurs conformes à cette conscience, les fidèles réalisent aussi la tâche qui leur est propre d’animer chrétiennement l’ordre temporel, tout en en respectant la nature et la légitime autonomie[8], et en coopérant avec les autres citoyens, selon leur compétence spécifique et sous leur propre responsabilité[9]. Il résulte de cet enseignement fondamental du Concile Vatican II que «les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’, à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun»[10]. Ce bien commun inclut la défense et la promotion de réalités telles que l’ordre public et la paix, la liberté et l’égalité, le respect de la vie humaine et de l’environnement, la justice, la solidarité, etc.

Rome, Doctrine de la Foi, 24 novembre 2002
JOSEPH CARD. RATZINGER, Préfet

 TARCISIO BERTONE, S.D.B., Archevêque émérite de Vercelli, Secrétaire



[1] Lettre à Diognète, 5, 5. Cf. aussi Catéchisme de l’Église catholique, n. 2240.

[2] Jean-Paul II, Motu proprio pour la proclamation de S. Thomas More Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques (31 octobre 2000), n. 1: AAS 93 (2001), p. 76; La Documentation catholique 97 (2000), p. 1001.

[3] Ibid., n. 4: AAS, l.c., pp. 78.79; La Documentation catholique, l.c., pp. 1002.1003.

[4] Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 31; Catéchisme de l’Église catholique, n. 1915.

[5] Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 75.

[6] Jean-Paul II, Exhort. apost. post-synodale Christifideles laici (30 décembre 1988), n. 42: AAS 81 (1989), p 472; La Documentation catholique 86 (1989), p. 177 . La présente note doctrinale se rapporte évidemment à l’engagement politique des fidèles laïcs. Les Pasteurs ont le droit et le devoir de proposer les principes moraux également dans l’ordre social; «mais l’engagement actif dans les partis politiques est réservé aux laïcs» (Jean-Paul II, Exhort. apost. post-synodale Christifideles laici, n. 60: AAS, l.c., p. 511; La Documentation catholique 86 [1989], p. 189). Cf. aussi Congrégation pour le Clergé, Directoire pour le ministère et la vie des prêtres (31 mars 1994), n. 33; La Documention catholique 91 (1994), p. 367.    

[7] Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 76.

[8] Ibid. n. 36.

[9] Cf. Conc. œcum. Vat. II, Décr. Apostolicam actuositatem, n. 7; Const. dogm. Lumen gentium, n. 36; Const. past. Gaudium et spes, nn. 31 et 43.

[10] Jean-Paul II, Exhort. apost. post-synodale Christifideles laici (30 décembre 1988), n. 42: AAS 81 (1989), p 472; La Documentation catholique 1986 (1989), p. 177.

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article