Lyon-Cercles de silence

Publié le par Michel Durand

Eléments de réflexion dans la ligne des Franciscains de Toulouse.


Pour une issue favorable aux « sans papiers ».

Mondialisation et migration
Nous affirmons que la première solution aux problèmes posés par la migration réside dans le respect d'une économie équitable. Un commerce mondial juste inviterait à demeurer au pays des ancêtres car il serait possible d'y vivre dignement.
Nous reconnaissons que le désir de migrer vers d'autres terres est un constitutif de l'humanité et a construit notre Histoire. Aussi nous savons qu'il est un devoir élémentaire d'accueillir, en les respectant, toutes personnes ayant mis leur espoir dans le risque de la migration.
Dans le silence de la prière ou de la méditation, nous souhaitons soutenir et inviter à soutenir toutes celles et tous ceux qui sont concernés par ce problème.
Nos cercles de silence signifient l'espoir que nous avons de voir disparaître les situations inhumaines.

Date et lieu
Tous les deuxième mercredis de chaque mois de 19h à 20h
Place des Terreaux, à droite et en avant des escaliers de l'Hôtel de Ville
En un ou plusieurs cercles de silence.
Notre silence et/ou notre prière veulent rejoindre les sans-papiers, ceux qui font la loi et ceux qui la font appliquer, ainsi que tous les acteurs que nous sommes chacun à notre échelle.
Athée, agnostique, croyant, religieux ou non, par cette démarche silencieuse, se sentiront à l'aise. Compte avant tout l'attitude spirituelle qui se situe dans la ligne du respect des droits de l'homme.

Concrètement
Nous formons un premier cercle à 19h, place des Terreaux, à droite de l'escalier et devant l'Hôtel de Ville.
Si le cercle devient trop important, plus de 40 personnes, on forme un deuxième cercle, juste à côté.
Nous mettons au milieu des cercles une lampe-tempête.
Pour marquer le début et la fin de l'heure, une personne lit le texte attribuée à Saint François (voir ci dessous). Cette prière est souvent utilisée dans des rencontres interreligieuses. Tout en faisant  explicitement référence à l'espérance qui est la nôtre, son contenu permet à d'autres croyants ou à des non-croyants de nous rejoindre.
2 ou 3 personnes se trouvent à l'extérieur du cercle, ou des cercles, pour distribuer les tracts et informer les passants. De façon sobre et là aussi la plus silencieuse possible, sans entrer dans les éventuels débats, simplement en tendant le petit tract. Ces personnes veillent également à maintenir l'ordre extérieur.
Si des personnes souhaitent parler, ils veillent aussi à ce qu'elles soient relativement loin des cercles, pour aider les personnes qui font silence. Si des personnes dans le cercle sont interrogées, elles renvoient silencieusement aux porte-parole.
Nous insistons pour que les personnes soient à visage découvert. L'objectif n'est pas de se déguiser ou de mimer une situation : il est de dire une indignation. Un visage nu qui témoigne est plus frappant qu'un visage qui se cache.
Un panneau de photos et de textes explique notre démarche.
Photos : des prises de vues du CRA de Saint-Exupéry. Suggestives plus que descriptives.
Textes : Le § Mondialisation et migration.
Le trac est réalisé avec cette matière.
La mairie de Lyon (1er arrondissement et Hôtel de Ville central) est informée de notre action par un courrier.

Les signataires
Notre silence et/ou notre prière veulent rejoindre les sans-papiers, ceux qui font la loi et ceux qui la font appliquer, ainsi que tous les acteurs que nous sommes chacun à notre échelle.
  • L' Atelier Justice Paix Intégrité de la Création de la Famille Franciscaine (JPIC)
  • Paroisse Saint-Polycarpe des pentes de la Croix-Rousse
  • Et tous qui veulent se joindre

André Cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris, Président de la Conférence des évêques de France

« Dans nos pays très développés de l'Ouest européen, la question de l'accueil des migrants est récurrente. Voulons-nous une Europe ouverte ou une Europe close devant les risques de perdre notre sécurité économique, dont la fragilité financière provoque les soubresauts que l'on sait ? L'histoire a montré qu'il n'est pas de clôture qui résiste aux besoins élémentaires qui s'expriment au dehors. La seule voie qui nous paraît raisonnable est évidemment celle du développement qui donne de quoi vivre dans les pays de forte immigration. Mais cette politique coûte très cher en argent et en vigilance sur l'utilisation des aides. Quel pourcentage de notre richesse nationale sommes-nous prêts à y investir, non seulement en « promesses de dons » mais en financement réel ?
La France, pays de migrations anciennes, qui s'enorgueillit d'être le « pays des droits de l'homme » va-t-elle aider l'Europe à progresser dans une politique d'ouverture devant les migrations ? Va-t-elle elle-même progresser dans la mise en œuvre d'une politique d'aide au développement ? Va-t-elle progresser dans les procédures de traitement des demandes d'asile, dans leur durée comme dans les critères mis en oeuvre et la manière de traiter les demandeurs ? Une politique raisonnée de l'immigration est indissociable des moyens à dégager pour que les fonctionnaires chargés de son exécution ne soient pas submergés et ne se trouvent pas dépassés par les situations qu'ils ont à traiter. Enfin, par delà la réglementation nécessaire, la manière de traiter des personnes en détresse suppose un engagement déterminé dans l'application des lois et des jugements. Une personne qui ne réunit pas les conditions d'accueil sur notre territoire ne cesse pas pour autant d'être une personne humaine, un homme, une femme, un enfant, que l'on doit respecter et traiter avec dignité. Une personne ne peut pas être détenue dans des conditions inhumaines. L'Église se félicite que de nombreux catholiques soient engagés sur ce front de la solidarité. Elle encourage les fonctionnaires et membres des forces de l'ordre qui exécutent leur mission en respectant les personnes concernées. Elle appelle les communautés locales à réfléchir et à agir pour venir en aide à ceux qui ont mis leur espoir, leur ultime espoir, dans le risque de l'immigration. Elle soutient les femmes et les hommes politiques dans leur implication pour cette cause, même si elle n'est pas très rentable électoralement ».

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