Progressisme et révolution - 4 (dernier)

Publié le par Michel Durand

Je propose dans cette catégorie une vieille réflexion sur le sens des mots progrès, évolution ou révolution.
Où se situe l'Evangile ?

En premier, le progrès interrogé.

En second, existe-t-il une limite au progrès ?

En troisième, avec qui me retrouver ?

Enfin, quel chemin prendre pour une transformation dans le sens de l'Evangile ?

 

Quatrième temps : révolution permanente, conversion.

Je suis révolutionnaire ?

Il faut s'entendre, comme nous l'avons déjà fait comprendre, sur le sens du mot. Suis-je révolutionnaire ? En fait, je n'en sais rien. Certes, je souhaite qu'en moi s'installe une révolution permanente. Comme tout disciple de Jésus, je voudrais que, par une metanoïa incessante, disparaissent de mon moi profond toutes les plages obscures, tous les gestes spontanés d'égoïsme. Je désirerais, comme tout le monde, ne plus être en guerre avec moi-même. J'espère l'avènement d'une paix qui serait le prélude à une vie harmonieuse avec l'ensemble de l'humanité. Je désire devenir transparent de la paix du Christ, de sa sagesse, de sa force... 1 Je...

Cette conversion est-elle la révolution ? Je serais porté à répondre affirmativement dans la mesure de la radicalité du changement envisagé. D'autres, certainement très nombreux, doivent penser autrement ; voilà un point à discuter. Pour moi, c'est une révolution car, non seulement le changement est complet, mais encore, pour bien faire, la conversion personnelle doit se doubler d'une conversion collective, d'un changement de société. Je parlerai alors, même dans ce contexte religieux, de révolution permanente, tant pis si c'est du plagiat. Ainsi devrait être le christianisme : un combat incessant contre la volonté de puissance des hommes. Je trouve que l'expression usurpée de "révolution culturelle" convient bien à l'Evangile. Ne demande-t-il pas une transformation complète et permanente de tous et de chacun ?

Dans l'actuel débat métaphysique et politique où l'on déniche tous les "goulags" avoués ou secrets d'Occident et d'Orient, où l'on réalise le danger pour l'humanité d'un "Auguste", empereur divinisé, personne physique - le dictateur - ou entité abstraite - l'Etat -, dans ce débat, combien serait fructueuse la prise en considération de cette phrase du Christ : "Si quelqu'un veut être maître parmi vous, qu'il soit votre serviteur". Quelle révolution ! Quel changement profond de mentalité et de structure n'est-il pas contenu dans ce message ?

Ça vaudrait le coup qu'on en parle, et sérieusement. Ça vaudrait le coup, qu'à notre petit niveau de "praticiens" on organise des séminaires sur ce sujet. Oh, pas pour traiter le problème dans son ensemble. A quoi servent les belles synthèses que personne, ou presque, ne lit ? Mais seulement pour voir quel changement, quelle conversion - révolution opérée au sein de nos communautés, de nos groupes humains.

L'Eglise n'aurait-elle pas aujourd'hui, à rendre service au monde en lui montrant la réalité d'un pouvoir qui n'est ni féodal, ni monarchique, ni démocratique ? Que serait-il alors? Fraternel? Collégial ?... On va crier à l'utopie dans son sens le plus péjoratif. Eh bien tant mieux, nous avons besoin d'utopies, elles ne sont pas mauvaises pour tout le monde, ni à toutes les époques. Nous aurons certainement l'occasion de revenir, d'une façon ou d'une autre, sur ce point.

Par ailleurs, que penser de la crainte que chrétiens nous avons de nous montrer avec notre foi ?

Je connais des prêtres au travail qui, pour se faire accepter par les collègues d'atelier, cachent leur identité de baptisés. Qu'est-ce que cela signifie ? Voilà, les questions ne s'arrêtent jamais et l'on demeure avide de réponses claires.

 

Publié dans Il y a 30 années...

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