ETRE OPTIMISTE DANS UN MONDE QUI AGONISE ? - 4

Publié le par Michel Durand

Suite du texte d'hier

Débat autour de l'économisme

Scientisme


C'est à débattre, écrivais-je. Toutefois, comme prémices au débat, je demanderai que soit regardé de près cette fameuse "objectivité scientifique". Nous indiquions plus haut qu'elle risquait d'occulter les appels du cœur de l'homme à "Autre Chose". En effet, pourquoi cette recherche objective - objectivation des propos, présentation scientifique des problèmes, de la réalité - ne signifierait-elle pas, involontairement certes, démobilisation, anéantissement de la personne originale, de ses richesses, pour se couler dans le moule de l'ordre établi, où tout le monde est comme tout le monde ?

Vous comprenez maintenant pourquoi il m'arrive de me questionner sur le rôle que joue un Institut catholique(1). Ne devrait-il pas, plus visiblement, plus profondément œuvrer - au-delà de toutes les instances civiques, politiques, sociales, économiques, intellectuelles, scientifiques - à la recherche de solutions pour notre temps qui pose bien des problèmes ? Seulement, répondra-t-on, il convient d'insérer les jeunes étudiants dans notre société. Cela ne pourrait-il pas se faire en leur permettant d'être plus que de bons étudiants qui font honneur à leur école, en leur donnant la chance de devenir plus que de bons ingénieurs, de bons chimistes, de bons agronomes, de bons travailleurs sociaux, de bons animateurs ? Cette préparation à la vie active ne pourrait-elle pas se réaliser en indiquant clairement les éléments qui aideront à savoir ne pas entrer tête baissée dans la société industrielle où tout est bon parce que scientifique ; savoir mettre l'homme à sa place, l'homme tel que nous le montre l'Evangile et l'esprit qui en découle. Ceci ne pourra vraisemblablement pas se vivre sans une anthropologie chrétienne. Quel est l'homme selon Christ ? Le théologien doit, ici, intervenir.

A travers cette réflexion, vous devinez que je songe aux diverses institutions chrétiennes que nous rencontrons aujourd'hui. Il ne s'agit pas seulement des Facultés catholiques lyonnaises, mais également des écoles ou autres maisons de formation et d'éducation, sans oublier certains mouvements.

Je suis dans mon questionnement d'une ambition démesurée ; suffit-il d'en avoir conscience !


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(l) Questionner, comme je le fais, une institution catholique au nom de l'Evangile ne peut qu'être compléter par un regard sur le présent. Il s'agirait pour cela de questionner les motivations des responsables de cette institution, de voir les répercussions qu'une application du questionnement aurait sur les personnes employées par cette institution et sur tous ses usagers. Je ne l'ai pas fait car tel n'est pas le but de ma recherche. Egoïstement situé en usager de l'institution, je dis les questions qui m'apparaissent. J'ai pleinement conscience de mon subjectivisme ; nombreux étudiants, largement plus jeunes, en recherche de "diplômes" pour obtenir une profession, ne peuvent que se situer différemment. Certains sont athées. Pourtant, malgré la particularité du "lieu d'où je parle", je pense, à travers mon Ego, rejoindre la pensée de plusieurs camarades, quels que soient les détours.


Publié dans Il y a 30 années...

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