Mardi 5 août 2008
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Patrice de Plunkett
Lors d'une nouvelle Journée mondiale de la paix, le 1"' janvier 2008, dix-huit ans après le réquisitoire écologique de Jean-Paul II, Benoît XVI démontre à son
tour que la paix des nations, l'état de la planète et la pauvreté des hommes forment un ensemble, que l'on ne peut aborder ces questions séparément, et que le premier souci doit être de ménager
les pays pauvres :
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Respecter l'environnement ne veut pas dire que l'on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l'homme. Cela veut dire que ( ... ) les
générations à venir ont aussi le droit de tirer des bénéfices de la Création. ( ... ) Il ne faut pas non plus que les pauvres soient oubliés, eux qui, en bien des cas, sont exclus de la
destination universelle des biens de la Création.
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De nos jours, l'humanité s'inquiète pour l'avenir de l'équilibre écologique. ( ... ) Si la protection de l'environnement a des coûts, il faut qu'ils soient
répartis de manière juste, en tenant compte des différences de développement des divers pays et de la solidarité avec les générations futures. Agir avec prudence ne signifie pas ne pas
prendre en main ses responsabilités et renvoyer à plus tard les décisions ; cela veut dire s'engager à prendre ensemble ces décisions, non sans avoir au préalable examiné, de manière
responsable, la voie à emprunter, dans le but de renforcer l'alliance entre l'être humain et l'environnement, qui doit être le miroir de l'amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers
qui nous allons.
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Il est fondamental à cet égard de «penser» la Terre comme notre maison commune : et, pour qu'elle soit au service de tous, d'opter, quand il s'agit de la gérer,
pour la voie du dialogue plutôt que pour celle des choix unilatéraux. ( ... ) II est un domaine où il serait en particulier nécessaire d'intensifier le dialogue entre les nations, c'est celui
de la gestion des ressources énergétiques de la planète. ( ... ) À cet égard, les pays technologiquement avancés sont confrontés à une double urgence : il faut, d'une part, qu'ils revoient
leurs habitudes exagérées en matière de consommation, liées au modèle actuel de développement ; et que, d'autre part, ils pourvoient aux investissements adaptés en vue de la diversification
des sources d'énergie et de l'amélioration de son utilisation. Les pays émergents ont de grands besoins énergétiques, mais il arrive que ces besoins soient satisfaits au détriment des pays
pauvres qui, à cause de l'insuffisance de leurs infrastructures même sur le plan technologique, sont obligés de vendre à bas prix les ressources énergétiques dont ils disposent. Parfois, leur
liberté politique elle-même est mise en cause par des formes de protectorat ou tout au moins de conditionnement qui apparaissent clairement humiliantes ...
Federico Lombardi, jésuite, porte-parole du Saint-Siège:
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Benoît XVI «ne cache pas sa préoccupation devant le saccage de nombreuses régions de la planète par l'action de l'homme, qui compromet sérieusement l'écosystème
». Le pape invite les hommes de toutes les latitudes à se mobiliser pour défendre la Terre, maison commune de l'humanité : « il y a quelque temps, le thème de l'environnement pouvait passer
pour une préoccupation de riches plus que de pauvres, de pays développés plutôt que des pays en retard; pour ceux-ci, en revanche, le développement économique était une priorité absolue.
Réglementer ce développement ou le limiter apparaissait comme un luxe, une façon de maintenir les faibles dans la sujétion. Maintenant, les fréquents désastres dus aux déséquilibres
environnementaux, frappent plus durement ceux qui ont moins de moyens pour se défendre. La conscience d'un appauvrissement irréparable des ressources des pays les plus faibles grandit... Le
pape relie à cela un appel moral à la solidarité ».
(page 270-271)
Par Michel Durand
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Publié dans : Anthropologie
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