Bouclier au dogmatisme, vérité qui s'impose

Publié le par Michel Durand


Agréable de découvrir des livres qui viennent au bon moment. La prochaine biennale d'art sacré actuel
(BASA), dans la ligne de la Biennale d'Art Contemporain (BAC), sauf changement, a pour thème "filiation" ; d'où je viens , où je vais ? Que vont créer les artistes, J'impatiente de le savoir ?

Double filiation

La lecture de la réflexion du psychanalyste Denis Vasse me rappelle que l'être humain existe grâce à une double filiation.
1 - D'une part, la vie reçue par la chair (filiation biologique) et qui s'épanouit par la Parole (filiation spirituelle) ; d'autre part, la vie donnée qui peut n'être que filiation spirituelle (sans que cela supprime bien sûr une nouvelle filiation charnelle). Réception et transmission constituent l'être humain. L'enfant, différent de l'animal, ne peut grandir que s'il est entouré de la parole de ses géniteurs biologiques et d'adoptions. Je dis « et » parce que, s'il n'y a qu'engendrement sans Parole, sans adoption effective, affective même, il n'y a pas épanouissement harmonieux.
L'homme est don de vie. Il donne ce qu'il reçoit. Il n'a pas en lui-même, d'une façon autonome, la vie. Il est être de désir sans posséder à lui seul les moyens de sa réussite. Être et non avoir. Il est sans avoir de certitude ; découvrant avec souffrance ses limites.

Cette réflexion fondamentale inclut diverses conséquences :

2- Humain, L'homme n'est qu'en quête de vérité. Il cherche ce qui est juste. Marqué d'un désir inassouvi, il n'est qu'en quête d'amour, sans rien posséder de l'amour. Nous savons l'amour infini. En conséquence, l'homme sera toujours tendu vers le vrai, le beau, le bon, le juste, l'amour... Appel à la transcendance qui se vit pleinement dans l'acceptation de l'altérité. L'homme est transition vers autrui. Là, dans cette acceptation, réside la clé de sa perfection, de son perfectionnement, de sa plénitude à venir.
3 - Par contre, s'il ne cherche plus, s'il se fixe sur un avoir, s'il décrète posséder la connaissance du bien et du mal, il se ferme à tout développement futur. Celui qui affirme avoir la solution définitive à un problème donné en concluant que tout autre avis est illusoire s'enferme hors de la vérité. Celui qui croit, contre tous, posséder le vrai chemin, seul ou avec une poigné d'amis choisis, emprunte la voie des idoles. Telle est l'attitude du dogmatisme où la connaissance, la loi, la définition, ou quelque autre certitude indiscutable, portée par des partisans idolâtres, s'impose avec une autorité aliénante. Ainsi, le rôle que l'on laisse jouer à l'Argent, réalité abstraite qui, au lieu de servir l'homme met celui-ci à son service. Plus précisément, l'homme se le donne comme idole devenant son esclave.
La transmission dictatoriale de celui qui affirme sans condition avoir la vérité engendre des serviles.
4 - La réalité est dans la reconnaissance que l'homme est engendré en être libre, laissant libre, dialoguant en quête de vérités sans cesse perfectibles -ce qui nécessite l'acceptation de l'altérité et du débat. L'homme désire transmettre par la parole l'amour reçu.
Je ne vois pas dans cette attitude fondamentale de meilleur bouclier à la tendance fascisante de l'homme, dogmatique, qui croit avoir la vraie connaissance, l'unique vérité. Je parle de l'homme ; mais, on peut en dire autant de toute Institution qui se donnerait à elle seule la certitude de posséder la vérité.

Un matin, à la prière, la « liturgie des heures » me fit lire ce texte.
2 P 1,16 - 21 :
« Ce n'est pas en suivant des fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la puissance et l'Avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais après avoir été témoins oculaires de sa majesté. Il reçut en effet de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque la Gloire pleine de majesté lui transmit une telle parole : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur." Cette voix, nous, nous l'avons entendue ; elle venait du Ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte.

Nous tenons plus ferme la parole prophétique : vous faites bien de la regarder, comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'astre du matin se lève dans vos coeurs. Avant tout, sachez-le : aucune prophétie d'Ecriture n'est objet d'explication personnelle ; ce n'est pas d'une volonté humaine qu'est jamais venue une prophétie, c'est poussés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. »

Publié dans Anthropologie

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