L'oraison et le Saint-Esprit - 7

Publié le par Michel Durand


Une méditation de Robert Beauvery

  • Au moins neuf méditations sur ce sujet que je publie à raison d'une par semaine. Il est bon de suivre la méditation en consultant la Bible selon les références indiquées.
  • Pour relier cette page aux textes que  j'ai personnellement écris ces derniers temps, je dirai que l'engagement essentiel qui nous manque, hommes d'aujourd'hui, c'est celui dans la gratuité, la patience, l'action non rentable...





Sans dispenser du recours au sacrement, l'oraison est aussi un espace privilégié pénitentiel : découverte et aveu de son péché, réconciliation avec soi et avec Dieu, renaissance sous la conduite de l'Esprit-Saint.


Le don d'intelligence

C'est lui qui donne à l'homme en même temps que l'intelligence du péché, l'intelligence de l'amour dont il est aimé par son Père. Comme il en donna l'intelligence à David, coupable d'un double crime : viol et assassinat, Ps.51, ou à l'enfant prodigue, Lc 15,22-24, c'est lui qui amène l'un et l'autre - et tout un chacun à la vraie contrition ; à goûter la joie et la paix de la réconciliation ; à prendre un nouveau départ : « va et ne pèche plus », Mc 5,34; Le 7,50; Jn 4,10 ; 14,27; Phi 4,7; Jn 5,14 et 8,11.

Soyez attentifs à votre manière de vivre : Pr.14,8 ; Eph 5,17.

L'oraison est une halte bienfaisante à l'ombre de l'Esprit. S'il n'en prenait pas le temps convenable, l'homme extérieur, in-intelligent, 2 Co 11-3, contracterait le grave risque de mener une vie personnelle indépendante de l'itinéraire de transformation à laquelle est appelé en lui l'homme intérieur et dont le terme est la ressemblance à l'homme parfait, Eph 4, 16-24.

L'ignorance du péché

Pour une bonne part, la source générale du péché est un déficit de l'évaluation du poids négatif des pensées, des paroles, des actes... de l'homme pécheur, et de leurs conséquences néfastes pour lui et pour les autres. Un déficit de l'intelligence, une ignorance qui s'abattit sur l'ensemble des personnes qui avaient participé à la crucifixion de Jésus, Lc 23,34 ; Ac 7,60 ; He 3,13, et d'une façon toute particulière les péchés dits d'omission dont on aurait tort de sous-estimer la gravité sont, eux, plus directement commis par un manque d'intelligence de la volonté, prégnante et permanente, de Dieu, Mt 7,23 ; Le 13,25-27. L'homme a besoin de l'intelligence que donne le Saint-Esprit.

Les fruites de l'intelligence

Celle que dépose l'Esprit-Saint dans le cœur permet à l'homme de perfectionner son humanité, non sans combat spirituel : il passe de la colère à la patience, à la longanimité ; il devient apaisant, bienveillant... Pr 14,17-29 ; 15,18 ; 19,11 ; il connaît les chemins du silence intérieur, Job 33,33 ; il sait le prix des avis donnés par des sages, Si 32,18 ; Il est extraverti : il n'amasse pas pour soi, Lc 12,20. Elle permet aussi de dépasser la périphérie extérieure des êtres et des choses pour atteindre le sens intérieur de la réalité : le plus réel des choses n'est pas ce qui se voit mais ce qui ne se voit pas, Le 11,40. Elle permet de lire les signes des temps, Mc 13,14, d'y découvrir les sentiers de Dieu, Ba 3,23, jusques et y compris, dans ces jours qui sont mauvais.

« Ne soyez pas inintelligents mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur, soyez remplis de l'Esprit, Eph 5,17 ... qui seul ouvre l'intelligence aux Ecritures, Le 24,45.

Conclusion

L'ultime fruit du don de l'intelligence au cours de l'oraison, c'est de comprendre, de prendre avec soi, cette loi de la nature : « Tout ce que tu sèmes ne prend vie qu'à condition de mourir» 1 Co 15,36 et Jn 12,24.


Publié dans Témoignage

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