Carnet de voyage : Ghardaïa, Beni Isguen

Publié le par Michel Durand


Imaginons que nous soyons en janvier 2008 dans le M'Zab en train de visiter ce pays cher à Le Corbusier. Puisque nous ne sommes pas des voyageurs pressés, je nous invite à une visite approfondie de Beni Isguen. Il y a peu de photos ? Mias, c'est une invitation à aller voir sur place.

Bien sûr, nous avez suivi quelques jours avant, la visite guidée de Ghardaïa, ville et palmeraie et nous avons même profité de celle de Beni-Isguen. Nous voilà ainsi fin prêts pour une nouvelle découverte, à notre rythme cette fois.

Comme chacun le sait, seule la visite répétée offre la possibilité de comprendre, presque de l'intérieur, le sens de ce qui est vu.

Notre saine curiosité - pleine de respect - sera comblée si nous avons la chance de pénétrer dans une maison amie. Sans cela toute demeure, somme toute, restera bien étrangère quand on ne la voit que de l'extérieur.
« Comment ces gens peuvent-ils vivre derrière ces murs qui n'ont aucune ouverture sur la rue ? » pense inconsciemment l'Occidental, passablement dérouté par autant de secrètes protections.

Beni-Isguen connut ses premières constructions s'organisant autour de la première mosquée.

L'évolution de la ville
Le point de départ de Beni-Isguen  est la mosquée autour de laquelle il y avait les premières habitations. Celles-ci datent du XIe siècle (5 siècles après l'Hégire). La première mosquée n'est qu'une petite salle car le quartier est de très petite taille. Il n'y a pas de minaret. En effet, pour appeler la population à la prière, il suffit que le muezzin monte sur la terrasse de la mosquée pour qu'il soit entendu par les habitants.
Le puits qui se trouve creusé au service de la mosquée est très profond : 80 mètres.

La population s'accroît ; une autre mosquée est construite, de l'autre côté de la rue ; à son tour, celle-ci s'agrandit 3 fois de suite, comme le montrent les trois absides du mur qibla (indication de la direction de La Mecque). La niche la plus grande serait du 18e siècle ; les deux autres des XIII° et XIV° siècles, 1321 étant la date de la première porte de la ville. On voit que cette porte est construite en s'appuyant sur 2 palmiers qui se rejoignent au milieu. Une autre abside en hauteur indique une mosquée d'été en terrasse.

Près de la porte, se trouve une place de marché et des rues où les artisans échangent leurs produits - tapis, vêtements, tissages - contre ce qu'apportent les nomades qui restent hors de la ville - bois de chauffage, animaux, lait, laine, beurre.

2ème porte  XVIIIe siècle
    époque de la Tour (1700) qui se trouve à une altitude de 530 mètres.
Les remparts doivent être de cette époque. Ils furent construits vers l'oued en prévoyant des espaces vides qui se remplirent progressivement. À l'intérieur des remparts, un passage assez large existe pour la circulation, tantôt plat (vers l'oued), tantôt en escalier ?) vers la tour du sommet de la colline.



Mahdara ( ?)
Petite maison où le Cheik Amir ( ?) préparait son prêche. Mort en 1788 ( ?)

Place du Marché
C'était le lieu où se vendaient les produits de l'artisanat réalisés par les femmes, par exemple les tapis.
Depuis une trentaine d'années, entre 16h et 18h, c'est devenu une sorte de vide-greniers où les particuliers tentent de vendre ou d'acheter tout et n'importe quoi d'occasion. Ce sont des membres de la mosquée qui surveillent cette vente (jadis) à la criée.

Le crépi des murs
Il est obtenu avec des régimes de dattes (alors que les fruits sont récoltés) qui servent d'outils pour projeter le crépi sur les murs. Ce « granulé » apporte une protection par rapport à l'eau qui ne peut pas couler sur la surface du mur.

Construction

Les maisons sont construites à l'aide de palmiers qui servent en quelque sorte de gabarit. On n'utilise que des palmiers morts ; jamais on n'abattra un arbre pour la construction.

A l'angle des murs, au sol, se trouve un renfort : boulila ( ?)
Cette borne assure aussi une répartition de l'eau.

Depuis le classement au Patrimoine mondial de l'humanité en 1982 par l'UNESCO, un financement contribue à l'entretien de la tour et des remparts.

Les constructions des maisons se font sur le rocher. Dans celui-ci, on creuse un peu, on met du mortier de chaux sur lequel on élève le mur. « Le mortier de chaux redevient dur comme la pierre calcaire qu'il était », disent les Anciens.
Le rocher étant incliné - on installe un sol à niveau horizontal. Dessous, ce sera la cave.

Dernière porte : XIXe siècle.
Date de la construction de la Mairie coloniale.

Publié dans écrit de Béni Isguen

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