Désaveu et Fracture vu par Jean RIGAL

Publié le par Michel Durand

Un ami m'adresse ce message qui circule sur la toile.
J'en partage le contenu aussi je vous le donne à lire. merci à Plantu et à J. Rigal


La levée de l'excommunication prononcée contre Mgr Lefebvre et les quatre évêques qu'il a ordonnés suscite mon indignation et m'invite à la protestation suivante, pour trois raisons :

1)    Elle m'apparaît comme un désaveu de Jean-Paul II, le prédécesseur du pape actuel. Pour que 21 ans après, la levée de l'excommunication des évêques intégristes puisse être légitime, il paraît indispensable que les raisons qui avaient justifié la condamnation aient totalement disparu. Or, tel n'est pas le cas, du moins selon les informations que nous possédons actuellement. Comment Benoît XVI peut-il contredire son prédécesseur sur le siège de Rome, sur une question aussi grave ?

2)    Le problème de fond concerne la réception ou non du Concile Vatican II. La question de la messe de St Pie V est en l'occurrence purement emblématique ; tout le monde le sait désormais, les Lefebvristes ne s'en cachent pas. Il s'agit, en fait, essentiellement du rapport de l'Eglise au monde, de l'avancée de l'œcuménisme et du dialogue interreligieux, de la liberté religieuse...On ne peut ignorer qu'un Concile œcuménique constitue la plus haute autorité législative de l'Eglise. Le pape lui-même doit s'y soumettre. Oui ou non, les Lefebvristes acceptent-ils explicitement tout l'enseignement du Concile ? La levée de l'excommunication exige, en premier, cette « contre-partie ».

3)    Le pape est préoccupé par le schisme intégriste. Mais est-il aussi préoccupé par le schisme des catholiques qui abandonnent leur Eglise par suite du mouvement de restauration qui s'est désormais emparé du Centre romain ?  Ils sont infiniment plus nombreux que les Lefebvristes, mais sans doute, cette rupture est-elle moins visible. En 1987, le cardinal Kasper, alors évêque de Stuttgart, écrivait : « Comme évêque d'un grand diocèse, j'ai fait l'expérience de tensions qui ne font que croître entre les normes de l'Eglise universelle et la pratique locale. Dans bien des cas, on doit même dire qu'il s'agit presque d'un schisme dans les mentalités et dans la pratique ». Que ne dirait-il pas aujourd'hui !

Jean Rigal,
théologien
Le 23/01/2009





Publié dans Eglise

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Boris Maire 11/05/2010 17:56



M. L'abbé,


je suis surpris qu'un prêtre puisse tenir de tels propos !


1) Les Excommunications


 


En effet, Jean-Paul II n'a jamais excommunié quiconque au sein de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X : ils se sont excommuniés eux-même par l'ordination de quatres Evêques, puis un cinquième
"de seconde génération".


De plus, c'est la Sacré Congrégation pour les Evêques qui a confirmé cette excommunication par décret, toujours pas de Jean-Paul II dans l'histoire !


Enfin, ce 5e évêque, consacré par 1 des quatres premiers, a vu son excommunication levée par Jean-Paul II et même sa dispens ad divina puisqu'il est maintenant l'ordinaire d'une juridiction
personnelle brésilienne St Jean-Baptiste !


C'est bien Jean-Paul II qui, en 1984, a demandé un indult pour la célébration selon les anciens livres. C'est encore lui qui élargi l'application de cet indult par le Motu Proprio de 1988. Il y a
donc parfaite continuité entre les 2 derniers Papes.


 


2) la réception du Concile Vatican II


Rare sont en France les paroisses où le Concile est réellement reçu. Il suffit de voir l'aspect Liturgique : où le Concile exprime-t-il un semblant d'autorisation au n'importe quoi, à
l'improvisation, à l'abandon du Latin et du grégorien, au retournement des Autels ?


Où le même Concile abandonne-t-il la Tradition de l'Eglise ? Nul PArt, et pour cause : dans la Constitution Dogmatique, vous lisez M. l'Abbé : DOGMATIQUE, sur la Révélation Divine (Dei Verbum),
les pères Conciliaires parlent explicitement de Sainte Tradition d'une part, et d'autre part disent que cette Sainte Tradition fait parti de la Révélation Divine tout comme les Saintes Ecritures
et l'ensemble doit se trouver sous l'interprétation du seul Magistère de l'Eglise !


Non pas du premier catholique, prêtre, evêque ou laïc venu, mais du Magistère de l'Eglise.


En cela, la majorité des catholiques qui se prétendent "concilaires" refusent en réalité le Concile par refus de la Tradition d'une part et refus du Magistère d'autre part. Votre texte en est un
exemple élocant !


 


3) Schismes


Vous nous parlez enfin des catholiques qui quitteraient selon vous l'Eglise actuellement.


Que faites-vous de ceux qui ont quitté massivement l'Eglise dans les années 60-80 et dont on ne revoit pas même les enfants au catéchisme ?


Que dire la politique ecclésiastique des prêtres / evêque de votre génération qui a vidé les églises et les fait fermer actuellement ?


Que dire de certains Evêques qui imagine que l'Eglise peut se passer des prêtres ? (ex : Corse, Poirtiers, ...) Pourquoi alors le Christ aurait-il instituer l'Eucharistie en la précédent d'un
rappel du rite d'ordination des lévites (lavement des ordinants) ?


Que dire des Evêques qui ont été incapable de défendre la Vie dans les années 70, des prêtes qui ont fait la promotion de l'avortement alors que Paul VI dénoncait en 1968 les ravages que cela
provoquerait (et que nous pouvons constater de nos jours) ?


Qui est schismatique ? Ceux qui le revendiquent haut et fort et qui sotn en accord avec 90% des doctrines et des dogmes de l'Eglise tels qu'ils sont enseignés par son Magistère ?


Où ceux qui nient être en schisme mais le pratique tous les jours en refusant une grande partie des doctrines, des normes, et prétendent remettre en cause les dogmes ?


Enfin, qui est schismatique ? Ceux qui suive l'Eglise dans son magitère, avec à sa tête un Pape choisi par l'Esprit Saint ? où ceux qui le dénigrent et dénigrent les doctrines et dogmes de
l'Eglise ?


 


Vraiment, M. l'Abbé, votre méconnaissance des sujets est effarante et votre article un contre-témoignage, d'autant plus grave que vous êtes prêtre.


Pire : il suffit d'aller lire les textes pour se rendre compte de votre ignorance. Vous n'avez pas même prix le soin de lire les textes de l'Eglise, notamment ceux du Concile (cf. Dei Verbum aux
n°7-10 ou même Sacrosanctum Concilium dont je vous recommande les n°54, 116 et 117et même 101 puisque vous êtes prêtre, sans oublier le N°22) et pourtant vous signez comme théologien.


UdP,


Boris Maire



Michel Durand 11/05/2010 21:48



Je ne peux pas répondre à la place de Jean Rigal, l'auteur de cet article. Mais je peux nous inviter à une longue méditation de la miséricorde du Christ. Quand à accuser les prêtres de ne pas
lire les textes du Concile, de quels droits ? Que savez-vous de ces théologiens ?


Il y a des gens qui ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas, dit Jésus Christ. Que l'Esprit-Saint, et  non le dogme, nous rende clair-voyant.