En manque d'Église

Publié le par Michel Durand

Il n'y a pas une semaine où l'Église, à mon avis souvent à juste titre, ne soit interrogée par la société. Certes, les médias profitent des faiblesses de celle-ci et, en ne donnant pas toute l'information avec ses nécessaires nuances, tronquent la vérité. Peut-on, pour autant, dire qu'il y a volontairement un travail de désinformation ?

Que des Catholiques soient fatigués du visage que donne l'Église, nous en avons tous la preuve. Dernièrement, j'ai reçu une demande de « débaptisation » avec menace de poursuite judiciaire si je ne fournissais pas la preuve que j'avais effectivement retiré des registres le nom de requérant. Et, ce matin, un journaliste de France Inter a employé le mot juste : apostasie, en diffusant le témoignage d'un homme demandant de ne plus appartenir à l'Église catholique. A l'écoute de ce fait, je me suis demandé quel est l'intérêt national de cette information. Est-ce le journaliste qui fouine ou l'apostat qui se déclare, suite à une irrépressible pulsion de communication ? 

Je me dois de prendre quelques distances et de m'ouvrir à un regard de foi.


œuvre d'André Gence, en quête de Lumière


Le regard, que, chrétiens, nous portons sur l'Église, est un regard de foi et d'espérance, exprime Joseph Moingt.

Nous trouvons l'Église « dans un état "vide" et "informe", car elle souffre d'un manque décisif de prêtres et de personnes consacrées et, plus grave encore, de chrétiens croyants et pratiquants, et elle souffre également de divisions intestines et de tiraillements entre tentatives contradictoires de déconstruction et de restauration ; mais nous faisons confiance à l'Esprit du Christ qui plane sur elle pour tirer de cet état même un regain de vie. Ce n'est pas naïveté de notre part, calcul imaginaire, fuite en avant, refus de voir la réalité en face, car nous ne nous bornons pas à constater un état mortel, nous l'acceptons comme un dépouillement qui fait participer à la mort du Christ ; pénétrant plus au fond dans cet état, notre regard discerne la "ténèbre" qui s'y cache, le mal qui est la cause de cet état et qui doit en être extirpé pour que la vie reprenne ; ainsi, le jugement porté sur la situation présente devient ouverture et appel à l'Esprit Saint pour le recueillir de la mort de Jésus et l'inviter à venir accomplir son œuvre recréatrice, en nous y associant ».

 

En conséquence, deux appels :

- obligation pour l'Église d'accepter l'état d'impuissance auquel elle est réduite

- nécessit   é de se dépouiller d'une relation de puissance vis-à-vis de la Société qui serait la cause du mal dont elle souffre.


Publié dans Eglise

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Marie-Hélène GAUDIN 31/03/2009 22:20

Pour raviver l'espérance, en ces temps difficiles pour l'Eglise, cette finale d'une lettre de Dietrich BONHOEFFER à son ami, pasteur comme lui. (lettre écrite du fond de sa prison, où il était pour résitance aux fureurs des nazis ) :"Dieu réalise non pas tous nos désirs, mais toutes ses promesses, c'est-à-dire qu'ilreste le Seigneur de la terre, qu'il maintient son Eglise *et nous donne la foi toujours à nouveau, qu'il ne nous impose pas de fardeaux trop lourds àporter, mais nous comble de sa présence et de son aide, qu'il exauce nos prières et nous conduit à lui par le chemin le meilleur et le plus droit. en faisant cela fidèlement, il a droit à nos louanges.Résistance et Soumission, 1973 p.396* "Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps"