L'OFFICE DIVIN ET LE SAINT- ESPRIT - 7

Publié le par Michel Durand

Dernière inervention de Robert Beauvery sur ce sujet.



La synonymie entre les deux verbes craindre Dieu et aimer Dieu fut très tôt comprise par Israël et même écrite, en particulier, dans les psaumes Le second, « aimer » dynamise le premier « craindre », cf. Ps 144,19-20.
Dans l'édition actuelle de l'office divin, du 1er novembre 1970, la synonymie entre les deux réalités refait bien surface, même si le vocabulaire est quelque peu modifié par exemple le respect du Saint Nom de Dieu se substitue à la crainte. «fais-nous vivre à tout moment Seigneur dans l'amour et le respect de ton Saint Nom » ; même si une précision théologale est apportée : « Toi qui ne cesse jamais de guider ceux que tu enracines solidement dans ton amour »  Cf. l'oraison de l'office des lectures de jeudi de la 25è semaine.

LE DON DE CRAINTE DE DIEU


1. Le signe : Proximité   Familiarité  Amitié...


Dès la première alliance, l'israëlite pouvait connaître s'il avançait ou non dans la pratique de la « crainte » à partir du signe expérimenté de la proximité de la présence bienfaisante de Dieu à son itinéraire personnel, cf. Dt 4,7 ; Ps 33,19, 118, 151 ; 144,18 ; Jr 22,23 ; etc... proximité qui pouvait franchir le seuil de la familiarité, cf. Ps 129,7 ; et, exceptionnellement, le seuil de l'amitié, ce fut le cas de Moïse, cf. ex 33,11 ; et d'Elie, cf. 1 R 19,11ss... tous deux convoqués à la transfiguration de Jésus, cf.Mc 9,4.
Avec l'avènement de la seconde et définitive alliance, le signe de l'amitié n'est plus exceptionnel : tout disciple peut l'expérimenter, Cf. Jn 15,15-17. Spécialement pour les ministres ordonnés, le signe est l'expérience de leur enrichissement, la nourriture reçue à partir de l'office divin dont l'obligation canonique peut devenir un repas de premier choix aux multiples valeurs nutritives, cf. 118,18-24 ; Jr.16,21 ; Is 58,7. S'en priver serait l'équivalent d'un suicide par anorexie.

2. La plénitude  de la crainte en Jésus de Nazareth.


 Dans l'énumération des dons de l'Esprit, promis au futur MESSIE, cf. Is 11,1, la « crainte » termine la liste, comme point d'orgue vers lequel tous les autres dons sont ordonnés.
Dieu aime son Fils d'un amour initial, absolu, sans aucune condition, mais diffusif de soi au point de lui remettre entre les mains et spécialement son Amour pour l'humanité entière, cf. Jn 3,35 ; 3,16 ; 15,9. La « crainte » du Fils est d'abord un accueil de l'amour paternel et, ensuite, une réponse adéquate à ce qui lui a demandé le Père.
Il s'ensuite que Dieu aime aussi son Fils d'un amour second, relatif à la gestion filiale, fidèle, cf. Jn 5,17-21 exhaustive de la mission reçue, jusqu'à la mort pour ses amis : les hommes de toute race, de toute langue... cf. Jn 10,17 ; 13,1 ; 19,30 ; Mc 10,45 ; Ap 7,9-19.

3. Suis-moi

La manière plénière dont Jésus de Nazareth a vécu chaque jour le don de « crainte » : l'ultime don de l'Esprit vers lequel tous les autres sont ordonnés, ne constitue pas seulement un exemple à imiter, cf. Jn 13,15, mais encore un programme de vie pour aujourd'hui. Comment ? Il est notre tête, nous sommes ses membres, c'est lui qui par nos humanités prie l'office divin. Cf. O.D. 3 et 4.
A la différence de l'israëlite pour qui l'amour initial, absolu se situait près du Seigneur, cf. Ps 129,7, pour le  chrétien cet amour se situe dans le cœur, le centre de sa personne : « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné »cf. Ro 5,5 ; 6,1-11.
Bien plus, Jésus a voulu nous partager l'Amour initial, absolu, que lui porte le Père, cf. Jn 17,26. Fort de cet amour, nous pouvons « craindre » Dieu : en gardant ses commandements, cf. Jn 14,21, en faisant les œuvres accomplies par Jésus, cf.Jn 14,12 ; en étant le signe vivant de l'Amour de Dieu pour le monde à sauver, cf. Jn 3,16s.

Conclusion


Le don de « crainte » de Dieu dont la réception par chacun peut être vérifié par le signe de la proximité, de l'intimité, de l'amitié du chrétien et de son Dieu, a été vécu par Jésus de Nazareth d'une manière quotidienne parfaite.  Il nous appelle à le suivre.

Publié dans Témoignage

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