A l'école d'Antoine Chevrier 3/24

Publié le par Michel Durand

voir, ci-dessous, le troisième entretien avec Nathalie à propos de la famille du Prado

 

 

  J'étais en classe de seconde technique quand je me suis fortement intéressé à l'Église. La JEC m'a mis en contact avec des chrétiens entièrement ouverts sur le monde. On parlait de Teilhard de Chardin dont les ouvrages sortaient de l'Index. On lisait la Bible. Un frère des écoles chrétiennes dans ses cours hebdomadaires de religion chrétienne nous disait : « voilà un problème que vous pouvez rencontrer quand vous serez ingénieur... voilà ce que dit l'Évangile... qu'allez-vous répondre à ceux qui vous interrogent sur votre engagement chrétien ?

Le chrétien ne peut qu'être engagé dans le siècle. Il a son mot à dire au bénéfice de tous.

Quand j'ai découvert Antoine Chevrier, par le biais d'un article dans un « reader digest », j'ai tout de suite apprécié son engagement auprès des gens. Voilà comment doit être l'Église. Dieu s'incarne pour nous rencontrer. Il entre dans le siècle. Le Père Chevrier et non le curé d'Ars est devenu mon modèle. C'était à la fin de ma seconde ou au début de la première.

Aujourd'hui quand j'entends dire que les prêtres se sécularisent cela me fait mal. N'est-ce pas pour être parmi les uns et les autres que Jésus, Fils de Dieu est venu ? N'appelle-t-on pas sécularisation ce qui, de fait, est volonté d'incarnation ?

Où peut-on en discuter ?

Je me suis engagé dans l'Église par conviction ; ma foi a pu se définir « comme un choix personnel et courageux, souvent en opposition avec le groupe d'origine ». Je ne me suis pas engagé suite à l'appartenance d'un groupe catholique porteur. Ce qui m'a appelé dans l'Église, c'est son témoignage d'ouverture dans le siècle. Comment Jean-Louis Bruguès peut-il aussi légèrement écrire : « Ma génération, j'insiste là-dessus, a identifié l'ouverture au monde à une conversion à la sécularisation, pour laquelle elle a éprouvé une certaine fascination ».

Sandro Magister commente dans cette ligne d'initiative de Benoît XVI : « L'objectif de l'Année sacerdotale est justement de reconstruire une forte identité spirituelle du prêtre, fidèle à sa mission originelle. Cela inclut aussi un vigoureux travail d'élimination de la "saleté" qui a souillé une partie du clergé, limitée en termes quantitatifs, mais désastreuse quant à son image globale ».

Si, prêtre, je dois regarder comme modèle l'unique curé d'Ars, prêtre du concile de Trente, l'Église qui se construit dans cette perspective n'est pas l'Église qui m'a appelé. En ce sens, je ne me sens pas concerné. Et, je n'ai pas constaté, malgré tout, malgré mes étonnements devant les paroles de certains confrères actifs en France en 68 (je ne peux oublier ma formation romaine), que les prêtres sont infidèles à leur vocation.

Mon regard demeure tourné vers Antoine Chevrier, dont on devrait prononcer la sanctification.

Tel est le contexte de la diffusion de cette troisième évocation d'Antoine Chevrier grâce à un entretien avec Nathalie, journaliste à Radio Espérance.

 

 

« Alors, je me suis décidé à suivre Jésus-Christ de plus près pour me rendre plus capable de travailler efficacement au salut des âmes ».

 

Cette phrase a deux parties inséparables. Et, pour travailler efficacement au salut des âmes, il faut être présent dans le monde, le siècle.

 

En avril 2009, Nathalie, de Radio Espérance, m'a enregistré pour ces entretiens sur la spiritualité pradosienne (chez dailymotion) diffusés en mai. Retrouvez-les, ici même dans la catégorie « Prado ».











 

Publié dans Prado

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article