Communier avec les autres malades

Publié le par Michel Durand

Robert BEAUVERY

Lyon, juillet 2009



Aux Amis et Communautés qui s'associent à

mon séjour hebdomadaire, le vendredi,

au Centre anti-cancéreux Léon Bérard à Lyon

Ainsi qu'aux internautes inconnus.


Chers tous,


Mon état et mon combat m'ont rapproché de vous par le resserrement des liens humains déjà existants et des liens AUTRES qui relèvent de sources qui nous dépassent. Merci.

Quelques nouvelles:

1. AU TERME D'UNE LONGUE MALADIE....

Expression pudique, reçue, pour annoncer le décès d'une personne victime de cancer, laquelle est devenue, encore aujourd'hui, une maladie des plus pénalisantes et redoutées. Une maladie longue, sauf exceptions, avec des périodes de rémissions et de retours offensifs qui mettent à l'épreuve la résistance des patients et de leur entourage... Une maladie préoccupante avec les surveillances quotidiennes, les soins hebdomadaires, les examens réguliers... une maladie envahissante qui diminue la liberté du champ de conscience au point, dans certains moments, de ne plus penser qu'à elle à l'exclusion de tout le reste. Une maladie qui peut finir par trouver une place secrète dans le sub conscient du malade avec les interrogations, sans réponses, quant à la durée et à l'issue du traitement.


2. UNE THERAPIE SPIRITUELLE

Au Centre Léon Bérard, un espace spécifique lui est réservé, le lieu de culte inter-religieux auquel architectes et artistes ont réussi à donner une ambiance d'intimité, propice à entrer en soi-même, et une ambiance de transcendance, propice à sortir au-delà de soi.

A l'entrée, un cahier reçoit des prières de demandes, à travers lesquelles les patients expriment leur combat et le lecteur que je suis peut apercevoir des expressions recurrentes comme par exemple : l'expérience de la proximité de Dieu à leur vie ; la lourdeur parfois écrasante de la maladie ; l'appel à être secouru, réconforté, aidé, renouvelé dans le courage et la force pour la poursuite du combat ; le passage de la révolte face au mal, à l'acceptation de ce même mal, comme une nouvelle condition de l'existence, au point de pouvoir écrire : « mon cancer ! » « ma maladie » ; l'abandon total de soi entre les mains de Dieu : « Seigneur, je remets tout entre tes mains : mon cancer, ma séropositivité tout ; garde-moi en toi. Seigneur, fais le don de la vie à mon corps, à mon cœur, à mon âme ».

La thérapie spirituelle ne laisse pas dans l'ombre le mal, en lui-même ni les complicités personnelles avec lui ; mais elle invite le sujet à bien identifier le mal et les complicités éventuelles, pour les répandre devant Dieu, présent à tous les instants de la vie de ses enfants. Ensuite, il convient de poursuivre la lutte avec LUI soit jusqu'à la guérison toujours possible, soit jusqu'à la mort « au terme d'une longue maladie » que la foi peut encore éclairer : « Encore une journée où mon époux se dégrade, Seigneur, Marie, aide-le dans sa fin de vie »


CONCLUSION

Certes, il n'existe pas de lieu où l'homme ne puisse s'engager dans la thérapie spirituelle, la pneumathérapie, cf. Gn.28,17. Cependant, un lieu de culte, une chapelle, intégrés dans l'hôpital est un lieu privilégié, spécifique qui offre aux patients la possibilité d'une élévation non pas en dehors de soi mais au-delà de soi. Les Ecritures laissées sur le cahier permettent au lecteur d'entrer en fraternité avec leurs auteurs dans le jeu de la Communion des Saints. La thérapie spirituelle permet au patient non seulement d'entrer en relation avec Dieu mais encore en communion avec les autres malades..


Robert Beauvery

 

Publié dans Témoignage

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edith 22/07/2009 18:21

Hé bien, la discussion sera longue : le Beau recouvre une très grande richesse et variété de sensibilités. Ce qui est beau pour les uns ne l'est pas forcément toujours pour les autres. C'est terriblement vrai pour la liturgie et la décoration des églises, le choix de la musique et des chants, le matériel, etc... Certains aiment la lumière, d'autres la douce pénombre ; certains prient avec des chants très doux, d'autres des chants très dynamiques ; certains sentent au plus profond d'eux-mêmes le respect dû à Dieu dans les ornements lourds et les ors des calices, d'autres dans la simplicité extrême de la pauvreté. Et tous ont raison... C'est le problème d'une paroisse, où les sensibilités sont variées, et pourtant tous participent à la même liturgie !

Michel Durand 22/07/2009 20:31


Oui, que celle-ci soit une symphonie ! La variété des sons et des couleurs, pas toujours accordés en accords stables du XVIIIe s (Bach) est belle à percevoir ; ainsi, dans la musique contemporaine.
Messiaen et ses accords instables m'a toujours enthousiasmé.
Une famille est faite de différences. Heureusement !
Cordiales salutations.


abbé Thibaut 03/07/2009 18:24

Au fait vous décrivez la liturgie traditionnelle pourtant celle de Paul VI mais célébrée avec dentelles,mantilles,barettes,hermines...d'un autre age..Cependant j'ai une question? Trouvez vous les vetements liturgiques actuels de bon gout?? Je regrette, mais lorsque je vois des pretres négligés,aubes trop courtes,étoles franchement moche,en grosse laine avec des dessins qui frisse l'horreur parfois...Jamais de chasubles(poutant obligatoire pour la célébration de la Sainte Messe) avec des calices laids en terre cuite(interdit poutant car porreux!)qui d'ailleurs coutent tres chers alors que les anciens calices ne coutent rien offert par d'autres générations.;je demeure perplexe comme beaucoup de catholiques qui se réveillent aujourd'hui car ils en ont marre du moche,du laid à la messe! Au fait pour la petite histoire j'ai été ouvrier avant d'entrer au séminaire...et mes parents sont depuis toujours athés alors je sais l'importance de prier sur du beau,et je ne me prive pas de ressortir tout des sacristies y compris la soutane et le surplis et je ne suis pas intégriste...Mais respectueux de ce que demande l'église dans sa liturgie qui ne nous appartient pas!

Michel Durand 04/07/2009 15:44


Il n'est pas nécessaire que je réponde directement à ce deuxième commentaire car je l'ai fait précédemment. Je rencontre beaucoup d'artistes et nous parlons souvent du "beau". Voilà un autre sujet
très important. En parler ensemble va soulever de nombreux désaccords ; mais, pourquoi pas ? si nous en avons le courage. Percevoir le beau dans l'art contemporain.
Notre paroisse est pauvre bien que riche en immeuble. Il y a des créations liturgiques contemporaines que nous ne pouvons nous offrir ; mais cela ne signifie pas que nous ayons une tenue négligée.
Les fidèles catholiques de ma connaissance aiment prier « sur du beau ». Ils s’organisent pour. Là encore, les préjugés seraient à combattre par la rencontre sincère.