Thérapie de groupe : écoute mutuelle et réciproque

Publié le par Michel Durand

Robert Beauvery,  Août 2009

Aux Amis, Communautés qui s’associent à mon séjour hebdomadaire, le vendredi, au Centre Anti-cancéreux Léon Bérard à Lyon, ainsi qu’aux internautes.


Chers tous,

 

Avec vous tous, la vie continue dans le champ du Père, c’est-à-dire : dans l’espace et le temps des hommes.

 

« on s’aide à aller bien… »

Cette déclaration fut saisie au cours d’un repas commun entre patients. Table octogonale à quatre couverts. Nous y parlons d’une façon plus profonde et plus joyeuse qu’ailleurs, vérifiant le principe : « le bon esprit naît à table »

Il arrive que nous partagions l’essentiel de ce que nous vivons vis-à-vis de la maladie, la thérapie, l’entourage familial, voire professionnel ; et cela nous fait effectivement du bien. En revanche, ici comme ailleurs, le manque de communication est dangereux. Une patiente a pu écrire : « l’enfermement sur soi, conduit à se construire une carapace, un monde intérieur qui à force se transforme en prison ». Ce fut son expérience… destructrice : elle ne pouvait pas aller bien. Pour aller bien, notre désir et notre combat, la désincarcération est le premier seuil de liberté à franchir, qu’il est plus facile à passer avec l’aide des autres, qu’en restant seul dans son coin. « on s’aide… » et le conseil de Paul aux Galates garde toute sa pertinence, aujourd’hui et au Centre Léon Bérard : « Portez les fardeaux les uns des autres. Accomplissez ainsi la loi du Christ… Faisons le bien sans défaillance… Travaillons pour le bien de tous » Gal.6,2-10.

Porter le fardeau peut prendre autant de formes que de situations différentes : cependant, il en est une qui s’appuie sur toutes les autres : l’écoute silencieuse de l’autre dans laquelle le patient écouté peut trouver comme un miroir, susceptible de lui révéler ses capacités intérieures, toujours présentes, capables de le tenir debout, libre, face au cancer et à ses complexités.

 

« C’est par choix que je suis ici… »

Journée avancée, fermeture proche, les derniers soins se terminent. Une infirmière vient pour me « débrancher » et procède au pansement final : un moment de proximité et de dialogue…Je lui pose la question : « ce n’est pas trop éprouvant de travailler dans ce Centre ?... — Non je l’ai choisi, comme d’ailleurs l’ensemble des médecins et infirmières » - « A la longue, ce n’est pas lassant …. »-« Il y a des années que je suis ici et je puis vous dire que je ratifie, en connaissance de cause, mon choix initial ». Puis, elle appelle une collègue pour participer à la conversation et lui pose la question : »toi, pourquoi tu travailles ici ? » -« J’ai fait plusieurs stages, dans différents hôpitaux, avant de choisir Léon Bérard, à cause des relations humaines avec les malades ». En l’occurrence, peut-on parler de vocation ? Certainement pas au sens chrétien, canonique du terme. Cependant, au sens anthropologique, adamique, l’homme fait à l’image de Dieu et appelé à lui ressembler, possède dans son être une vocation à maîtriser la nature, cf.Gn.1,28 ; 8,17 ; une bénédiction, une force suffisante pour s’y exercer et à y parvenir, cf. Gn.9,1 ; Sg.10,2 ; Jc.3,7.

En tout cas, les deux infirmières qui se sont exprimées, manifestent des signes d’authenticité quant à leur vocation à « maîtriser » la maladie, avec attrait déterminant, avec compétence et avec bonheur. Elles sont là où Dieu les veut. De telles personnes pourront s’entendre dire un jour : « venez les bénis de mon Père… j’étais malade… et vous m’avez soigné. » Mt.25,44.

 

Conclusion

Depuis longtemps, les thérapeutes, et quelle que soit leur spécialité, ont reconnu l’efficacité de la thérapie de groupe. Quand, au Centre Léon Bérard, des malades s’aident pour aller bien, ils pratiquent sans le savoir, et d’une façon informelle – sans animateur professionnel – une thérapie de groupe dont l’efficacité repose essentiellement sur la qualité de l’écoute mutuelle et réciproque, et peuvent connaître parfois, ensemble, la pneumathérapie. Depuis longtemps, j’ai personnellement prié pour les vocations religieuses et sacerdotales. Ici, au Centre, depuis quelques mois, j’entends un appel que je vous soumets, à prier également pour les vocations adamiques, certes dans tous les secteurs de l’activité humaine, et, tout spécialement, dans le domaine de la santé où les malades sont nombreux…

 

Avec toute mon affection fraternelle.                                                

 

 

Publié dans Témoignage

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