Eglise et idéologie libérale

Publié le par Michel Durand

Je viens de recevoir – campagne d’abonnement - un exemplaire de la revue : « Serviteur » (servir ceux qui servent) qui se donner comme mission de « préparer l’Eglise qui vient ». Le ton des textes de ces 24 pages m’a rappelé une phrase du bulletin officiel « Eglise à Lyon » de janvier 2007. Il y est question de la traditionnelle et populaire journée du 8 décembre. Les missionnaires du 8 « Merci Marie » reçoivent la« rappeler la dimension chrétienne de cette fête au cœur de la « fête des lumières » en voulant « souligner la pertinence de la foi chrétienne pour aujourd’hui ». Rien que de plus louable. Mais, ne lit-on pas leurs regards sur les générations précédentes quand ils écrivent : « Après des années où les mots “mission”, “évangélisation”, semblaient avoir disparu du vocabulaire chrétien, les voici remis au goût du jour. » Enfin, ces jeunes missionnaires du 8 annoncent que l’on a heureusement pris conscience que Lyon est une « terre de mission » ce qui est en phase avec la « nouvelle évangélisation » mise en place par Jean-paul II.

Le dossier de « Serviteur » signé par l’élégant Bertrand de Castelbajac montre des orientations similaires. Il pense que les médias manque d’objectivité quand ils parlent de la vie des apôtres chrétiens du milieu du XXe siècle. Ils ne pourraient montrer qu’avec « une certaine nostalgie l’importance de l’engagement militant dans les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale ». Pour lui la générosité de ces militants ne peut être qu’ « un peu brouillonne ». Fini le temps où « l’assurance de travailler à l’avènement  d’un avenir plus beau était la meilleure des récompenses » ! Ce qu’il faut pour aujourd’hui, c’est de ne pas déplorer que « les temps ont bien changé ». Il faut se professionnaliser et galvaniser (tâche, semble-t-il, de Serviteur) la professionnalisation : « L’efficacité remplace le dévouement au titre de valeur phare ; car pour fonctionner, l’univers associatif a besoin de fonds, et les bailleurs qui les allouent réclament des résultats tangibles et rapides. »
Par crainte que les anciens oublient le rôle enjoliveur de la mémoire, Bertrand de Castelbajac rappelle qu’il faut se méfier du mirage d’un « avant très supérieur à la plate réalité contemporaine ». Pourtant, les générations à venir ne doivent avoir aucune crainte. « Néanmoins, poursuit-il, l’émergence depuis la fin des années 70 d’un nouveau modèle d’engagement est indubitable. Les idéologies s’effacent peu à peu au profit de la technique ; les combats politiques cèdent la place à une action sociale plus neutre et consensuelle ».
Attention ! que ce jeune Bertrand se méfie de la génération qui monte derrière lui. Elle lui montrera toute l’idéologie techniciste de ses positions teintées de marketing, de coaching, de managment.

Qui est promoteur de cette revue et de « Ecclesia RH » ? La meilleure réponse à ma question, la plus rapide, réside, objectivement, dans une visite à leur site ; Ecclesia RH, le site des salariés, des employeurs et bénévoles de la communauté chrétienne.
Il y a, qui peut en douter ? beaucoup de compétences dans les RH. Je suppose aussi que, dans les groupes de bénévoles qui entourent les cadres de l’institution Eglise, il y a de grandes valeurs professionnelles. Pourtant, l’Eglise étant plus une communauté universelle réunie par le Christ qu’une entreprise commerciale, je demeure persuadé que la présence de syndicalistes apporterait une autre couleur fraternelle. Je dis cela parce qu’il me semble que de nombreux conseils sont composés de notaires, d’agents immobiliers, de banquiers, des personnes qui sont plus proches du patronat et qui ne connaissent pas les problèmes vécus, par exemple, par un petit commerçant qui doit se défendre devant les exigences de son propriétaire.
Les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres. Pour éviter les entorses en ce domaine, Jésus recommande de prendre le parti des plus petits de la société.
Mais tout cela relève, assure-t-on, de l’idéologie.

Bertrand de Castelbajac note que Ecclesia RH a analysé les inévitables fractures générationnelles au sein des associations. Tout doit-il se penser en inéluctables conflits de générations ? Je pense que la question est plus profonde et me demande quand l’Eglise ne sera plus aux mains des puissances financières. mission de

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daniel 23/09/2007 09:06

golias m'inquiète un peu ; "que celui qui n'a pas péché jette la première pierre" on peut certes dénoncer certaines pratiques en cours dans l'église catholique mais avec des arguments solides et vécus mais ce ne sont pas les analyses partiales qui feront avancer le Royaume de Dieu ;

Michel Durand 23/09/2007 20:00

Il faudrait effectivement s'assurer de l'objectivité des analyses. Que dit "Golias ?" Son vocabulaire est parfois  outrancier et je n'arrive bien à comprendre la grande différence existant entre le calme des rédacteurs et le ton du journal.  En fait, un regard extérieur devrait pouvoir se prononcer dur le caractère "partiales" des analyses. Je souhaite qu'un débat puisse s'établir amenant une grande distance qui permette un juste discernement. Il ne suffit pas de ne pas être d'accord avec une idée pour conclure qu'elle est partiale. A débattre donc. Quand à jeter la première pierre ? qui le peut ? tout homme n'est qu'un chercheur de vérité.

asunaze 15/04/2007 23:29

Je ne connais ni "Ecclesia RH," ni "serviteur". Ce qui en est dit ici me detournerait de ces revues,  et je me dis que une autre revue "golias" est sans doute un salubre antidote...
SB

Michel 30/03/2007 10:57

merci pour cette liberté de parole. je suis constate moi aussi un certain "embourgeoisement" de l'Eglise de France et même de toute la société, dans un sens plus large que la seule sociologie, c'est-à-dire dans la façon de penser : "le politiquement correct...", la confusion entre convenances et droiture... Cependant, ne schématisons pas : la nouvelle bourgeoisie qui se fait jour (les "bobos" par exemple) n'est pas spécialement "de droite". je crois que le chrétien doit toujours s'examiner, qu'il soit de droite comme de gauche, riche ou moins riche, afin de ne pas devenir un "pharisien" bien-pensant, au sens péjoratif du terme.