Délit de solidarité

Publié le par Michel Durand

Demain, vendredi 20 avril, Florimond Guimard, instituteur et militant RESF passe en jugement au TGI d’Aix-en-Provence pour avoir empêché l’expulsion d’un père d’élève. Il risque 3 années de prison et 45 000 € d’amende.

Voilà les faits
Le 11 novembre 2006, près de 200 personnes, militants syndicaux, associatifs, politiques, des élus républicains, des membres du Resf13, des citoyens... manifestent de manière déterminée, mais non violente à l’aéroport de Marseille-Provence contre l’expulsion d’un père de famille de deux enfants scolarisés à Marseille et la mettent en échec.
Plus d’un mois après ces évènements, Florimond Guimard, professeur des écoles à Marseille, militant syndical et associatif, était placé en garde à vue et doit comparaître le 20 avril à 14 h devant le Tribunal Correctionnel d’Aix en Provence (40 Bd Carnot) pour « violence en réunion avec arme par destination ».
Pourtant, aucun blessé n’a été déploré ce jour, si ce n’est 1 jour d’ITT concernant un policier dont le pouce aurait heurté une barrière et quelques éraflures côté manifestants. Florimond Guimard a par ailleurs suivi à distance la voiture de police qui emmenait le père de famille à expulser.
Voilà ce que sont les « violences en réunion et avec arme » (la voiture !) dans ce dossier, faits passibles de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
Florimond Guimard n’est pas un délinquant adepte des violences. C’est un militant syndical, particulièrement investi dans le RESF13, et un pédagogue dont le travail est reconnu.


Il était une fois...

Suite à ce procès de m’imagine un comte que les militants RESF, je l’espère, me pardonneront.
« Un groupe de financiers, dans un des plus chics et plus chers restaurants de la ville, terminent un repas bien arrosé. Ils fêtent la fin des travaux du dernier immeuble construit par leur entreprise. On dit que l’argent de la drogue et de la prostitution est facilement lavable dans l’urbanisme et des rumeurs très appuyées circulent à propos de cette opération. Mais, confiance, pas de problème, ces messieurs assurent avoir de solides appuis en haut lieu. « La justice en a vu d’autres, on ne sera pas inquiété ».
Un petit monsieur, un beau matin, trouva anormale l’idée que l’on puisse reconduire à la frontière des familles comme si c’était des paquets et se mit à agir pour qu’il n’en soit pas ainsi. Pourquoi, se demande-t-il, les marchandises peuvent circuler librement et pas les gens ? Il décide de s’organiser pour protéger les familles qui se trouvent dans cette situation. Des liens de fraternité, de solidarité, d’amitié, se tissent. Il est heureux de son engagement et quand on le félicite, il redit sans cesse : « mais, je ne fais que respecter les plus élémentaires droits de la vie humaine. »
Le tribunal trouva cet intérêt pour le bien humain étrange et convoqua le monsieur pour l’interroger. Son comportement va à l’encontre de la prospérité économique de l’Europe.
Il est incarcéré.
En prison, on lui demande pourquoi il est là. Un coprisonnier se moque, tout en riant, il dit : « pour ne pas avoir de problème vaut mieux ne pas faire de bien à son voisin. Les gens qui trafiquent avec l’argent vivent librement, ceux qui sortent les étrangers de la difficulté se retrouvent en cabane ».
En un autre temps, il y a 20 siècles une histoire à peu près semblable se termina par une peine capitale. Celui qui dit la Vérité, doit être exécuté, car son souci de l’homme s’oppose au bien-être des pouvoirs en place.

Je me permets de rappeler, ici, le débat organisé autour de la désobéissance civile qui se tiendra le 31 mai à 20 h 30 à « toi d’écoute », église Saint-Polycarpe, Lyon 1er.

Publié dans Politique

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Michel64 20/04/2007 11:13

Ces faits et le comte joint me rappellent que nous sommes malheureusement confrontés à la triade fatale : "avoir, pouvoir, savoir" qui est le socle des puissants de ce monde quelle que soit le degré de leur puissance...Celui qui fut crucifié il y a 20 siècles et combien d'autres courageux derrière lui ont simplement montré le chemin pour que l'"avoir" devienne "partage", le savoir soit fondé sur l'"écoute", le pouvoir s'exerce dans le "service" fraternel.."Avoir - Savoir - Pouvoir" ou  "Partage - Ecoute - Service"...Chaque jour appelle au courage de choisir !