En manque de spirituel humain

Publié le par Michel Durand

Dans les années 80, j’ai suivi quelques cours d’économie. Une façon d’en connaître les rudiments. Gilbert Blardonne, fondateur à Lyon du centre Croissance des jeunes nations, dans la ligne des Chroniques sociales (Joseph Folliet), enseignait qu’il importait d’augmenter la taille du gâteau. On parlait de développement, de croissance, de progrès (les 30 glorieuses). Et Gilbert Blardonne soutenait que plus les pays industrialisés produisaient, plus augmentait la part disponible à distribuer. Plus le gâteau est gros, mieux on peut le distribuer. Mais, a-t-on vu une distribution équitable ? Depuis le temps, on devrait comprendre l’égoïsme fondamental de l’Occident industrialisé. La théorie est peut-être bonne, la réalité, autre.

Une majorité de Français, en suivant Nicolas Sarkozy, ont choisi de travailler plus afin de gagner plus. « Le peuple français s’est exprimé. Il a choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je veux réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres ».
Mais, pour moi, la question demeure. L’économie est-elle au service de la « maison » ou du capital ?
Je n’ai jamais constaté que les personnes qui augmentent la taille du gâteau aient choisi de le partager. Alors, pourquoi travailler à augmenter la production si ce n’est que pour soi. Quand arrive le moment où il n’est plus possible de consommer, que faire du reste ? puisque nous n’avons pas été éduqués au partage.
Les valeurs fondamentales de solidarité, de fraternité, d’amitié, de justice semblent ignorées. En effet, il ne suffit pas de faire du social pour pallier aux dégâts du progrès.
Autrement dit, attachée à ses désirs d’enrichissements interne, à ses idées de concurrence, je pense que « la France » de ce jour, montre un idéal qui se limite à son assiette. Voilà notre souci majoritaire : qu’est-ce que je vais pouvoir y mettre. Matérialisme.
Seul le repos, l’interruption du travail qui offre un temps de réflexion possible est l’attitude positive.
Idéalisme, va-t-on répondre. Non, force du spirituel.
La pensée philosophique, métaphysique, la sagesse humaine quoi, devrait être le champ de notre réflexion. Pourquoi l’homme ne partage-t-il pas ? Il lui manque une visée qui le porte au sommet de la grandeur humaine, l’homme de toute la Terre.

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Vivre, faire Vivre 18/05/2007 22:03

"Spirituel humain" : j'aime bien la formule...Au cours des années je suis devenu très sceptique vis à vis du spirituel ! C'est tellement commode de se sentir branché en permanence sur Dieu qu'on ne voit pas et si peu souvent sur le monde et les hommes qui sont notre espace quotidien !L'homme peut ne pas savoir partager parce qu'il est englué dans les problèmes et difficultés de la vie..il peut ne pas savoir partager parcequ'il s'imagine déjà dans le monde spirituel d'où il observe les autres avec "miséricorde"...L'homme ne saura partager lorsqu'il aura conscience que son Ego n'a de sens que dans un destin partagé, le destin charnel, quotidien, laborieux, de l'humanité entière partagé par le Verbe incarné à la suite duquel chacun et tous peuvent trouver dans le passage mort resurrection le sens de toute l'existence...terrestre,matérielle et...spirituelle..!

Pierre Régnier 10/05/2007 20:32

Je suis heureux de retrouver sur votre site à la fois J.C. Guillebaud et des informations sur Casseurs de pub. En fait je crois, d\\\'après ce que je viens de lire, que Guillebaud n\\\'est pas \\\"redevenu chrétien\\\" mais qu\\\'il est devenu ce que je suis encore un peu : jésuïste (ne pas confondre avec jésuite !). Je n\\\'ai pas réussi à le convaincre que l\\\'église catholique ne pourra se (re)considérer comme fidèle à Jésus et son continuateur que lorsqu\\\'elle aura rejeté très officiellement et très fermement sa théologie criminogène (conception, dogmatisation et enseignement d\\\'un Dieu à la fois dispensateur du meilleur (du pacifisme, de la générosité, de la tolérance...) ET du pire (de nombreux appels à massacrer des individus et des peuples). Mais Guillebaud m\\\'a très correctement répondu et je ne désespère pas...

Michel Durand 11/05/2007 18:41

Une théologie non "criminogène" ne prend-elle pas sa source dans l'Évangile ? Revenir à cette eau est sans aucun doute la base de toutes réflexions. Que le dogme se soumette à la Parole, c'est ce que les prophètes de l'Ancien Testament semblent souhaiter. Depuis ceux-ci, la tradition théologique devrait prendre naissance dans le constat de la miséricorde de l'amour universel de Dieu et dans des articles théoriques à respecter. Mais foi et raison doivent se concilier, sinon la foi ne serait plus humaine.Je parlerai aussi de pauvreté ou de vie simple. Nous tous, baptisés, membres de l'Eglise, nous sommes appelés à suivre l'exemple de pauvreté du Christ. Dans cette ligne, je songe à divers articles qui parlent du travail pour le situer face à la vocation de l'homme (Adam) qui ne vit pas que de pain.Je ne connais pas encore l'ensemble de l'œuvre de Guillebaud. Peu-être parle-t-il de tout cela ? sans "jésuistisme". En fait, la casuistique n'a pas obligatoirement un sens péjoratif, bien que depuis Pascal...