La Cène de Favrene

Publié le par Michel Durand


La peinture de Favrene me plait beaucoup.
Non qu’elle soit belle, académiquement belle, mais expressive.
À cette table de la dernière Cène sont présents des apôtres qui sortent tout droit de cabarets et tavernes populaires. Ca, c’est le vocabulaire du XXe ou XIXe siècle. Aujourd’hui, on parlerait plus de pub que de bistrot ; mais Favren garde les inspirations de sa jeunesse, quand on allait guincher au bal musette, les samedis soir d’été au bord de l’eau. Peinture qui montre le petit français avec son ballon de rouge et sa baguette de pain.
Vêtu de blanc, le Christ, marque le centre du tableau. Il enseigne ainsi que le montre sa main élevée dans la position démonstrative. Il enseigne, il bénit. Il est le chemin de la Vérité : une route étroite qu’il n’est pas facile de suivre régulièrement sans s’arrêter. Sur la voie qui conduit à Dieu, toute forme de stationnement est interdite.
Dieu ?
On ne le voit qu’au travers du visage du Christ. Le Père et le Fils ne font qu’un tout en étant deux. Même visage, même regard, deux bouches pour une unique Parole. Et pourtant, si l’un est bien présent au milieu de ses amis terrestres, l’autre vient d’on ne sait d’où. Du ciel ? D’en haut ? « Le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » Un Souffle emporte les cheveux de celui dont la tête se distingue d’une auréole bleue. Un Souffle spirituel qui unit ciel et terre.
Verbe éternel qui embrasse toute l’humanité de ses immenses bras étendus sur le monde. Personne n’échappe à son embrassement. Même pas Pilate, qui se tient à une extrémité, tenté par le symbole du mal, le serpent.
Tous sous le regard aimant du Père-Fils concentrent leur attention vers nous qui regardons. Ils écoutent la Parole et nous dévisagent indiquant par là que ce qu’ils entendent nous est adressé.
Mais ces bras, sont-ils ceux de Dieu englobant le cosmos en le créant ou ceux du Christ accroché par le terrorisme des hommes, crucifiés par eux alors qu’ils n’ont pas vu en lui la Parole divine qui sauve ?

Quand ce fut l'heure, Jésus se mit à table avec les apôtres. Il leur dit : « J’ai tellement désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. Car, je vous le déclare, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le Royaume de Dieu ».
Il saisit alors une coupe, remercia Dieu et dit : « Prenez cette coupe et partagez-en le contenu entre vous ; car, je vous le déclare, dès maintenant je ne boirai plus de vin jusqu'à ce que vienne le Royaume de Dieu. »


Le Royaume de Dieu ? N’est-il pas symbolisé par la partie supérieure du tableau où les lignes, les couleurs s’agitent avec un fort dynamisme, mélangeant lignes courbes, brisées, obliques ? Formes vivantes qui laissent s’échapper une claire lumière alors que la table terrestre est plutôt un alignement monotone de parallèles.

Puis il prit du pain et, après avoir remercié Dieu, il le rompit et le leur donna en disant : « Ceci est mon corps qui est donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. »
Il leur donna de même la coupe, après le repas, en disant : «  Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang versé pour vous ». Alliance de Dieu avec la multitude.


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