à M. Serrano. Finalement merci…

Publié le par Michel Durand

Dèjà en l'an 200 après Jésus-Christ

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Alexamenos (celui qui est protégé) vénère son dieu.

 

Minucius Felix (vers 200 ap. J.-C.). Dialogue (fictif) entre un païen et un chrétien :

 

– Un peuple qui se dissimule et qui craint la lumière ! Ils dédaignent les temples comme les bûchers funèbres, crachent sur les dieux, se rient des sacrifices, dédaignent les fonctions officielles et les honneurs ! Quelle sottise étonnante et quel incroyable culot ! Ils méprisent les tortures réelles alors qu’ils en craignent qui ne sont que possibles dans un avenir lointain. Alors qu’ils ont peur de mourir après leur mort, ils n’ont pas peur de mourir en attendant.

– Ce que vous ne comprenez pas, pauvres malheureux, c’est qu’il n’y a personne pour vouloir subir le supplice sans raison ou pour pouvoir supporter les tortures sans Dieu.

– J’ai entendu dire que vous adoriez une tête de la plus vile des bêtes domestiques, une tête d’âne, consacrée par je ne sais quelle absurde croyance : belle religion, bien digne des mœurs dont elle est issue !

– Tu as entendu dire, affirmes-tu, qu’une tête d’âne nous tenait lieu de divinité ? Qui serait assez bête pour lui rendre un culte ? Qui est plus bête que celui qui croit qu’on puisse rendre un culte à cela ?

 

 

Piss Christ, Serrano A.

 

Votre œuvre excite les passions comme s’il s’agissait d’une nouveauté révolutionnaire, de celles qui caractérisent les grandes réalisations artistiques. Mais vous n’avez rien inventé. Cela fait 2 000 ans que cette œuvre existe, 2 000 ans que Jésus subit les outrages. Vous humiliez l’Humilié, vous bafouez le Bafoué, vous moquez le Moqué, vous blessé le Blessé.

 

C’est pourquoi je manifesterai pas. Je ne signerai pas de pétition. Je ne saturerai pas vos boîtes mails ni celles de vos sponsors. Je ne détruirai pas vos œuvres.

Bien au contraire, finalement, je vous remercie, vous, et tous vos sponsors qui avec vous trempent le Christ dans leur urine, aveugles sans doute de l’offense qu’ils font aux chrétiens. Je vous remercie de montrer que mon Dieu est le Dieu d’Amour, et que par conséquent il est vulnérable, comme tous ceux qui aiment.

Votre photo réveille en moi une puissante profession de foi : OUI Jésus, Dieu fait homme, n‘est pas lointain, il est proche des humiliés, des bafoués, des moqués, des blessés, des trempés dans l’urine.

La véritable révolution n’est pas votre photo facile et éculée, mais la révolution de l’Amour dont ce crucifix et le signe.

Matthieu, Var, La Croix, courrier du 29 avril 2011

 

Nous avons récupéré et mis en bonne place chez nous un Christ en bois, arraché de sa croix, amputé des deux bras, avec un clou enfoncé dans le crâne et un trou béant au niveau du sexe… certainement le souvenir d’une triste période anticléricale.

Tel qu’il est mutilé, nous le trouvons encore plus proche, encore plus fidèle à sa mission gratuite de rédemption. Pour autant faudrait-il que des fanatiques, cléricaux cette fois, ne pouvant supporter l’image dégradée et avilie de ce Christ, viennent l’écraser sur le montant de notre cheminée ?

« Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée ! ». Ceci, donc pour illustrer, comme le dit si bien Dominique Greiner, que l’essentiel du message du Christ se trouve dans ses béatitudes, dans son appel à vivre l’amour, à soutenir le petit, le faible, l’étranger. N’est-ce pas ainsi que nous ferons vivre et rendrons visible aux yeux du monde le message du ressuscité ?... Plutôt qu’en dénonçant dans le fracas, dans l’indignation et la violence, les blasphèmes ou autres outrages faits aux catholiques ?

Merci à Dominique Greiner de nous rappeler qu’il existe encore des prophètes de nos jours

Que vive Christ paix »

Maryse et Jean-Michel Mérieux (Savoie) La Croix, Courrier, 2 mai

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