Accompagner la décroissance, car elle est salutaire

Publié le par Michel Durand

Serge Lellouche signale à "Chrétiens et Pic de pétrole" l'article reproduit ci-dessous. Je l'en remercie.

Voir également, dans le blog de Patrice de Plunkett, son texte intitulé : "le choix radicale de la sobriété".

 

 

Le premier devoir des chrétiens, c’est d’être porteurs de cette lucidité et pleins d’une espérance qui dépasse le seul espoir d’un renouveau de la croissance.

 

Jean-Pierre Rive : «Il faut d’abord rappeler la gratuité des relations et des échanges»

 

 

Jean-Pierre-Rive.jpg

 

Pour le président de la commission Église et société de la Fédération protestante de France, Jean-Pierre Rive, il ne s’agit pas de ralentir la consommation mais bel et bien de changer de chemin.

 

La Croix, 30 septembre 2011

Jean-Pierre Rive, Pasteur de l’Église réformée

 

Quel regard portez-vous sur la crise ?

Jean-Pierre Rive : Les économistes, même les plus lucides, affirment qu’après une période difficile, nous retrouverons tôt ou tard la croissance, nous redéploierons nos technologies et redeviendrons compétitifs. À mon avis, ce n’est pas juste. Une certaine forme de mondialisation touche à sa fin.

Le document publié en 2008 par la Fédération protestante – « Simplicité de vie, limites des ressources et partage des richesses » – l’affirmait déjà : il ne faut pas s’imaginer continuer à exploiter la terre comme nous le faisons, nos ressources sont limitées. Il ne s’agit pas de ralentir la consommation, mais de changer de chemin. Le premier devoir des chrétiens, c’est d’être porteurs de cette lucidité et pleins d’une espérance qui dépasse le seul espoir d’un renouveau de la croissance.

J’aime citer saint Augustin qui avait sous les yeux la fin de l’Empire romain : « La fin de ce monde n’est pas la fin du monde. » La promesse faite à l’humanité d’un avenir heureux demeure.

Quelle est la spécificité de la pensée protestante sur l’économie ? Pour Max Weber, c’est dans le calvinisme que le capitalisme a trouvé sa véritable source…

Le calvinisme est entrepreneur et sobre. Aujourd’hui nous sommes dans un capitalisme financier qui n’a plus rien à voir avec le capitalisme d’entreprise familiale des XIXe et XXe  siècles. Il ne se soucie pas du bien-être des personnes.

Calvin développe une théologie de la création empreinte d’accueil du don gratuit, de reconnaissance, et non d’exploitation et de domination de la nature et de nos semblables aux fins d’accumuler des richesses. La notion de sobriété est très importante chez lui.

 

Sobriété ou décroissance ?

Je vais jusqu’à la décroissance. Le problème n’est pas de dire si on est pour ou contre la décroissance, mais de l’accompagner, car elle est salutaire… Nous avons cru trouver notre bonheur dans l’abondance des biens de consommation, dans l’accumulation des capitaux. La preuve est faite que cela n’a pas apporté le bonheur attendu et que les injustices n’ont fait que grandir.

Rappelons que l’économie est une science récente. Il serait erroné de vouloir tout regarder sous son angle : elle veut tout comptabiliser, mais le protestantisme nous rappelle que nous vivons avant tout de la grâce et du don. Il faut d’abord célébrer la gratuité des relations et des échanges.

 

Sur quels textes vous appuyez-vous pour analyser la crise ?

J’aime m’appuyer sur le récit des tentations de Jésus au désert : Satan le tente sur le tout-avoir, le tout-pouvoir et le tout-savoir. Il y a aussi le récit de la Genèse dans lequel on trouve deux textes : l’un qui encourage l’homme à dominer, l’autre qui lui demande d’être le gardien des biens de la terre.

Il faudrait enfin citer l’épisode de la tour de Babel, cette ambition prométhéenne de tout dominer du sommet d’une tour. Aujourd’hui, nous sommes dans les impasses que pointent tous ces textes.

 

Que mettez-vous en œuvre, concrètement ?

Je crois que notre conception de l’Église comme une mise en réseau de communautés locales peut être particulièrement pertinente dans le contexte actuel. Face à la crise de la gouvernance mondiale, les paroisses peuvent aider à privilégier les initiatives de proximité, à revenir à des relations plus conviviales. Les chrétiens ont à rappeler que c’est dans le local qu’on découvre l’universel.

Recueilli par CÉLINE HOYEAU

Commenter cet article

Jonathan 20/10/2011 09:08



Une dispensation vous le savez, c'est une période de temps pendant laquelle prévaut un certain régime. La première c'est la dispensation de l'innocence dans le jardin d'Eden. Elle s'est terminée
lors du péché et de la chute de l'être humain. Ensuite c'est celle de la consciencequi s'est terminée avec le déluge. Puis celle du gouvernement humain avec la descendance de Noé. Puis celle des
patriarches, puis celle de la Loi. Il est vrai qu'on peut donner des noms différents à ces périodes de temps.


La dispensation qui suit celle de la Loi a commencé avec la venue de Jésus = Jean 1:17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.


On peut aussi l'appeler la dispensation du Saint-Esprit. Elle va se terminer lorsque l'Eglise va être enlevée =
Luc 17:36 De deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé.


Ceux qui seront restés verront s'abattrent sur eux la colère divine. = Apocalypse 6:16 Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de
celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l’agneau.


Bonne journée. Bien fraternellement



Jonathan 12/10/2011 18:57



Quand on regarde vers Israël, on se dit quand même que la fin de la dispensation de la Grâce n'est pas loin. Ce n'est pas la fin du monde, mais bientôt la fin d'une dispensation avec le retour de
Jésus-Christ pour enlever les siens. Bien fraternellement



Michel Durand 19/10/2011 19:45



J'aimerai mieux comprendre ce que vous appelez "dispensation de la Grâce". Dieu est Providence. Il donne son amour en toute éternité.


Merc pour votre lecture et attention aux signes des temps.